Ron débloque : quand l’intelligence artificielle déraille

Ron débloque : quand l’intelligence artificielle déraille

CRITIQUE / AVIS FILM - Dans "Ron débloque", un robot révolutionnaire souffrant d’un défaut de fabrication se met à faire des siennes. Un pétage de plombs qui mérite le déplacement au cinéma ?

Ron débloque : une rencontre mouvementée

Premier long-métrage du studio Locksmith Animation, Ron débloque s’ouvre sur l'inauguration d'un nouvel objet destiné aux enfants. Cette introduction qui reprend les célèbres présentations d’un géant de l’électronique met en avant le B-Bot, premier ami virtuel et ultra connecté qui permet aux plus jeunes d’agrandir leur cercle de connaissances en fonction de leurs centres d’intérêt.

Révolutionnaire ou inquiétant – ou les deux, c’est selon, le B-Bot fait logiquement un carton dans les cours de récréation. Mais certains malheureux n’ont hélas pas la chance d’agrandir leur communauté et d’exposer sans retenue leurs innombrables talents. C’est le cas de Barney, qui vit avec sa grand-mère et son père, inventeur maladroit qui peine à convaincre de potentiels acheteurs.

Malgré ses modestes revenus, ce dernier tient absolument à faire plaisir à son fils pour son anniversaire. Il parvient à lui dégoter un B-Bot et Barney se voit déjà tromper la solitude grâce à son nouveau compagnon. Mais le B-Bot de Barney n’est pas comme les autres. Souffrant d’un léger souci de fabrication, le robot prénommé Ron enchaîne les réactions étranges, qui ne jouent pas vraiment en faveur du garçon.

Ron débloque
Ron débloque © Walt Disney Studios Motion Pictures

Avant que Ron n’entre en scène, le film se moque gentiment de certaines marques que l’on ne présente plus et de la dépendance aux réseaux sociaux, ainsi que des innombrables possibilités de se mettre en scène qui l’accompagnent. Des thématiques actuelles abordées de façon convenue, évitant un côté déjanté qui aurait permis au long-métrage de gagner en énergie, mais aussi en pertinence.

Une amitié touchante…

Le petit grain de folie dont le film a besoin arrive cependant avec la première apparition de Ron. Les erreurs de configuration de l’intelligence artificielle et son incapacité à se connecter au réseau global engendrent quelques gags savoureux, à commencer par la réaction d’une vieille dame effrayée par l’envie de se sociabiliser du robot.

Le long-métrage marque par ailleurs la naissance d’une amitié touchante, renforcée par de nombreuses incompréhensions et autres bugs, qui rappelle celle entre le jeune Elliott et E.T. dans E.T. L’extra-terrestre. Au cours d’une fuite en forêt qui traîne en longueur et marque un moment de flottement dans le récit, Ron débloque invoque clairement le classique de Steven Spielberg.

Ron débloque
Ron débloque © Walt Disney Studios Motion Pictures

… dans un univers artificiel

Malheureusement, dans ses références et sa manière de traiter son sujet en oscillant entre critique et approbation, le film apparaît déjà comme étant daté. Hormis à de rares instants, il préfère éviter l’outrance dans sa satire des nouvelles technologies pour adopter un point de vue plus tempéré, sans pour autant les cautionner totalement.

Ron débloque semble ainsi refuser la folie qu’offre l’animation pour lorgner vers un univers épuré et donc anecdotique, à  l’image des longs couloirs vides de l’entreprise Bubble, qui commercialise les B-Bots. Il en va de même pour le climax, qui se limite à un pétage de plombs minime dans les couloirs et la cour d'une école. Dans cette atmosphère bien trop sage pour convaincre pleinement surnagent néanmoins quelques vannes régressives qui devraient convaincre les petits et grands enfants.

Ron débloque de Jean-Philippe Vine, Sarah Smith et Octavio Rodriguez, en salle le 20 octobre 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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