ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Sans Aucun Remords : Michael B Jordan impérial dans un honnête film d'action

Sans Aucun Remords : Michael B Jordan impérial dans un honnête film d'action

CRITIQUE / AVIS FILM - Michael B. Jordan met tout en œuvre pour venger la mort de sa femme dans "Sans aucun remords", le nouveau film réalisé par Stefano Sollima. Cette série B d'action ne révolutionne pas le genre mais dispose d'assez de personnalité pour qu'on la remarque.

Une nouvelle adaptation de l'oeuvre de Tom Clancy

Sans aucun remords est l'un des titres que l'on trouve sur la liste des films ayant échoué sur une plateforme lors de la crise. Produit par la Paramount, il se retrouve sur Amazon juste au moment où une réouverture des salles se précise en France. Un contexte sur lequel on ne s'étendra pas, l'essentiel étant que cette péloche d'action puisse enfin être visible chez nous. Parce qu'on avait placé quelques attentes en elle. La somme des talents impliqués laissait augurer d'un résultat qui devrait valoir le détour. Devant la caméra, Michael B. Jordan est dirigé par Stefano Sollima. Le réalisateur italien figure dans le haut du panier du cinéma d'action. Après une première incursion à Hollywood avec Sicario : La Guerre des cartels, il récidive avec une autre production américaine. L'occasion de retravailler avec Taylor Sheridan, scénariste du second Sicario, qui a revu ici une première version pondue par Will Staples. Pour parachever le tout, Sans aucun remords est une adaptation d'un roman du célèbre Tom Clancy.

Sans aucun remords
John Kelly (Michael B. Jordan) - Sans aucun remords © Paramount Pictures

Sans aucun remords ne brille pas par son originalité...

Les présentations faites, il ne faudra guère plus de temps pour évoquer le scénario. L'histoire de John Kelly, un soldat des SEAL qui voit un commando s'introduire chez lui pour le tuer. Blessé mais pas vaincu, il reste cependant impuissant face à la mort de sa femme, enceinte de leur premier enfant. À sa sortie de l'hôpital, il n'a qu'un objectif en tête : se venger. En suivant une piste qui le mène au présumé cerveau de l'opération, il va découvrir qu'un complot d'une plus grand échelle se trame dans son dos. Sans aucun remords joue avec des motifs identifiés dans le genre et la progression de la narration laisse rarement la place à la surprise. Un chemin balisé où se mêle des enjeux politiques et intimes. Des prémisses à la conclusion, on voit arriver à l'avance à peu près toutes les bifurcations scénaristiques. Rien de nouveau à l'horizon, les Américains font la guéguerre avec les Russes et le patriotisme ne paie pas.

... Mais n'est pas dénué d'intérêt

Entre les mains de faiseurs lambdas, Sans aucun remords n'aurait rien eu à défendre. Joie, c'est donc Taylor Sheridan et Stefano Sollima qui héritent du bébé. Le premier ne cherche pas la complexité là il ne doit pas y en avoir et s'applique à dessiner des lignes claires pour que le second s'éclate à la mise en scène. Et devinez quoi ? Ça fonctionne. Le réalisateur italien a de la suite dans les idées quand il s'agit de filmer les temps forts. Dès sa première scène, précise et sèche, il fait preuve de rigueur et de personnalité. Son découpage rend chaque action lisible tout en insufflant de l'impact. Les coups font mal et il y a régulièrement une idée pour injecter du relief aux scènes d'action (la scène sous-marine, la baston en prison, une lampe qui perturbe un face à face, l'interrogatoire dans une voiture enflammée).

Philippe Rousselot à la photo travaille une lumière sombre qui épouse à merveille la mise en scène de Stefano Sollima. Ce dernier a la capacité de savoir où poser sa caméra pour que la tension reste intacte. Le plus bel exemple est ce quasi-climax avec des snipers durant lequel il fait preuve d'une impeccable gestion de l'espace. On ne s'ennuie pas et c'est presque un comble au regard de ce scénario en pilote automatique.

Sans aucun remords
Sans aucun remords © Paramount Pictures

Au savoir-faire des deux artisans que l'on vient de mentionner s'ajoute la présence massive de Michael B. Jordan. Déjà convaincant en élève de Rocky dans Creed, il joue avec son physique de soldat et excelle dans ce qu'il doit faire. Mâchoire serrée et le regard déterminé, il compose un héros convaincant que l'on risque de revoir très vite si l'on en juge par la scène post-générique. Puisque suite il devrait y avoir, on espère que les talents forts du premier volet resteront en poste et que l'action sera au service d'une charpente plus élaborée.

Sans aucun remords de Stefano Sollima, disponible sur Amazon Prime Video à partir du 30 avril. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi

Slalom : un film dans l’air du temps

Slalom : un film dans l’air du temps

CRITIQUE / AVIS FILM – Avec "Slalom" Charlène Favier signe un premier film percutant abordant le sujet délicat des violences sexuelles dans le milieu du sport. Une œuvre salutaire, nuancée et dans l’air du temps.