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Miraï, ma petite sœur : ou l’initiation poétique de Mamoru Hosoda

critique du film Miraï, ma petite soeur

CRITIQUE FILM – Reprenant sa thématique de la famille, de l’éducation et des liens inter-générationnels, Mamoru Hosoda, avec « Miraï, ma petite sœur », pénètre une sphère plus réaliste, mais pas moins poétique, de son cinéma.

Depuis douze ans maintenant et cinq longs-métrages « personnels » plus tard (La Traversée du temps, Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki, Le Garçon et la bête), le cinéma de Mamoru Hosoda continue avec Miraï, ma petite sœur d’explorer et d’approfondir la thématique de la famille, dans ces rapports de transmission de valeurs, de filiation et d’affirmation de soi.

Imaginaire poétique

Moins tragique que Les Enfants loups et moins politique que Le Garçon et la bête, Miraï, ma petite sœur n’en est pas moins bouleversant mais dans un tout autre registre, moins spectaculaire, qui le rapprocherait davantage du cinéma intimiste de son homologue Hirokazu Kore-eda.

critique du film Miraï, ma petite soeur

En suivant l’histoire du point de vue de Kun – petit garçon qui se sent « orphelin » de ses parents (comme tous les héros d’Hosoda) depuis l’arrivée de sa petite sœur – le film va tout de même investir de nouveau le champ de l’imaginaire, des animaux anthropomorphes aux voyages spatio-temporels dans le passé et le futur, à travers l’imagination de son très jeune héros. Une quête des origines (de sa mère, de son père, de son grand-père, etc.), mêlée à une visitation du futur (« Mirai de l’avenir » vient lui rendre visite), constitue ainsi l’initiation, comme autant de rites de passage, du jeune Kun afin qu’il puisse trouver son équilibre au sein de la nouvelle organisation de sa famille. Les séquences de rêverie de Kun, visuellement splendides et animées toujours avec ce même mouvement libre et salutaire, retrouvent le lyrisme qui font la beauté de ces films, à l’image de la séquence de la gare de Tokyo (Kun étant un passionné de trains).

Réalisme poétique

Si l’on connaissait déjà le talent visuel et narratif d’Hosoda en matière d’imagination poétique, servie par une mise en scène aérienne embrassant tout le « cosmos » à travers une symbolique efficace (l’arbre de la cour comme espace liminaire) et une mythologie populaire (le monstre Onibaba, légende de la Fête des filles), on sera agréablement surpris par l’acuité de son réalisme – sens du détails, du geste quotidien, des émotions feutrées et de l’architecture de l’espace. Celui-ci entraîne son film, non pas dans un naturalisme bas de gamme, mais dans une vision épurée et inventive, souvent très drôle, des aléas de la vie de famille avec toutes la gamme d’émotions qu’elle comporte (agacement, énervement, fatigue, joie, larmes, etc.).

Critique du film Miraï, ma petite soeur

Si l’arrivée de Miraï dans la maison entraîne son lot de changement au quotidien – le père devant dorénavant s’occuper seul de la maison (sûrement directement inspirée de la vie d’Hosoda) -, elle implique surtout un « grandissement » de la part de toutes les membres de la famille : une nouvelle organisation du temps et de l’espace qui fait la part belle à l’entraide et au respect.

En s’éloignant du fantastique spectaculaire, elliptique et critique (sur le monde contemporain notamment) de ses précédents films, Miraï, ma petite sœur privilégie le lyrisme de la vie réelle à l’image de l’initiation et des rituels qui l’entoure. Une part de réel, comme ces moments partagés entre un père et son fils, chacun tentant de faire de son mieux, à l’image de l’épisode du vélo. Et une d’imaginaire à l’instar de ces moments oniriques où Kun part à l’encontre de tout ce qui constitue son soi (sa famille, ses ancêtres, son chien, ses trains, etc.). Avec Miraï, ma petite sœur, Hosoda livre une vision poétique de la vie réelle qui, au delà de l’apaiser, la ré-enchante de manière merveilleuse.

 

Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda, en salle prochainement. Ci-dessus la bande-annonce du film.

Depuis douze ans maintenant et cinq longs-métrages « personnels » plus tard (La Traversée du temps, Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki, Le Garçon et la bête), le cinéma de Mamoru Hosoda continue avec Miraï, ma petite sœur d’explorer et d’approfondir la thématique de la famille, dans ces rapports de transmission de valeurs, de filiation et d’affirmation de soi. Imaginaire poétique Moins tragique que Les Enfants loups et moins politique que Le Garçon et la bête, Miraï, ma petite sœur n’en est pas moins bouleversant mais dans un tout autre registre, moins spectaculaire, qui le rapprocherait davantage du cinéma intimiste de son…

Conclusion

Note de la rédaction

Avec Miraï, ma petite sœur, Hosoda livre son film le moins spectaculaire mais pas le moins ambitieux.

Note spectateur : Sois le premier !

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