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Lucky Strike : un (nouveau) polar malin venu de Corée

Lucky Strike : un (nouveau) polar malin venu de Corée

CRITIQUE / AVIS FILM - Pour son premier long-métrage de fiction Kim Yong-hoon propose avec "Lucky Strike" un polar efficace dans lequel des personnes qui n'ont rien à voir les unes avec les autres se retrouvent liées par un mystérieux magot qui pourraient bouleverser la vie de chacun.

Prends l’oseille et tire-toi

Le cinéma coréen connaît une hausse de popularité constante en France et à l’étranger depuis presque deux décennies maintenant. Pas besoin de revenir sur le cas Parasite et son palmarès imposant - Palme d’or à Cannes, César du meilleur film étranger 2020 et quatre Oscars dont celui de meilleur film. Rappelons simplement qu’à part ce film de Bong Joon-ho, la Corée nous a offert (sur une période relativement courte) quelques chef-d’oeuvres grâce à des auteurs comme Park Chan-wook (Old Boy, Thirst, Mademoiselle, etc), Na Hong-jin (The Strangers) ou Lee Chang-dong (Burning). Dans la catégorie des divertissements on a également eu Hard Day, Sea Fog et surtout Dernier train pour Busan, sans oublier la filmographie, dans son ensemble, de Kim Jee-woon. Pour son premier long-métrage de fiction, Kim Yong-hoon n’est pas loin de rentrer dans ce haut du panier avec Lucky Strike, polar drôle et malin aux nombreux rebondissements qu’on tâchera de ne pas dévoiler ici.

Critique / Avis Lucky Strike : un polar malin venu de Corée

Tout démarre sur un sac Yves Saint Laurent transporté jusque dans le casier d’un sauna - notons le joli placement de produit, tout comme avec les cigarettes Lucky Strike qui donnent au film son titre. Un sac qui s’avère rempli de billets et qui est découvert par un employé (Bae Seong-woo). Mais celui-ci n’est pas le seul dont la vie va être bouleversée par ce magot. On trouve également dans Lucky Strike un homme travaillant au service des douanes (Jung Woo-sung) et qui doit rapidement rembourser un chef de gang (Jeong Man-sik), ainsi qu’une femme battue par son mari (Shin Hyun-bin) et qui cherche à rembourser des dettes en travaillant dans un club. Trois personnages principaux pour trois intrigues individuelles qui vont s’entrecouper.

Les rapports sociaux révélés par une arnaque

Ainsi le réalisateur Kim Yong-hoon brouille intelligemment les pistes dans Lucky Strike, allant d’un personnage à l’autre avant qu’on comprenne qu’il s’agit simplement de séquences se déroulants à différents moments. De cette manière, il peut traiter de façon cohérente trois récits qui, séparés, auraient été trop simplistes. Mais surtout, en greffant à chaque protagoniste des personnages secondaires, il met en place un rapport de force continuel entre tous, leur permettant d’être tantôt le dominé, tantôt le dominant. C’est le cas de la femme battue, dominée par son mari donc, qui va prendre le dessus sur un jeune immigré chinois qui accepte de tuer son époux pour elle. De son côté, le douanier tentera bien d’arnaquer "un pigeon" avec son cousin pour récolter rapidement de l’argent, mais verra un policier trop imposant contrecarrer ses plans. Et on ajoutera à cela la tenancière d’un bar (Jeon Do-yeon, excellente) qui recueille la femme battue, capable de manipuler à peu près tout le monde mais qui devra bien sûr en payer les conséquences.

Critique / Avis Lucky Strike : un polar malin venu de Corée

Se met alors en place un délicieux jeu de massacre entre tous ces personnages qui ne cherchent au fond qu’à sortir de leur condition. Car comme souvent dans le cinéma coréen, l’histoire générale n’est qu’un prétexte pour questionner la société moderne. Dans Lucky Strike (et comme dans Parasite) l'appât du gain mène à un destin tragique. Sauf que les possibilités pour s’en sortir étant limitées, difficile de condamner simplement les protagonistes pour leurs décisions. Le cinéaste trouve à ce propos un bon équilibre puisque tous ont des raisons variables d’agir de la sorte et d’arnaquer leur prochain. Si le douanier est rapidement antipathique, l’employé du sauna reste le plus humain et empathique, tandis que la femme battue et la tenancière passent quasiment d’un extrême à l’autre. Au final Kim Yong-hoon mène bien son affaire. Sans proposer des moments virtuoses particulièrement marquants (on est loin d’un film de Tarantino malgré une influence certaine), il fait preuve d’une efficacité suffisante pour tenir en haleine tout du long.

 

Lucky Strike de Kim Yong-hoon, en salle le 8 juillet 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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