Nobody : un remake déguisé de John Wick ?

Nobody : un remake déguisé de John Wick ?

CRITIQUE / AVIS FILM – Ilya Naishuller, le réalisateur russe de « Hardcore Henry », est de retour avec sa nouvelle production : « Nobody ». Un film d'action façon « John Wick », porté par Bob Odenkirk, la star de « Better Call Saul ».

Nobody : un film à la John Wick

Pour son nouveau film, Ilya Naishuller a repris la recette de John Wick. Un homme, la cinquantaine, ancien tueur professionnel à la retraite, obligé de sortir de sa petite vie tranquille pour une histoire de vengeance. Ce récit, on le connaît. Il tient sur un timbre post, et a été dérivé un nombre incalculable de fois dans les productions d'action, avant comme après John Wick. Clairement, on ne va pas voir Nobody pour son écriture, mais évidemment pour ses séquences d'action.

Hutch Mansell (Bob Odenkirk) - Nobody
Hutch Mansell (Bob Odenkirk) - Nobody ©Universal Pictures

Parce que l'équipe derrière Nobody sait ce qu'elle fait. Ilya Naishuller, qui s'est déjà illustré avec le conceptuel Hardcore Henry, peut compter sur les présences de Derek Kolstad au scénario (l'un des scénaristes de John Wick) et sur David Leitch à la production (John Wick, Deadpool 2, Atomic Blonde). Une équipe survoltée qui permet de mettre en scène un film d'action simpliste mais extrêmement musclé.

Bob Odenkirk habité

Ilya Naishuller voulait que son personnage principal, Hutch, fasse penser à Wolverine. Pas au film, ni à Hugh Jackman, mais sur la manière d'appréhender ce protagoniste. Le réalisateur voulait en effet un héros fatigué, généralement de mauvaise humeur, qui en a marre de sa propre existence. Bob Odenkirk est absolument parfait dans la peau de cet action man plein de désillusions, qui a rangé son passé de violence et de meurtres au placard. Un rôle totalement inédit pour le comédien, qui n'est pas réellement habitué à ce type de personnage. Et pourtant, il s'en sort à la perfection.

L'écriture de cet anti-héros est assez intéressante. Ilya Naishuller veut dépeindre le monstre qui sommeille en chacun d'entre nous. Il veut rappeler que la violence est en chaque être humain, prête à exploser, à se libérer à tout moment. Le réalisateur met en scène une société qui annihile les pulsions de violence de l'individu, son courage, sa passion, sa fermeté, et son culot, qui le rend docile, pour le contrôler et l'asservir. Il dépeint l'histoire d'un homme qui se libère de ses chaînes. Se libère de ses mœurs, et de son politiquement correct pour redevenir l'animal de sa jeunesse.

Nobody
Nobody ©Universal Pictures

Via un point de vue très masculin, le propos est parfois un peu tendancieux. Et si on le caricature, il se résume à un homme castré par la société, qui retrouve ses « corones » par le biais des armes et de la violence. Le récit d'un homme qui se débarrasse de sa sensibilité, de sa faiblesse, de sa gentillesse, pour redevenir le rouleau compresseur de son ancienne vie. C'est parfois un peu limite face à ce regard sur la violence comme catharsis. Comme renaissance d'un père de famille qui redevient homme libre... Mais on pardonne le point de vue un peu machiste d'Ilya Naishuller parce qu'il nous réserve quelques séquences d'action savoureuses.

 

Nobody de Ilya Naishuller, en salle le 2 juin 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Découvrez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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