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Nos vies formidables : comment sortir de la spirale infernale de la drogue

CRITIQUE FILM- « Nos vies formidables » plonge avec pudeur le spectateur au cœur d’un centre de désintoxication et lui fait partager le parcours du combattant de chacun des personnages.

Nos vies formidables n’est pas le premier film récent qui aborde la désintoxication dans un centre spécialisé. On pense aux deux films sortis en 2018: La prière de Cédric Kahn évoquait des toxicos soignés par le biais de prières et La fête est finie de Marie Garel-Weiss racontait l’amitié dangereuse de deux jeunes droguées. Les similitudes entre ces trois films, qui ont tous le mérite de faire réfléchir à la dépendance à la drogue, sont nombreuses. Chacun des trois réalisateurs a mis un point d’honneur à entrer dans une démarche documentaire avant de s’autoriser à la fiction, avec une inspiration très personnelle pour La fête est finie. Se basant sur des méthodes réelles, résidant quelque temps dans des centres existants, observant les participants aux groupes de parole, donnant à voir des thérapeutes très investis, attentifs mais intransigeants. La réalisatrice Fabienne Godet a quant à elle choisi de faire interpréter son propre rôle à Régis Ribes, thérapeute spécialisé en addictologie.

Ce type de centre met en présence des personnes volontaires pour décrocher, comme Margot (Julie Moulier), ou sommées par la justice de se soigner. Avec cette particularité qu’elles ne se sont pas choisies et que sans ce tragique point commun, elles n’auraient sans doute jamais eu l’occasion de se croiser dans une autre vie. Leurs difficultés sont montrées sans concession, et on ne nous épargne pas les violentes crises de manque, de doutes ou d’envie de replonger. Alors qu’il est déjà si douloureux d’accepter ce chemin de guérison, il leur faut aussi apprendre à cohabiter et à accepter le regard d’autrui, comme un désagréable effet miroir.

Mais la comparaison entre les trois films s’arrête là, car Nos vies formidables donne à voir des gens qui souffrent, tout simplement, sans cris, ni heurts, ni dramaturgie sensationnaliste. Des personnes au bout d’un chemin chaotique et qui ne peuvent plus avancer seules. Conscientes de l’impact, sur elles-mêmes comme sur leurs proches, de la pourriture qu’elles ingèrent ou s’injectent dans les veines. Le ton du film est incroyablement juste, car la vérité n’a pas besoin d’être exacerbée pour éclater dans le cœur du spectateur. L’empathie est puissante envers tous ces héros de leur propre vie et leur solidarité naissante.

Les bienfaits thérapeutiques sauvent des vies brisées par la drogue

Le travail sur le son est très représentatif de ce que l’on imagine de l’état d’esprit dans ce centre. Se mêlent habilement le silence, les chuchotements et les voix intérieures des personnages, comme enfermés à double tour dans leurs secrets. Et ce que l’on aime précisément dans Nos vies formidables, c’est la pudeur de chacun d’entre eux, avec leurs failles et leur fragilité. L’émotion à fleur de peau déboule sans prévenir, au détour d’un coup de fil comme après un groupe de parole dont le sujet chavire les membres.

Car ce qui est très intéressant dans Nos vies formidables, c’est précisément l’implication des personnages à comprendre les raisons et les origines de leur parcours. Et de quelle manière la violence, la prison, la famille, la honte, les secrets et les drames les ont menés vers cette fuite dans la drogue. Aspirés par une spirale autant infernale que refuge lorsque la vie ne peut plus être affrontée telle quelle. Et la restitution de la volonté qu’il leur faut pour parvenir à sortir de soi et à s’ouvrir aussi aux souffrances de l’autre, force le respect.

Ces dépendants sont tous de passage et n’ont pas vocation à rester longtemps dans ce centre, dont les jours de présence s’égrènent à l’écran. L’un des premiers longs plans statiques de Nos vies formidables est d’ailleurs symbolique du sens de son existence. On y voit l’escalier central de la maison, emprunté par tous ceux qui mettent un temps leur vie entre parenthèse. Une parenthèse pour aller mieux, réapprendre les gestes simples, reprendre goût à la vie. Une parenthèse indispensable pour avoir à nouveau envie de l’affronter sans être hanté, y retourner vaille que vaille, désormais vierge de toute substance. Le centre aide ainsi les dépendants à leur faire ressentir à quel point leurs vies peuvent aussi être formidables, malgré leurs drames et leurs choix. Et en cela, Nos vies formidables est un grand film porteur d’espoir, qui ne nous fera jamais oublier les destinées de Margot, Jalil, César, Irina, Daniel, Léo, Marion, Raja, Salomé ou encore de Dylan.

 

Nos vies formidables de Fabienne Godet, en salle le 6 mars 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Nos vies formidables n’est pas le premier film récent qui aborde la désintoxication dans un centre spécialisé. On pense aux deux films sortis en 2018: La prière de Cédric Kahn évoquait des toxicos soignés par le biais de prières et La fête est finie de Marie Garel-Weiss racontait l’amitié dangereuse de deux jeunes droguées. Les similitudes entre ces trois films, qui ont tous le mérite de faire réfléchir à la dépendance à la drogue, sont nombreuses. Chacun des trois réalisateurs a mis un point d’honneur à entrer dans une démarche documentaire avant de s’autoriser à la fiction, avec une inspiration très…

Conclusion

Note de la Rédaction

"Nos vies formidables" est un film porteur d'espoir pour tous les dépendants à la drogue qui veulent se reconnecter à la vie.

Note spectateur : Sois le premier !

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