L'un des nôtres : Diane Lane et Kevin Costner en grand-parents courageux

L'un des nôtres : Diane Lane et Kevin Costner en grand-parents courageux

CRITIQUE / AVIS FILM – Porté par Diane Lane et Kevin Costner, "L’un des nôtres" est un film remarquable sur le maintien du lien familial après un deuil, dans l’Amérique profonde des années soixante.

Maintenir le lien familial à tout prix

Dans l’imaginaire collectif, Kevin Costner et Diane Lane ne peuvent pas vieillir. Quand on pense à eux, on se souvient d'abord de leurs rôles charismatiques de John Dunbar dans Danse avec les Loups et de Patty dans Rusty James. Pourtant, dans L'un des nôtres, ils interprètent avec tellement de crédibilité George et Margaret Blaclkedge, couple de sexagénaires retraités, qu'on en oublierait presque leurs précédents personnages.

Loin d’être démonstratif, avec peu de paroles, le réalisateur Thomas Bezucha parvient à filmer très sobrement attitudes, gestes et regards, qui immergent rapidement le spectateur dans le ressenti de Margaret et Georges. Encore très amoureux, l’admiration mutuelle qu’ils éprouvent l’un pour l’autre transpire à l’écran. C’est sans doute la solidité de leur couple qui leur permet d’affronter le pire, à savoir le décès accidentel de leur fils James (Ryan Bruce). Marié à Lorna (Kayli Carter) et tout juste papa de Jimmy, il vivait dans le ranch familial du Montana.

L'un des nôtres
L'un des nôtres ©Mazur - Kaplan Company

L’un des nôtres, adapté du roman Let him go de Larry Watson, aborde ainsi avec pudeur la façon dont un couple fait le deuil de son fils. Mais le film traite surtout de la nécessité vitale pour la grand-mère de maintenir le contact avec son petit-fils. C'est en effet le dernier lien qui lui permet d’entretenir la mémoire de son fils. D’autant que Lorna se remarie avec Donnie Weboy (William Brittain), un sale type qui s’enfuit avec sa nouvelle famille dans le Dakota.

L’action du film se situe en 1960 et les grands-parents, à cette époque, ne peuvent pas réellement revendiquer de droits sur leurs petits-enfants. Margaret est pourtant déterminée à récupérer Jimmy et à lui offrir la vie et l’amour qu’il mérite. Avec son mari, elle se lance alors à sa recherche dans un road trip au cœur de l’Amérique.

Un affrontement qui utilise les codes du western

Ce qui est intéressant, c'est que L’un des nôtres donne à voir une femme forte et libre, non dépourvue de nuances de caractère. Ainsi, Margaret n'est pas présentée comme toujours sympathique. Mais plutôt égoïste, faisant dire à son mari qu'il ramasse les morceaux car elle ne sait pas renoncer. Elle n’est pas non plus très empathique. Notamment envers sa belle-fille qu’elle considère faible et sous emprise. Car c’est bien d’emprise dont il s’agit. Mais d’une emprise familiale. Les Weboy sont en effet connus comme le loup blanc, et rien que prononcer leur nom suscite la crainte chez tous les interlocuteurs du couple.

La mission de retrouver Jimmy aboutit grâce aux compétences du couple. Georges est un ancien shérif et se débrouille pour obtenir l’adresse de la famille. Et Margaret, qui débourrait des chevaux dans son ranch jusqu’à la mort de James, se lie d’amitié avec Peter (Boobo Stewart), grâce à son cheval. Cette rencontre avec ce jeune indien solitaire et timide est d’ailleurs l’occasion pour les auteurs d’évoquer subtilement - car le sujet est encore tabou - le sort des enfants amérindiens. Arrachés à leurs familles et placés de force dans les pensionnats dont la devise était de « Tuer l’Indien pour sauver l’homme », nombre de ces "native" ont été torturés et même tués en toute impunité.

L'un des nôtres
L'un des nôtres ©Mazur - Kaplan Company

Quant à la mission d’exfiltrer Jimmy, elle va s’avérer plus glaçante que prévu. Face à Margaret se dresse en effet une autre femme forte, sans foi ni loi. C'est la grand-mère par alliance de Jimmy, Blanche Weboy (Lesley Manville), accompagnée de son frère Bill (Jeffrey Donovan). Le réalisateur dépeint sans fioriture une Amérique profonde conservatrice et un clan soudé par la violence, dont l'éducation est en totale opposition avec celle de Margaret et Georges.

Et parce que le futur d’un enfant est en jeu et que la famille dans laquelle il va vivre devient un enjeu, le réalisateur justifie habilement l’escalade de la violence. L’un des nôtres se révèle donc une bouleversante tragédie familiale, qui interroge sur ce dont est capable un être humain pour sauver un proche, et les limites morales qu'il se donne. Avec Diane Lane exceptionnelle en grand-mère courage et Kevin Costner remarquable en grand-père vaillance.

 

L’un des nôtres de Thomas Bezucha, en salle le 16 juin 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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