Snake Eyes : un blockbuster boursouflé et paresseux

Snake Eyes : un blockbuster boursouflé et paresseux

CRITIQUE / AVIS FILM - Après deux premiers opus relativement décevants, la franchise « G.I. Joe » se poursuit avec le spin-off « Snake Eyes » de Robert Schwentke, disponible depuis le 21 septembre en VOD.

G.I. Joe : une référence depuis 1964

Initialement, la franchise G.I. Joe est née d'une figurine articulée produite par Hasbro sortie en 1964. La ligne de jouets a débuté avec le célèbre G.I. Joe avant que de nombreux personnages rejoignent petit à petit la marque de jouets. Rapidement, ces jouets se dérivent en séries animées, en comics, puis au cinéma en 2009 avec G.I. Joe : Le Réveil du Cobra réalisé par Stephen Sommers. Le long-métrage a beau être un échec critique, il rapporte plus de 302 millions de dollars de recettes au box-office. Ce qui pousse Paramount Pictures à produire une suite en 2013, réalisée par Jon M. Chu. G.I. Joe : Conspiration compte sur un casting appétissant notamment composé de Bruce Willis et Dwayne Johnson et rapporte ainsi plus de 375 millions de dollars de recettes au box-office.

Snake Eyes (Henry Golding) - Snake Eyes
Snake Eyes (Henry Golding) - Snake Eyes ©Paramount Pictures

Cette année, le premier spin-off de la saga sort sur nos écrans. La Paramount charge en effet Robert Schwentke de mettre en scène Snake Eyes, un film en solo sur ce personnage incarné par Henry Golding. Dans les deux premier opus il était alors campé par le talentueux Ray Park (Dark Maul dans Star Wars). Snake Eyes devait sortir au cinéma le 23 octobre 2020, puis le 18 août dernier. Mais à cause de la pandémie de COVID-19, le long-métrage n'est disponible qu'en VOD depuis le 21 septembre dernier. Et ce n'est peut-être pas plus mal...

Snake Eyes : ou comment rater un blockbuster !

Robert Schwentke choisi donc de raconter les origines du célèbre Snake Eyes, avant que celui-ci ne devienne le puissant ninja que tout le monde connaît. Et ce qui faisait la force du personnage dans les deux premiers volets, c'est-à-dire son mutisme, son calme impressionnant, son silence qui faisait froid dans le dos, et son costume ultra stylisé qui ne révélait jamais son visage, est balayé d'un sévère revers de la main.

Maintenant, Snake Eyes est un protagoniste bavard, qui porte le visage d'un Henry Golding peu inspiré. Snake Eyes est une origin story paresseuse, qui accumule les clichés grossiers du genre. On retrouve ainsi les poncifs d'une histoire dramatique pour blockbuster sans inspiration : un enfant traumatisé qui doit affronter la mort de son père, une évolution dictée par la vengeance, un entraînement superficiel et particulièrement soporifique, jusqu'à l'atteinte d'une grande destinée pour un grand guerrier. Globalement, ça sent quand même très fort le réchauffé et le manque cruel d'inspiration.

Snake Eyes
Snake Eyes ©Paramount Pictures

Snake Eyes doit assumer un scénario considérablement superficiel. En effet, le récit, écrit avec une lamentable motivation, est principalement destiné à un (très) jeune public, qui ne sera alors pas trop exigeant. Une histoire qui souffre également d'un manque cruel d'intérêt. Surtout à cause de ses personnages extrêmement mal écrits, et dénués de toute profondeur. Aucune figure ne sort du lot, et les héros ne sont que des marionnettes sans vie qui ne servent qu'à faire péniblement avancer l'intrigue.

Difficile, également, de ne pas mentionner la vacuité des rebondissements, tous plus téléphonés les uns que les autres. Même visuellement, le long-métrage n'arrive pas à s'imposer comme une leçon de style. Les chorégraphies manquent de charme, et la mise en scène est dépourvue de panache pour donner du rythme aux différents affrontements monotones qui sont proposés à l’assistance. Et la présence d'Iko Uwais (la star de The Raid) n'y change malheureusement rien.

Snake Eyes de Robert Schwentke, disponible en VOD le 21 septembre 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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