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Resistance : Marcel Marceau, résistant avant mime

Resistance : Marcel Marceau, résistant avant mime

CRITIQUE / AVIS FILM - "Resistance" revient sur les années d'occupation de la France par l'Allemagne Nazie en suivant l'histoire de Marcel Marceau, héros de la résistance qui sauva de nombreux orphelins juifs pendant la guerre.

L’histoire de Marcel Marceau sous l’occupation

Marcel Marceau (1923-2007) est probablement le mime le plus célèbre. Une figure ancrée dans la culture populaire qui a inspiré de nombreux artistes - comme Michael Jackson avec son Moonwalk. Au cinéma, on se souvient notamment de Tim Burton lui rendant hommage dans Batman (1989) lorsque le Joker apparaît avec ses hommes en arborant le même style vestimentaire ; une marinière et le visage peint en blanc. Mais avant de devenir un artiste mémorable, Marcel Marceau fut un membre important de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. C’est cette partie précise de sa vie qui a intéressé Jonathan Jakubowicz pour son film Resistance. Plutôt que de proposer un biopic qui parcourrait toute la vie de l’homme, le réalisateur ressert son récit pour raconter, à son tour, les années sombres de 39-45.

Un choix pertinent mais avec lequel il est difficile d’assurer. Car le cinéma a déjà su mettre en images ce pan de l’histoire. Et, aujourd’hui, il est périlleux de passer après des œuvres aussi notables que La Vie est belle ou Le Pianiste. Le film de Roberto Benigni est d’ailleurs le premier qui vient à l’esprit en voyant Marcel tester son art du mime avec des orphelins juifs recueillis avec son frère et un petit groupe d’amis.

Dans La Vie est belle, c’était dans un camp de concentration qu’un père tentait de cacher à son fils la réalité en lui inventant toutes sortes de jeux. Un film bouleversant que Resistance ne pourrait pas effleurer. Néanmoins, Jonathan Jakubowicz n’en a pas l’ambition. Le réalisateur se contente de filmer le parcours héroïque de Marcel Marceau de manière assez classique mais sans commettre de fausses notes, en s’appuyant davantage sur le toujours charismatique Jesse Eisenberg, et des seconds rôles bien tenus par Félix Moati et Clémence Poésy.

On suit ainsi Marcel au fil des ans, prenant davantage de responsabilités dans la résistance et la protection d’orphelins tandis que la situation en France s’aggrave. Quittant Strasbourg au début de la guerre pour le sud de la France, il rejoint Lyon en 1942 pour aider la résistance, notamment en participant à la création de faux passeports avant d'évacuer les orphelins vers la Suisse. Le film suit l’Histoire et parvient tout de même à livrer quelques séquences tendues face aux soldats Nazis. Notons tout de même le choix douteux de montrer en parallèle la vie de couple de Klaus Barbie avec sa femme Regine Barbie qui, durant une scène semblera soudain choquée des atrocités commises par son mari. Resistance reste malgré cela un film relativement efficace. S’il s’appuie avant tout sur son récit pour émouvoir, et à défaut d’être une grande proposition de cinéma, on lui accordera la qualité d’être une œuvre éducative sur une période à ne pas oublier.

 

Resistance de Jonathan Jakubowicz, sortie prochainement. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces. Le film était présenté au 46e festival de Deauville.

 

 

 

 

 

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