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Mon Ninja et moi : un mentor pas comme les autres

Mon Ninja et moi : un mentor pas comme les autres

CRITIQUE / AVIS FILM - "Mon ninja et moi", film d'animation danois de Anders Matthesen, Thorbjørn Christoffersen, est un petit bijou d’animation, mêlant subtilement la dénonciation de faits de société et l’humour décapant.

Des sujets forts pour Mon Ninja et moi

On a tous en mémoire les rencontres inspirantes d’un mentor d’une grande sagesse avec un jeune garçon mal assuré qu'il forme et guide, tout en lui apprenant à affronter ses peurs. Ainsi Maître Yoda avec Luke Skywalker dans Star Wars ou Maître Kesuke Miyagi avec Daniel dans Karaté Kid. Dans Mon Ninja et moi, le mentor que rencontre Alex, élève en classe de 5ème, est un peu différent. Outre le fait que l’on se trouve dans un film d‘animation et que le guide en question est une peluche, on ne peut pas dire qu’il fasse preuve d’une grande sagesse. Il a même plus de défauts que de qualités et est présenté comme impertinent, désagréable, impatient, menteur, râleur, cynique, provocateur et servant avant tout les intérêts de la mission qu’il s’est fixée. Une mission certes très louable, puisqu’il s'agit pour cet esprit d’un ninja justicier de venger des enfants assassinés.

Mon Ninja et moi, que les enfants peuvent regarder à partir de 8 ans, aborde des sujets difficiles. Le film invite en effet à la réflexion par le biais de l’empathie, un peu comme le faisait Ma vie de Courgette à propos des parents défaillants. Il dénonce ainsi les conditions de travail des enfants esclaves en Asie exploités sans vergogne par des adultes pour le compte des Occidentaux. La première scène immerge d’emblée le spectateur dans une usine de fabrication de peluches ninja et donne à voir le meurtre d’un enfant.

Horrifié, le spectateur assiste alors à la matérialisation de l’esprit vengeur dans la fameuse peluche à carreaux. Car le costume de ce Ninja bien particulier n’est pas le noir habituel, mais l’écharpe à carreaux de Epermine cousue par erreur. Et accompagner à hauteur de peluche les aventures du Ninja, qui se retrouve bientôt dans les mains d’Alex grâce à son oncle Stewart, est très enthousiasmant.

Une vengeance plus maline que le châtiment suprême

La rencontre improbable des deux va faire des étincelles, grâce à l’aide mutuelle qu’ils vont s’apporter, mais aussi aux dialogues vifs et sans filtres élaborés par les réalisateurs danois Thorbjørn Christoffersen et Anders Matthesen (scénariste d’après son livre Ternet Ninja). L’autre thématique de Mon Ninja et moi, qui dresse un portrait très juste de l’adolescence et de la vie au collège, c’est le harcèlement. Et en particulier celui que subit doublement Alex de la part de Shawn, le fils de son beau-père et de celle de Glenn, harceleur en chef du collège. Le Ninja à carreaux bouscule pas mal Alex et ne se gêne pas pour se moquer de lui et le traiter de trouillard, de mauviette et même d’abruti. Loin d'être un exemple, il parvient pourtant à pallier l’absence de référence masculine solide autour d’Alex, puisque non seulement on ne voit pas son père, mais son oncle est alcoolique et dragueur, et son beau-père John semble être un loser profiteur de la générosité de la mère d’Alex et préoccupé par le seul bien-être de son fils mal élevé.

Le Ninja a aussi le pouvoir étonnant d’imiter la voix de qui il veut et, tel un Cyrano de Bergerac malicieux, place souvent Alex dans des situations compliquées et désagréables. Mais on rit beaucoup face aux manœuvres, improvisations et trouvailles géniales du Ninja, qui vont finalement permettre au jeune garçon de s’affranchir de ses harceleurs. Et de passer pour un héros courageux et populaire aux yeux de Jessica, la fille dont il est amoureux mais qui ne le calcule pas. Le spectateur assiste alors, le sourire aux lèvres, à la mue d’Alex et à sa toute nouvelle prise de confiance en lui.

Enfin, le film d’animation reste fidèle à ses objectifs auprès des enfants car les actions du Ninja auront également un effet domino bénéfique sur tous les proches d’Alex, et le méchant sera puni d’une manière plus maligne et moins agressive que ne le prévoyait le Ninja. Malgré deux petites réserves à propos de l’accent donné aux Thaïlandais et des chansons pas forcément toutes utiles dans la mise en lumière des émotions des héros, Mon Ninja et moi se révèle un film très rythmé, sans aucun temps mort et galvanisant, qui mérite une suite !

 

Mon ninja et moi de Anders Matthesen et Thorbjørn Christoffersen, en salle le 15 juillet 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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