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Relic : un film d'horreur terrifiant sur la vieillesse et l'isolement

Relic : un film d'horreur terrifiant sur la vieillesse et l'isolement

CRITIQUE / AVIS FILM – « Relic » est le premier film de la cinéaste australienne Natalie Erika James. Un film d’horreur extrêmement oppressant sur trois générations de femmes piégées dans une maison au lourd passé.

Relic : l’horreur de la famille

Pour son premier film, Natalie Erika James se lance dans l’horreur. Avec Relic elle raconte le destin de trois générations de femmes. Lorsque Edna, octogénaire, disparaît subitement, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans sa grande maison pour tenter de la retrouver. Lorsque la matriarche réapparaît, pas grand chose ne semble comme avant…

Pour un premier film, Relic est d’une maîtrise assez impressionnante. La jeune cinéaste parvient à mettre en scène un film d’épouvante oppressant et intelligent, qui repose davantage ses ressorts horrifiques sur l’ambiance que sur les jump scares. En ça, Relic est un film malin, bien loin des supers-productions américaines du genre. Elle offre un long-métrage puissant, à l’identité forte, empli d’une âme étonnante et d’un style qui mérite d’être suivi de près.

Relic : un film d'horreur terrifiant sur la vieillesse et l'isolement

Natalie Erika James utilise les clichés à bon escient. Parce que si l’écriture est judicieuse, l’exécution est parfois assez classique. La mise en scène demeure relativement académique, n’offrant pas réellement de fulgurances particulières (à part la scène d'ouverture et un final qui accélère drastiquement son rythme). Natalie Erika James use des clichés du genre, et se les approprie pour en faire des armes indispensables. Sans jamais tomber dans la facilité, elle joue avec les sens de l’auditoire. Elle joue avec ce que le public connaît : des portes qui grincent, des silhouettes inquiétantes, des lumières qui s’éteignent, etc...

Les manifestations paranormales demeurent assez convenues, mais ne sont finalement que des outils pour servir un dessein plus grand. Ainsi, elle utilise les poncifs du genre pour donner de l’eau à son moulin. Pour appuyer son scénario qui demeure l’intérêt premier de Relic. Parce que Relic est loin de se cantonner à un film d'horreur.

Une scène d'introduction renversante

Relic : un film d'horreur terrifiant sur la vieillesse et l'isolement

Dès la scène d’ouverture, le public est plongé dans une proposition pas comme les autres. La scène d’introduction est absolument géniale. Très esthétique, notamment grâce à ce filet d’eau qui se moue comme un être indépendant, elle pose les bases, le ton, et l’ambiance de Relic. Une séquence tout en retenue, visuellement folle, qui ne tombe pas dans la surenchère gratuite, se contentant de montrer que le strict nécessaire. Mais esthétiquement, elle est incroyable. Le reste du film est à cette image. Jamais Relic ne choisit d'aller dans l’escalade de la violence, dans l’excès ou le débordement. Relic reste toujours dans une approche quasi minimaliste, qui se refuse à tomber dans les défauts inhérents au genre. Et c'est le gros point fort de cette expérience. Sa volonté d'aller constamment à contre-courant.

Des thématiques lourdes de sens

Relic aborde des thématiques passionnantes, brillamment mises en scène. À travers une histoire précise, qui sait dans quelle direction aller, Natalie Erika James aborde les thèmes de la vieillesse, de la mort, de la solitude et de l’héritage avec énormément de maîtrise. Via son scénario particulièrement contrôlé, elle parle de la solitude, de l’abandon qu’entraîne le déclin d’un individu, du délaissement lent et mortel de la société, mais également de la famille et des proches. Relic, par le biais de l’horreur, est un regard construit sur le fait de devenir vieux. Sur ses conséquences psychologiques et mentales. Sur la sensation d'être abandonné du reste du monde, de vivre en marge, dans une solitude destructrice pourtant évitable.

Relic parle également de la mémoire, du regret, du temps qui passe et du lourd tribut qu’entraîne la vieillesse. La cinéaste traite de la place de l’aïeul, qui doit constamment affronter la peur de la mort, et le regard nostalgique d’une vie passée. Un regard contraint, tourné vers l’arrière, pour éviter l’affrontement d’une mort certaine. Relic aborde tout cet état, et tout ce qu’il implique : peur, jalousie, regret, rage, démence, etc…

Enfin, Natalie Erika James n’oublie pas d’ajouter une touche d’ironie, en rappelant que les prochaines générations se dirigent inexorablement vers la même destination. Que la fille et la petite-fille ne peuvent pas échapper à ce destin inexorable. Par ce biais, Relic présente des notions de passations, d’héritage, et d’hérédité. Que tout ceci n’est qu’un cycle sans fin, et que les rôles changent, une fois que la mort a fait son oeuvre. Le tout est matérialisé par une conclusion sans concession, visuellement étonnante, qui embrasse l’acceptation avec une sensibilité mélangée à un dégout profond. Un dénouement fataliste, mais extrêmement profond.

Bref, Relic est un film parfaitement maîtrisé. Natalie Erika James tient son ambiance et le rythme de son long-métrage avec beaucoup de fermeté. Et jamais la cinéaste ne s’écarte de son histoire, ni de son but.

Relic de Natalie Erika James à partir du mercredi 7 octobre au cinéma. Découvrez la bande-annonce ci-dessus. Toutes nos bandes-annonces sont à retrouver ici. 

 

 

 

 

 

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