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On ment toujours à ceux qu’on aime : road movie de la réconciliation

CRITIQUE FILM- « On ment toujours à ceux qu’on aime » embarque le spectateur dans un road movie bouleversant. Avec Mona Chokri, Jérémie Elkaïm et Marthe Keller dans de très beaux rôles.

Le premier long métrage de la comédienne Sandrine Dumas, On ment toujours à ceux qu’on aime, invite le spectateur à un double voyage. D’abord à un road movie dans lequel se lancent les quatre personnages, mais surtout à un voyage introspectif qui va les bouleverser à plus d’un titre et les réconcilier. Car ces quatre-là sont liés et ont le rare avantage d’être tous très intéressants et bien dépeints par la réalisatrice et ses deux co-scénaristes Natalia Reyes et Hélène Angel. Notamment par la façon dont ils cachent tous une partie de la vérité de leurs vies à leurs proches. Jewell (Monia Chokri) retrouve donc sa grand-mère Marie (Fionnula Flanagan) et Paul (Jérémie Elkaïm) sa mère Louise (Marthe Keller).

Jewell et Paul ont rompu, mais profitant de l’Océan Atlantique qui les sépare, aucun des deux n’a jugé utile d’en informer les deux américaines. Alors quand Marie et Louise décident de leur rendre visite, tout se complique évidemment. Non seulement Jewell va s’enferrer dans le mensonge, mais elle va aussi y mêler Paul malgré lui, père d’une petite Ruby de trois ans. La réalisatrice aurait pu être tentée de donner le change avec une comédie. Heureusement il n’en n’est rien, car jamais elle n’enjoint le spectateur à se moquer de Jewell ni à la juger. Et ce, même si sa spirale du mensonge devient infernale.

Au contraire, Sandrine Dumas donne à voir un personnage que la vie semble avoir assez simplement mené au mensonge. Un mensonge qui la protège, telle une carapace, du regard des autres et de la vie elle-même. Un mensonge par omission, ni brutal ni complètement intentionnel, et sans aucune volonté de meurtrir. Un mensonge simple et empreint de lâcheté pour éviter simplement aux proches de souffrir ou de s’inquiéter, rappelant ainsi les mensonges bienveillants des personnages du récent Deux Fils de Félix Moati. Un mensonge qui permet de contourner habilement la vérité sans avoir à l’affronter. Un mensonge qui s’apparente à une certaine honte à ne pas assumer ni révéler la forme de déchéance dans laquelle Jewell est tombée.

Rockeuse un jour, rockeuse toujours

Car l’héroïne, dont on comprend la gloire passée en tant que chanteuse dans un groupe de rock, n’est plus grand-chose à ses propres yeux. Elle est désormais serveuse dans un bar, mange ses pâtes à même le sol, vit au jour le jour dans une assez grande solitude. Tout ce qui faisait son charme et qu’elle pouvait s’octroyer en tant qu’artiste rebelle semble être devenu un défaut dans sa vie quotidienne. On ne voit plus chez elle qu’une femme capricieuse, extravertie, impulsive, immature, parfois violente et légèrement mythomane sur les bords.

Jewell n’est pas le seul personnage attachant de On ment toujours à ceux qu’on aime, adapté du roman « La Valse des affluents » de Théo Hakola, acteur et chanteur de la chanson Ruby du film. Celui de Paul est également très empathique, à l’opposé de celui de la jeune femme. Son calme intérieur ne reflète jamais ses tourments intérieurs, que le retour énergique de Jewell dans sa vie semble avoir ravivés. Son rapport tendu à sa mère, son amour éperdu pour sa fille ou ses relations avec sa nouvelle compagne sont pudiquement évoqués.

On ne s’ennuie pas une seconde dans ce film au rythme volontairement lent, qui utilise judicieusement tous les atouts de l’habitacle d’une voiture. Les personnages échangent leur place, leurs regards se croisent dans les rétroviseurs et les pieds de Jewell nonchalamment posés sur la vitre avant tranchent avec les vieilles dames bien sagement assises à l’arrière. Le retour de Louise dans son village natal permettra à tout ce petit monde de dépasser les mensonges, de se dire enfin ce qui n’a pu être dit et surtout, de changer le regard des uns et des autres. Sur une très sympathique bande son blues, On ment toujours à ceux qu’on aime se révèle un film délicat qui invite subtilement à une profonde réflexion sur les liens familiaux, l’amour et finalement, le sens de la vie.

 

On ment toujours à ceux qu’on aime de Sandrine Dumas, en salle le 6 mars 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Le premier long métrage de la comédienne Sandrine Dumas, On ment toujours à ceux qu’on aime, invite le spectateur à un double voyage. D’abord à un road movie dans lequel se lancent les quatre personnages, mais surtout à un voyage introspectif qui va les bouleverser à plus d’un titre et les réconcilier. Car ces quatre-là sont liés et ont le rare avantage d’être tous très intéressants et bien dépeints par la réalisatrice et ses deux co-scénaristes Natalia Reyes et Hélène Angel. Notamment par la façon dont ils cachent tous une partie de la vérité de leurs vies à leurs proches. Jewell…

Conclusion

Note de la Rédaction

"On ment toujours à ceux qu'on aime" est un film délicat qui réconcilie des êtres un peu perdus entre eux et avec eux-mêmes.

Note spectateur : Sois le premier !

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