ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Peninsula : le souvenir lointain de Dernier train pour Busan

Peninsula : le souvenir lointain de Dernier train pour Busan

CRITIQUE / AVIS FILM - Quatre ans après "Dernier train pour Busan", son réalisateur continue de s'enfoncer avec "Peninsula", suite dispensable dans laquelle un ancien soldat doit retourner sur la péninsule pour affronter les zombies et les humains restants.

Dernier train pour Busan, l'unique réussite de Yeon Sang-ho

En 2016 Yeon Sang-ho sortait Dernier train pour Busan, petite bombe sud-coréenne qui donna un nouvel élan au film de zombies. Car si dedans on retrouve une base classique (un virus et la population qui se transforme en êtres mangeurs de chair), c’est en plaçant son intrigue dans les wagons d’un train que le réalisateur trouve une première bonne idée. Le film consiste en effet à suivre des survivants bloqués dans ce train avec des zombies. Mais Dernier train pour Busan prend un autre sens dès lors que les deux groupes séparés tentent de se rejoindre. On assiste à cet instant à une métaphore de la lutte des classes avec les “riches” prêts à sacrifier une classe plus modeste (Seok-woo, le “héros” d'un milieu plutôt aisé, faisant le lien entre les deux). Enfin, l’émotion grandie grâce aux rapports entre un père et sa fille, mais également un mari et sa femme enceinte.

Critique / Avis film - Peninsula : le souvenir lointain de Dernier train pour Busan

Énorme succès en Corée et à l'international, Dernier train pour Busan a donc mis la lumière sur le réalisateur. Problème, la suite fut bien moins glorieuse. D’abord avec Seoul Station, prequel animé de Dernier train pour Busan sorti la même année, puis avec Psychokinesis (2018), disponible en France sur Netflix. Deux films particulièrement décevants, qui laissaient à penser que, peut-être, Yeon Sang-ho n’aurait finalement eu qu’un coup de chance avec Dernier train pour Busan. C’est désormais avec l’arrivée de la suite, Peninsula, que cette hypothèse se confirme plus que jamais.

Mad Max et Fast and Furious avec des zombies

Plutôt que de retrouver les survivantes de Dernier train pour Busan, Peninsula présente de nouveaux personnages, également frappés par la propagation de zombies depuis Seoul. Au centre, Jung-seok (Kang Dong-won), un soldat qui conduit sa famille (sa sœur, son mari et leur enfant) en sécurité sur un bateau. La présence d’une personne infectée provoque un terrible drame dont il ne se sera toujours pas remis quatre ans plus tard. Désormais considéré comme un réfugié et vivant dans la pauvreté, il accepte une mission suicide proposée par un chef de gang : retourner sur la péninsule pour récupérer un camion qui contient plusieurs millions. Une fortune qu’il pourra partager avec son équipe composée de deux autres protagonistes et de son beau-frère. Sauf que les choses ne se déroulent pas comme prévu puisque, outre les zombies, des humains sont toujours présents et ont établi leurs propres lois.

Critique / Avis film - Peninsula : le souvenir lointain de Dernier train pour Busan

Peninsula mélange ainsi New York 1997 et Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre en y ajoutant une forte dose de Fast and Furious en mode série B. Un véritable fourre tout qui n’a rien de plaisant, si ce n’est le temps d’une séquence dans une arène où des hommes doivent survivre plusieurs minutes face à des zombies et devant une audience qui en redemande. Du reste, le film use de tous les clichés habituels, dont un méchant inarrêtable qui avec ses hommes se lance dans une course-poursuite improbable au milieu des zombies pour arrêter le fameux camion. Les zombies, justement, sont l'un des problèmes majeur de Peninsula. Le traitement des créatures n’offrent plus aucune tension, le réalisateur préférant les utiliser comme des punching-balls jetés sous les roux des protagonistes. En somme, Yeon Sang-ho privilégie le bourrinage à la subtilité ou à l'originalité.

Critique / Avis film - Peninsula : le souvenir lointain de Dernier train pour Busan

Une absence de subtilité dans l’action de Peninsula donc (les passages en voiture débilisants semblent tirés d’un jeu vidéo fauché), mais également dans l’émotion que le réalisateur force constamment. La perte de la famille du héros est plus risible qu’autre chose, la pseudo-révélation sur l’identité d’une autre famille (emmenée par Lee Jung-hyun) qu’il rencontre n’a pas de véritable intérêt, tandis que la scène finale sort les violons à outrance. Un enchaînement de séquences de mauvais goût qui achève le maigre espoir qui pouvait encore subsister envers le réalisateur de Dernier train pour Busan.

 

Peninsula de Yeon Sang-ho, en salle le 21 octobre 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

Voir aussi

Drive : une virée avec Ryan Gosling

Drive : une virée avec Ryan Gosling

CRITIQUE / AVIS FILM - "Drive" est le film qui fait basculer le Danois Nicolas Winding Refn dans une autre dimension. Un thriller urbain dont la sensiblerie lui permet de dépasser son postulat de série B.