Mon Bébé : déclaration d'amour maternel

Mon Bébé : déclaration d'amour maternel

Près de trois ans après "Dalida", plus de dix ans après "LOL (Laughing Out Loud)", la réalisatrice Lisa Azuelos revient aux origines de son cinéma. Brassant les thèmes indémodables de la famille, plus particulièrement la relation mère-fille, "Mon Bébé" est filmé avec grâce et aisance.

En 2008, sortait au cinéma le phénomène populaire LOL (Laughing Out Loud), troisième long métrage d'une cinéaste dont le chemin semblait déjà tout tracé. Lisa Azuelos, qui détient les casquettes de scénariste et productrice, brille d'autant plus lorsqu'elle est derrière la caméra. Ses films, souvent des comédies, miroitent sur le cinéma français comme des joyaux, peut-être académiques dans leur réalisation mais souvent fort bien écrits.

Mon Bébé, son nouveau film, coche (presque) toutes les cases du cahier des charges de la réussite : une affiche aux petits oignons, des dialogues d'une pertinence folle et offre surtout un panel infini de jeu, dans lequel les acteurs aiment se perdre - et le spectateur y fonce aussi tête baissée. C'est à Paris qu'Azuelos a décidé de dépeindre cette famille nombreuse ordinaire, et c'est ce qui en fait sa véritable force. Composée d'une mère électrique, incarnée par Sandrine Kiberlain, excellente ; d'un père absent (caméo d'Yvan Attal) et d'enfants tous plus attachants les uns que les autres. Mon Bébé se concentre davantage sur la plus jeune, Jade, jouée par Thaïs Allesandrin (la fille d'Azuelos !), dont on promet un très bel avenir, d'ici quelques années.

Laisser partir 

Sans doute, Mon Bébé porte en lui une certaine part d'autobiographie. D'ailleurs, la réalisatrice a révélé s'être beaucoup inspirée de sa propre réaction face au futur départ de sa fille - qui, comme dans le film, a décidé de continuer ses études supérieures au Canada. Azuelos a donc filmé, des heures et des heures, la vie de famille qui lui échappait peu à peu... Au point d'avoir envie, finalement, d'en faire un long métrage sous forme de fiction.

Mon Bébé, qui ne tombe jamais dans la surenchère émotionnelle, est donc à saluer de sa grande générosité à rendre certains événements de la vie difficile à encaisser... Des moments de beauté pure. On sait que le départ de son dernier enfant de la maison n'est pas une chose facile. C'est comme laisser filer une partie de soi ; surtout pour Héloïse, mère aimante et punk, dont les scènes éthérées de flash-back viennent nous toucher en plein cœur. En construisant son film sur deux parallèles : l'enfance et l'adolescence ; Liza Azuelos livre probablement sa plus belle partition cinématographique, sans effleurer le cliché. Mon Bébé se termine là où il doit se terminer ; puisque c'est ça la vie, laisser les enfants grandir, s'émanciper. Nos parents nous ont laissé partir et nous laisseront, à notre tour, cette liberté à nos enfants. "Reprendre le contrôle de sa propre existence", une phrase qui clôt le film avec bienveillance. Certains trouveront cela inoffensif, d'autres y puiseront une forme d'exaltation, à la sortie de la salle de cinéma. On a choisi notre camp.

 

Mon Bébé de Lisa Azuelos, en salle le 13 mars 2019. Ci-dessus la bande annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Conclusion

Note de la rédaction

"Mon Bébé", qui ne tombe jamais dans la surenchère émotionnelle, est donc à saluer de sa grande générosité à rendre certains événements de la vie difficile à encaisser... Des moments de beauté pure.

Note spectateur : Sois le premier