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Mon Cousin : le retour manqué de Jan Kounen

Mon Cousin : le retour manqué de Jan Kounen

CRITIQUE / AVIS FILM – Jan Kounen est de retour. Après 11 ans d’absence, le réalisateur français revient avec "Mon Cousin", une comédie réunissant Vincent Lindon et François Damiens.

11 ans. Il aura fallu attendre 11 années avant que Jan Kounen ne soit à nouveau à la barre d’un film de fiction. Son dernier film en date, Coco Chanel et Igor Stravinsky, sur la liaison passionnée entre les deux créateurs, était un semi-échec commercial. Le voilà de retour avec Mon Cousin, une comédie à volonté populaire avec deux grandes têtes d’affiche, à savoir Vincent Lindon et François Damiens. Une trajectoire étonnante du film de genre à la comédie pure qui n’est pas sans rappeler celle de Xavier Gens (Frontières/Budapest).

Jan Kounen est lui aussi considéré comme l’un des tenants du cinéma de genre français. La notoriété publique de Dobermann et celle plus exigeante de Vibroboy ont paraphé cette réputation. Pourtant, Kounen n’est pas nouveau dans la comédie. Il avait également adapté en 2007, le roman de Frédéric Beigbeder99 Francs.

Un duo concerné

Dans Mon Cousin cette fois, Jan Kounen et Vincent Lindon, tous deux co-scénaristes, s’attardent sur la trajectoire de Pierre, PDG d’un grand groupe familial. Alors qu’il est sur le point de signer une énorme affaire, il doit régler une formalité… Mais pas des moindres : la signature d’Adrien, son cousin volcanique et imprévisible (François Damiens), qui détient 50% de la société. Pierre n’aura pas d’autre choix que de composer avec lui et d’embarquer ce cousin embarrassant dans un voyage d’affaire qui s’annonce mouvementé.

De son côté, Vincent Lindon, renoue avec la comédie et le cinéma social. Un film qui est né de son envie de faire un feel-good movie. Il abandonne ainsi son costume de syndicaliste (En guerre) ou d’agent de sécurité (La Loi du marché), mais pas pour n’importe quelle raison. En décidant d’incarner un PDG d’une grande entreprise française, l’acteur français souhaitait se diriger dans l’exploration d’un personnage exubérant dans une comédie, tout en apportant une dimension sensible et humaine à ce personnage dépassé.

Mon Cousin : Buddy-movie sentimental 

Des qualités que l’on retrouve dans Mon Cousin, qui s’amuse des genres, et dans lequel on retrouve une volonté d’épouser le buddy-movie. Un genre bien précis et très fidèle aux comédies potaches où Jan Kounen semble vouloir dépasser le concept pour tendre vers une émotion un peu plus pure. Le film remplit les cases des péripéties décalées, extravagantes, de cette volonté de tendre vers de la franche comédie. On pense notamment à la séquence délurée de l’avion, assez audacieuse et ambitieuse.

Mais il est vrai - et c’est assez surprenant au vu de la communication et du marketing autour du film, qui table uniquement sur le potentiel comique du film – que Mon Cousin s’affilie plus à ce qu’on pourrait appeler une comédie dramatique, à proprement parlé. Il y a une mélancolie inattendue, un discours un peu grave sur la société, sur les valeurs du travail et de la famille, qui tendent à prendre le contrepied de ce qu’on pourrait attendre d’une comédie de ce calibre.

Une mayonnaise qui ne prend pas

Avec un réalisateur comme Jan Kounen, il fallait s’attendre à autre chose qu’une comédie classique. C’est le cas de Mon Cousin. Il est louable de vouloir apporter un regard, une sensibilité particulière mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans la globalité du film. En changeant constamment de ton, d’ambition, le film ne trouve jamais sa trajectoire, sa carte de route, son identité.

D’une séquence à l’autre, le spectateur est baladé dans des passages peu drôles, où l’on passe de la comédie potache au road-trip, à des séquences déjantées, jusqu’au sentimentalisme un peu racoleur. Un sentimentalisme qui est d’ailleurs appuyé par des séquences esthétisées, parfois bien sentie mais en constant décalage avec le reste. Elles ne trouvent pas l’espace d’exister. Les différents ingrédients sont visibles - aucune idée n’est intrinsèquement mauvaise - mais la mayonnaise ne prend pas.

Mon Cousin est un film qui sent le fabriqué, le collage de différentes intentions. Rien ne fait sens commun. Mais toutes les bonnes intentions ne suffisent pas à faire un bon film. Le film nous traverse d’incompréhension par son manque global de saveur comique et de cohérence narrative. Dommage.

 

Mon Cousin de Jan Kounen, en salle le 30 septembre 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Découvrez ici toutes nos bandes-annonces. 

 

 

 

 

 

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