Monkey Man : Dev Patel s'énerve pour pas grand chose dans son film d'action

Monkey Man : Dev Patel s'énerve pour pas grand chose dans son film d'action

CRITIQUE / AVIS FILM - Pour sa première expérience derrière la caméra, Dev Patel propose avec "Monkey Man" un film de vengeance violent qui n'arrive pas à la cheville de ses influences.

Dev Patel met à l'honneur l'Inde avec Monkey Man

Dev Patel n'est pas le premier auquel on pense lorsqu'on parle de cinéma d'action. C'est pourtant dans ce genre que l'acteur a décidé de faire ses premiers pas comme réalisateur avec Monkey Man. Un premier long-métrage co-écrit avec John Collee et Paul Angunawela, qui met en lumière l'Inde, sa culture et ses talents de Bollywood (au casting  Sikandar KherPitobash et Sobhita Dhulipala), tout en renvoyant à la situation politique actuelle. En effet, difficile de ne pas penser au pouvoir en place depuis 2014 et dirigé par le premier ministre Narendra Modi, impliqué ces dernières années dans la démolition illégale d'habitations et de lieux de culte musulmans lorsqu'on découvre le passé du héros incarné par Dev Patel.

On comprend assez vite que le garçon a tout perdu lorsque la police a rasé son village natal en suivant les ordres de Baba Shakti, un gourou impitoyable qui a le contrôle sur le gouvernement indien. Et il n'est pas la seule victime puisque, des années plus tard, d'autres minorités sont encore ciblées par les autorités, comme la communauté transgenre. Désormais adulte, l'homme, qui se fait appeler "Bobby", prépare sa vengeance. Une vengeance personnelle, qui deviendra aussi celle des laissés-pour-compte.

Dev Patel - Monkey Man ©Universal Pictures
Dev Patel - Monkey Man ©Universal Pictures

On ne doute évidemment pas des intentions de Dev Patel, désireux aussi bien de mettre à l'honneur sa culture (l'acteur britannique est d'origine indienne) de manière authentique, que de pointer les problèmes institutionnels d'un pays, tout en convoquant un cinéma d'action qu'il admire. En tant que réalisateur, il ne joue pas non plus au petit malin, mais fait preuve d'une sincérité dans sa démarche, qu'il faut reconnaître. Cependant, en dépit de ses efforts et de sa justesse devant la caméra, Dev Patel ne parvient pas à convaincre entièrement avec Monkey Man.

Un film d'action qui manque de nervosité

La faute en premier lieu à un récit lourdingue et prévisible, abordé avec la subtilité d'une production de Luc Besson et EuropaCorp - type Colombiana (2011). En atteste par exemple l'utilisation des flashbacks. Ce à quoi s'ajoute une petite vibe Jean-Claude Van Damme qui aurait pu marcher si Monkey Man n'était pas aussi sérieux. À l'image de l'entraînement risible de Bobby qui s'en va frapper un sac de riz en suivant le rythme d'un percussionniste avec son tabla. En étirant son film sur deux longues heures, on sent que Dev Patel aimerait dépasser le stade de la série B, mais il en a de trop nombreuses caractéristiques. Monkey Man manque ainsi de rythme et d'énergie, alors qu'il se voudrait un film d'action nerveux.

Dev Patel - Monkey Man ©Universal Pictures
Dev Patel - Monkey Man ©Universal Pictures

Certes, Dev Patel se lâchent enfin dans son final, avec de l'action violente et sanglante - au bon souvenir de The Raid 2 (2014), mais sans arriver à la cheville du film de Gareth Evans. Il faut d'ailleurs mettre en avant les tentatives du réalisateur en termes de mise en scène. Même si tout n'est pas toujours réussi et lisible, sa manière de capter la violence par les mouvements de caméra et le montage, autant que par la performance des acteurs, est tout à son honneur. Le dernier acte de Monkey Man est en cela, pour nous, bien plus satisfaisant que la majorité des scènes d'action de la saga John Wick, qu'on estimait assez surcotée sur ce point. Insuffisant tout de même pour faire de ce film de vengeance, qui ne s'embarrasse pas de questionnements moraux, une œuvre mémorable.

Monkey Man de Dev Patel, en salles le 17 avril 2024. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Conclusion

Note de la rédaction

Malgré de bons arguments (la représentation de l'Inde et le final violent), "Monkey Man" est bien trop daté dans son écriture qui rappelle certaines productions de Luc Besson, et pas les meilleures...

Note spectateur : Sois le premier