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Quand on crie au loup : une comédie familiale et nostalgique

CRITIQUE / AVIS FILM – Pour son second long-métrage, Marilou Berry s’attaque à un film pour les enfants. Nostalgique des films d’aventures fantastiques, la réalisatrice teinte sa comédie « Quand on crie au loup » d’une ambiance loufoque et vintage.

Avec Quand on crie au loup, Marilou Berry se lance un nouveau défi : celui de faire un long-métrage pour enfants qui puissent être apprécié par tous les publics. A l’heure où les films destinés à la jeunesse regorgent d’effets spéciaux et ont tendance à opter pour une ambiance dark, la réalisatrice se réapproprie le scénario initial pour en faire quelque chose de burlesque et pétillant. Il y a quinze ans encore, les films pour enfants étaient le genre qui cartonnait en France. Alors, pourquoi ne pas le relancer ?

A douze ans, Victor vit seul avec son grand-père gardien d’immeuble. Pour tromper l’ennui, le jeune garçon a pris pour habitude d’inventer des histoires rocambolesques dont il est le héros. Las, les voisins se plaignent des allégations du jeune garçon qui leur donnent des sueurs froides. Si bien que le jour où des braqueurs en cavale s’introduisent dans le cabinet de la pédiatre (Bérangère Krief) de l’immeuble, il n’y a plus personne pour le croire. Victor va alors devoir redoubler d’ingéniosité pour sauver ses amis de la panade.

Un héros attachant

La première réussite du film tient à sa mise en scène. Dès les premières minutes, on pense à l’univers de Roald Dahl. Pièces étroites, encombrées, un brin miteuse, l’appartement/loge du grand-père, interprété par Gérard Jugnot, fait écho à celui de Matilda (Matilda). Tout est filmé comme une curiosité. Les plans se succèdent, vifs et rythmés, insistants sur la dimension routinière des jours qui passent en se ressemblant. Étouffé par un quotidien lisse et monotone, Victor n’aspire qu’à vivre de grandes aventures.

Noé Wodecki est parfait pour le rôle. Il ressemble à quelqu’un que l’on a forcément croisé et confère au personnage une bonne dose de comique et d’authenticité. La sensibilité, la créativité et la maladresse de Victor émeuvent. Le spectateur s’attache à ce gosse, obsédé par la sécurité depuis le décès de ses parents, et profondément rattaché à l’enfance. Alors que tout le monde s’acharne à vouloir le faire grandir, ce dernier, fils unique, trouve de la compagnie et du réconfort dans les histoires qu’il s’invente. Si Marilou Berry a retravaillé le scénario afin qu’il soit plus « punchy« , elle a également choisi d’y apporter un zeste d’obscurité. Victor devient alors un orphelin à la nostalgie contagieuse qui se rattache aux objets et aux êtres comme à sa vie. Ce qu’il souhaite plus que tout, c’est de ne jamais perdre ce/ceux qu’il aime. Son imagination s’impose comme une catharsis, un mécanisme de défense, à la fois pour tromper l’ennui, et pour se persuader que tout est sous contrôle.

Le retour des années 80/90

Les batailles de Victor contre les méchants évoquent de nombreux souvenirs et sont truffées de clins d’œil. Ses stratagèmes rappellent les ruses des héros de Maman, je m’occupe des méchants, Les 101 Dalmatiens, A nous quatre, Maman, j’ai raté l’avion, et bien d’autres. On revit avec un plaisir jouissif les frasques des comédies des années 80/90, déjà loin derrière. Mais s’il prend pour modèle des comédies déjà « vintage », le film n’en est pas moins moderne. Victor est un enfant des années 2010, qui, s’il lit encore des Chair de Poule et joue aux billes, est doté d’un portable et d’un drone. Dans la cour d’école, les filles les plus populaires suivent avec assiduité les aventures des Marseillais. Les mêmes filles qui font de lui un loser décalé. Tout le monde peut ainsi s’identifier à Victor. Car il représente les jeunes d’hier et d’aujourd’hui.

 

Quand on crie au loup de Marilou Berry, en salle le 3 juin 2019. Ci-dessus, la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Avec Quand on crie au loup, Marilou Berry se lance un nouveau défi : celui de faire un long-métrage pour enfants qui puissent être apprécié par tous les publics. A l'heure où les films destinés à la jeunesse regorgent d'effets spéciaux et ont tendance à opter pour une ambiance dark, la réalisatrice se réapproprie le scénario initial pour en faire quelque chose de burlesque et pétillant. Il y a quinze ans encore, les films pour enfants étaient le genre qui cartonnait en France. Alors, pourquoi ne pas le relancer ? A douze ans, Victor vit seul avec son grand-père gardien…

Conclusion

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Fort d'une mise en scène qui s'appuie sur l'univers de Roald Dahl, "Quand on crie au loup" devrait parler à toutes les générations. On regrette cependant que la comédie ne soit pas menée avec plus de subtilité.

Note spectateur : 3.4 ( 1 votes)

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