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Première année : le parcours du combattant du futur médecin

CRITIQUE FILM – Thomas Lilti, médecin devenu réalisateur, poursuit le chemin de sa principale source d’inspiration et revient avec « Première année ».

Pour le troisième pan de sa trilogie médicale après Hippocrate et Médecin de CampagneThomas Lilti revient avec Première année. Mais cette fois-ci, il plonge le spectateur dans l’année de préparation au concours du PACES (Première Année Commune aux Études de Santé). Une année déterminante, qui voit près de 90% des étudiants échouer au concours de médecine. Une pure année de bachotage, qui permet, non pas de définir qui sera un bon médecin, mais qui apprend et retient le mieux, le plus, et le plus vite. Et comme il le fait souvent, Thomas Lilti met en scène des personnages attachants et bien dessinés, à qui le spectateur ne manquera pas de s’identifier, tant les points d’accroche sont nombreux.

Il y a d’abord le prisme de l’amitié entre deux jeunes étudiants : Antoine (Vincent Lacoste, déjà dans Hippocrate) qui repique pour la troisième fois sa première année, et Benjamin (William Lebghil), qui vient de passer le bac. L’un a la vocation mais pas vraiment le niveau, et l’autre possède la bonne méthode de travail mais ne sait pas encore s’il a l’envie de devenir médecin – un choix sans doute choisi parce que son père est chirurgien. Les deux vont se rencontrer, s’entraider, s’épauler, réviser et rire ensemble.

L’amitié à l’épreuve du concours de première année en médecine

Première année montre très bien les épreuves que traverse une telle amitié au sein de cette ambiance ultra-compétitive. Le film aborde brillamment tous les stades de ce qui fonde une amitié et une telle relation de confiance, et ce qui la fait durer. Et on sait bien que comme dans une relation amoureuse, l’amitié est fragile et peut tout autant donner du baume au cœur que faire souffrir. Car aider un ami à réussir à ce concours, c’est aussi prendre le risque paradoxal que celui-ci ait de meilleures notes, soit mieux classé et prenne la place tant convoitée. En effet, comment concilier amitié et concurrence, et comment positionner raisonnablement le curseur de la jalousie quand l’un réussit mieux que l’autre et sans trop d’efforts ? Comment ne pas détester celui à qui pourtant l’on doit beaucoup ? Comment parvenir à gérer le stress alors que le projet de sa vie est en jeu quand l’autre n’y met pas le même poids ?

Critique Première année : le parcours du combattant du futur médecin

La deuxième accroche de Première année, qui trouvera aussi une résonance chez le spectateur, c’est précisément la relation complexe entre un fils et son père, en l’occurrence Benjamin et le sien. Car si Benjamin a des facilités, il subit aussi une très haute exigence paternelle, faite de mépris, voire de condescendance. Et il n’a jamais en retour d’encouragements, de reconnaissance méritée ou de félicitations bienveillantes. Comme si la figure paternelle posait toujours la barre la plus haute et la plus inatteignable qui soit, alors même que père et fils ont partagé ce même parcours et rencontré les mêmes difficultés. Comme si, pour suivre le même chemin et montrer qu’il est à la hauteur, il fallait que Benjamin fasse encore plus ses preuves.

Enfin, en visionnant Première année, le spectateur se rappellera peut-être de ses propres années d’études. En tous les cas, il prendra conscience de la différence de capacité de résistance à la pression entre les êtres, qui ne survient pas dans le seul monde du travail, mais parfois bien plus tôt dans le système éducatif. C’est la singularité du futur médecin que d’être amené à détecter chez ses patients les possibles symptômes d’un état de burn-out qu’il aura peut-être lui-même rencontré dans ses années d’études de médecine. Grâce à son ancrage dans le réel et l’empathie suscitée par les deux héros, Première année illustre parfaitement la sortie délicate de l’adolescence pour entrer, parfois malgré soi, dans cet âge adulte qui oblige à faire ses propres choix et à s’affranchir du regard et des rêves parentaux.

 

Première année de Thomas Lilti, en salle le 12 septembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Pour le troisième pan de sa trilogie médicale après Hippocrate et Médecin de Campagne, Thomas Lilti revient avec Première année. Mais cette fois-ci, il plonge le spectateur dans l’année de préparation au concours du PACES (Première Année Commune aux Études de Santé). Une année déterminante, qui voit près de 90% des étudiants échouer au concours de médecine. Une pure année de bachotage, qui permet, non pas de définir qui sera un bon médecin, mais qui apprend et retient le mieux, le plus, et le plus vite. Et comme il le fait souvent, Thomas Lilti met en scène des personnages attachants et bien dessinés, à…

Conclusion

Note de la rédaction

Film très inspiré sur les difficultés à vouloir devenir médecin, qui aborde vocation, amitié et exigences parentales avec beaucoup de réalisme.

Note spectateur : Sois le premier !
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