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Rambo Last Blood : c’est plus sa guerre

CRITIQUE / AVIS – Une décennie après son baroud d’honneur, John Rambo revient sur grand écran avec « Rambo : Last Blood ». Cette fois-ci, c’est pour sa fille adoptive que l’ancien soldat, maintenant septuagénaire ressort les armes du placard et gonfle des pectoraux.

En 2006 et 2008, Sylvester Stallone avait ressuscité ses deux plus célèbres alter ego, Rocky Balboa et John Rambo, dans deux films éponymes. Respectivement sixième et quatrième volets de sagas aux épisodes inégaux mais cultes, les adieux étaient étonnamment réussis. L’acteur, qui officiait aussi derrière la caméra, venait rappeler au spectateur que Rocky et Rambo étaient des personnages passionnants, au-delà de l’image de héros testostéronés qui est restée dans l’imaginaire collectif.

« Dieu aurait pitié, pas Rambo »

Ainsi, dans Rambo IV, le vétéran avait beau exécuter des militaires birmans à l’arc, à la machette ou à la sulfateuse, on trouvait un véritable fond politique sous des pourtours de violence graphique. Stallone alertait ainsi sur les massacres, bel et bien réels, de certaines populations birmanes – le film est d’ailleurs devenu une référence parmi les rebelles ! On pourrait s’épancher longuement sur ce que cherchait à dire que l’acteur / producteur tout au long de la franchise, même de manière maladroite et bas du front comme dans l’excessivement patriotique Rambo II – La Mission.

Sauf que dans Rambo Last Blood, Sylvester Stallone semble n’avoir plus rien à dire. Triste constat, puisqu’on a moins l’impression d’assister à un nouveau Rambo, qu’à un nouveau Taken un peu mou. Le début annonce la couleur : dans un prologue où il peine à sauver des randonneurs pris en pleine tempête, le spectateur se souvient des décors de First Blood (le titre original du premier volet).

A la différence que cette fois-ci, la mise en scène ne suit pas. Non pas que la franchise ait été un summum de réalisation, mais ce cinquième opus est filmé approximativement, manquant cruellement de peps et d’intentions artistiques. C’est le minimum syndical auquel le spectateur aurait eu droit, et c’est bien dommage. Ainsi, les trois-quarts du film sont des passages obligés qui ne sont là que pour patienter jusqu’à la vengeance finale de Rambo, qu’on évoquera un peu plus loin.

« Ce que vous appelez l’enfer, il appelle ça chez lui »

Cette grande partie du film met en scène des relations assez maladroites entre le vétéran et son entourage, en particulier avec une fille adoptive qui n’est là que pour se faire kidnapper. On sait à quel point la paternité est un thème important pour Stallone, mais ici l’émotion peine à poindre le bout de son nez. Les méchants, eux, sont de simples archétypes de dealers / maquereaux vivant dans un Mexique vu comme un pays peuplé en majorité de criminels. Là encore, rien de bien brillant… Mais après-tout, pardonnons donc les dialogues purement informatifs et les personnages peu écrits. Ce qu’on veut voir, c’est le surhomme se battre contre une armée entière avec son arc et son couteau (restons polis).

Force est d’avouer qu’on a un petit plaisir régressif à voir ce cher John devenir maître-boucher en massacrant les badauds qui ont brisé la vie de sa fille, dans un élan des plus réactionnaire. Malheureusement, nous n’avons pas droit au spectacle tant attendu : Rambo se contente d’aligner les sévices face à ses ennemis, avec une grande violence graphique et beaucoup de sang numérique. Si voir le vétéran faire preuve d’un peu d’imagination est amusant, les batailles épiques des précédents semblent bien loin.

Stallone, n’a plus à prouver qu’il est un grand acteur, iconique qui plus est. Cependant, dans ce Last Blood, il se contente de son habituelle moue renfrognée, capitalisant sur son image plus que jouant véritablement. Evidemment, on n’attend pas une performance physique digne des années 1980, bien qu’il soit remarquablement en forme pour un septuagénaire. Simplement, il semble plus à l’affiche par routine que par véritable envie de ressusciter son personnage. Ce faisant, il maintient artificiellement en vie un personnage qu’on aurait préféré quitter il y a dix ans, lorsqu’à la fin de Rambo IV, il revenait, apaisé, dans sa ferme natale…

 

Rambo Last Blood d’Adrian Grunberg, en salle le 25 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

En 2006 et 2008, Sylvester Stallone avait ressuscité ses deux plus célèbres alter ego, Rocky Balboa et John Rambo, dans deux films éponymes. Respectivement sixième et quatrième volets de sagas aux épisodes inégaux mais cultes, les adieux étaient étonnamment réussis. L’acteur, qui officiait aussi derrière la caméra, venait rappeler au spectateur que Rocky et Rambo étaient des personnages passionnants, au-delà de l’image de héros testostéronés qui est restée dans l’imaginaire collectif. "Dieu aurait pitié, pas Rambo" Ainsi, dans Rambo IV, le vétéran avait beau exécuter des militaires birmans à l’arc, à la machette ou à la sulfateuse, on trouvait un…
Note de la rédaction

Difficile de vous conseiller ce dernier opus de la saga Rambo. On aura vite oublié ce volet, plus proche d'un Taken poussif que d'un film d'action réussi.

Note spectateur : 3.35 ( 8 notes)
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