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Mowgli : un Livre de la Jungle plus sombre et mature sur Netflix

CRITIQUE FILM – Andy Serkis aperçoit enfin le bout du tunnel. Durant des longs mois il ne savait pas ce qu’il allait advenir de sa version du Livre de la Jungle. Suite à plusieurs reports, c’est finalement Netflix qui s’empare des droits pour la diffusion. Plus mature, ce voyage dans la jungle vaut-il le détour ?

En 2014, celui qui a grandement permis l’émergence de la performance capture est approché par la Warner pour réaliser un film tiré de l’œuvre littéraire signée Rudyard Kipling, devenue ensuite un des grands classiques du catalogue Disney. Sauf qu’en parallèle, la firme aux grandes oreilles prépare également de son côté une autre adaptation dirigée par Jon Favreau. Un vrai problème pour la Warner qui ne sait pas trop comment se positionner pour le distribuer. Faut-il aller au combat et craindre une grosse déconvenue – surtout financière ? Le studio préfère jouer la carte de la patience, rangeant le bébé d’Andy Serkis le temps que les choses se tassent.

Sauf qu’après l’heure, ce n’est plus l’heure. Le film va de report en report. Annoncé finalement le 24 octobre 2018 au cinéma, il est acquis in extremis par Netflix. Une garantie solide pour la visibilité de l’œuvre mais qui ne permettra pas au public de la découvrir en 3D. Pour la plate-forme de streaming, c’est une première. Jamais par le passé elle n’avait produit ou simplement distribué un film d’une telle envergure. Son coût de production élevé et ce qu’il représente en font sans aucun problème un véritable blockbuster qui avait tous les arguments pour sortir au cinéma si la concurrence avec Disney n’avait pas été aussi rude. Maintenant que nous avons dit cela, il ne reste plus qu’à s’attarder sur le principal : le film.

Les Origines de Mowgli

L’histoire, on la connaît tous. Dans Mowgli, un petit pas en arrière est effectué pour s’attarder sur la naissance du héros éponyme. Trouvé dans la jungle alors que ses parents ont été tués par l’impitoyable Shere Khan, il est accepté par une meute de loups et grandit avec eux. Le film s’attarde davantage sur son apprentissage dans cet environnement que sur l’après. Un angle qui apporte un regard neuf, du moins cinématographiquement, sur une histoire populaire et qui permet d’aborder la question de l’identité avec plus de portée. Un peu humain et loup, ni véritablement l’un ou l’autre, il fait figure d’exception dans un paysage qui ne lui est pas destiné. Lorsque les hommes se rendent dans la jungle pour trouver qui tue leur bétail, Mowgli va devoir remettre en cause sa propre identité et comprendre qui il veut réellement être.

Le film explore le mode de fonctionnement de cet écosystème, les lois qui régissent la vie dans la jungle, les différentes communautés, le rôle des uns et des autres au sein de la meute. Avec au milieu un Mowgli qui doit tout apprendre. De ce point de vue, le long-métrage confère à l’univers plus de profondeur, avec comme conséquence directe l’émergence de questionnements plus poussés en rapport avec les enjeux narratifs initiaux. Les personnages comme Baloo ou Bagheera en profitent pour gagner vraiment en épaisseur, arborant une psychologie plus poussée. Dommage que le film soit moins fort lorsque le jeune héros rejoint le campement des hommes. Cette strate de l’intrigue n’ajoute aucune complexité dans l’équation et le néo-réalisateur ne trouve pas dans sa mise en scène la même ampleur que lorsqu’il arpente sa gigantesque jungle.

Un Livre de la Jungle plus violent

Andy Serkis n’a cessé d’expliquer que la base de ce film est l’œuvre de Rudyard Kipling plutôt que ce qu’en a fait Disney par la suite. Si le dessin-animé est, dans l’imaginaire collectif, celui qui marque le plus, il ne faut pas oublier qu’il y a à l’origine une version moins enfantine. On constate que dans les faits, le Mowgli d’Andy Serkis est différent de l’adaptation live sortie par Disney en 2016. Pas de trace de l’entrainant « il en faut peu pour être heureux » ici. La jungle est un lieu dangereux, peuplé de créatures différentes. Le jeune héros apprend à ses dépends qu’il ne doit jamais baisser sa garde. Pas totalement adressé à un très jeune public, Mowgli dépeint un monde sauvage cruel. Le long-métrage n’hésite pas à mettre à l’écran du sang, des blessures, des carcasses. À la suite d’une attaque, Baloo est montré balafré, se remettant de ses blessures. Des petits détails qui font la différence pour symboliser l’esprit dans lequel baigne le film.

Autre exemple, lors de la scène avec le peuple des singes, la mise en scène se permet de convoquer quelques accents horrifiques qu’un Jon Favreau n’aurait pas pu manier sur sa version grand public. Serkis doit avoir parmi ses inspirations un certain Peter Jackson pour livrer une scène qui évoque dans la tonalité l’arrivée des explorateurs chez les indigènes dans King Kong – connaissant le passif en commun des deux hommes, ça ne serait pas étonnant. Son film entretient sur la longueur un premier degré appréciable et un rapport à la mort ou à la souffrance qui offre quelques moments forts, comme lorsque Bagheera, en pleine chasse avec Mowgli, lui dit qu’il faut regarder les proies à l’agonie « dans les yeux, pour pas que leur âme ne soit seule quand elle s’élève. » Andy Serkis se rapproche au plus près de l’essence de l’ouvrage de Kipling pour proposer un Livre de la Jungle comme on ne l’a jamais vu de notre vie en film.

 

Mowgli : la légende de la jungle, réalisé par Andy Serkis, disponible sur Netflix le 7 décembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

En 2014, celui qui a grandement permis l'émergence de la performance capture est approché par la Warner pour réaliser un film tiré de l'œuvre littéraire signée Rudyard Kipling, devenue ensuite un des grands classiques du catalogue Disney. Sauf qu'en parallèle, la firme aux grandes oreilles prépare également de son côté une autre adaptation dirigée par Jon Favreau. Un vrai problème pour la Warner qui ne sait pas trop comment se positionner pour le distribuer. Faut-il aller au combat et craindre une grosse déconvenue - surtout financière ? Le studio préfère jouer la carte de la patience, rangeant le bébé d'Andy Serkis…

Conclusion

Note de la rédaction

Andy Serkis confectionne un Livre de la Jungle plus mature dans l'esprit et dans les thèmes.

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Disponible sur Netflix depuis le 7 décembre dernier, "Mowgli" d'Andy Serkis est une relecture sombre et profonde du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, bien loin du dessin-animé classique de Disney. Pour donner vie aux nombreux animaux du récit, le réalisateur a fait appel à la technique de la performance capture, qu'il connaît sur le bout des doigts puisqu'il la pratique depuis plusieurs années devant la caméra.

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