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Scandale : trois femmes dans la jungle de Fox News

CRITIQUE / AVIS FILM – Inspiré de faits réels, « Scandale » (« Bombshell » en version originale), est le nouveau film de Jay Roach. Pour l’occasion il réunit un trio féminin inédit composé de Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie, et revient sur les coulisses de la chaîne de télévision Fox tourmentée par l’ancien PDG de Fox News : Roger Ailes, accusé de harcèlement sexuel.

Après Dalton Trumbo, Jay Roach est de retour avec un sujet très actuel. Il surfe sur la vague du mouvement #MeToo pour revenir sur une affaire interne de grande ampleur au sein de la Fox Television. L’ancien PDG de la chaîne, Roger Ailes, a été largement accusé de harcèlements sexuels par ses différentes employées. Le cinéaste raconte cette affaire sans précédent au sein du milieu, qui a permis une victoire de la femme sur les diktats masculins.

Trois générations, un seul problème

Scandale aurait largement pu tomber dans le pathos et la dénonciation gratuite, mais le cinéaste s’en sort avec une certaine finesse. Jay Roach a l’intelligence de réunir un trio inédit et intergénérationnel pour porter son film. Trois grandes actrices qui campent trois journalistes à des postes plus ou moins élevés. Charlize Theron interprète la présentatrice phare de la chaîne Megyn KellyNicole Kidman joue Gretchen Carlson, une présentatrice de show sur le déclin, et Margot Robbie entre dans la peau de Kayla Pospisil (seul personnage fictif), une jeune journaliste ambitieuse.

Avec cette idée, en plus de réunir trois grandes comédiennes, le cinéaste cherche à proposer un sujet universel, qui concerne toute la jante féminine. Trois générations qui se croisent le temps d’une seule scène, magnifiquement orchestrée, le temps d’un court instant dans l’ascenseur de Fox News. Ce casting est impeccable et donne une forte crédibilité au long-métrage.

Scandale : trois femmes dans la jungle de Fox News

Trois femmes qui affrontent le problème récurrent du harcèlement sexuel au travail. Trois journalistes obligées d’affronter les chantages d’un PDG tout puissant. Trois actrices qui interprètent avec force et réalisme une situation qu’elles ont peut-être elles même connues. Bref, Scandale sait de quoi il parle, et il le fait avec conviction et réalisme. Jay Roach évite le pathos ou la moralisation facile. Il garde une certaine ambiguïté sur ce fameux PDG. Une certaine forme d’objectivité par rapport aux relations qu’il entretient avec ses employés. Il dépeint le portrait d’un vieil homme sur le déclin qui a profité de sa situation et a joué avec le pouvoir qu’implique son statut.

Scandale n’est pas un étalage féministe gratuit, mais raconte une histoire vraie avec un certain recul. Il propose un sujet traité avec finesse, via la rencontre entre une vision d’ensemble et un rapport plus intimiste. Le réalisateur met en exergue cette affaire à la fois au niveau national, mais également à échelle humaine, à l’échelle de ses personnages.

Un film nécessaire

Le réalisateur tente une approche façon The Big Short, avec une introduction explicative, presque en aparté, qui permet de remettre en place le contexte politique de l’époque. Jay Roach offre une mise en scène rapide et précise. Il propose des prises de vues presque journalistiques pour créer une forme d’immersion. Un style qui référence le reportage, qui se marie également avec une once de thriller. Un moyen d’illustrer un milieu toujours en effervescence, un milieu composé de requins où tous les pires coups sont permis. La réalisation présente ainsi des zooms maîtrisés, un montage volontairement saccadé, une caméra jamais totalement fixe, presque façon 24h chrono. Scandale s’élance, et reste sur un rythme frénétique pendant ses presque deux heures.

Scandale : trois femmes dans la jungle de Fox News

Deux heures palpitantes, pendant lesquelles l’étau ne cesse de se resserrer sur Roger Ailes. Même si certains d’entre-vous connaissent déjà le dénouement de l’affaire, le film est rondement mené. Il transmet un véritable suspense, et une empathie monstre pour les protagonistes. Outre rappeler la condition de la femme dans ce type de milieu dirigé par des hommes, Scandale permet également de présenter le fonctionnement du journalisme américain. Comment celui-ci est influencé, comment il doit faire avec des accointances inévitables, ou une ligne éditoriale parfois douteuse. Le long-métrage met en exergue l’organisation d’une énorme machine comme Fox News. Une politisation du film qui trouve un instant précis lorsque Megyn Kelly est face à Donald Trump, avec l’impossibilité de faire totalement son travail d’intervieweuse.

Pour autant, Scandale ne se concentre finalement pas assez sur ce côté plus large, préférant rester sur l’affaire de Roger Ailes. Dans tous les cas, il s’agit d’un film nécessaire. Un film qui évoque l’hégémonie d’une société masculine sur un féminisme qui cherche toujours une porte de sortie et d’affranchissement. Le film rappelle que, parfois, la victoire est possible, même dans les instances les plus gangrenées.

 

Scandale de Jay Roach, en salle le 22 janvier 2020. La bande-annonce ci-dessus. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Après Dalton Trumbo, Jay Roach est de retour avec un sujet très actuel. Il surfe sur la vague du mouvement #MeToo pour revenir sur une affaire interne de grande ampleur au sein de la Fox Television. L'ancien PDG de la chaîne, Roger Ailes, a été largement accusé de harcèlements sexuels par ses différentes employées. Le cinéaste raconte cette affaire sans précédent au sein du milieu, qui a permis une victoire de la femme sur les diktats masculins. Trois générations, un seul problème Scandale aurait largement pu tomber dans le pathos et la dénonciation gratuite, mais le cinéaste s'en sort avec une…

Conclusion

Note de la rédaction

"Scandale" est un film nécessaire qui revient sur l'affaire Roger Ailes. Un film ultra efficace dans le genre, qui permet de mettre en lumière une grande victoire féminine.

Note spectateur : Sois le premier !
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