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Stan & Ollie : la face cachée de Laurel et Hardy

CRITIQUE FILM – « Stan & Ollie » de Jon S. Baird est une oeuvre attachante à défaut d’être très originale. Le duo Laurel et Hardy est passionnant et les acteurs sont très convaincants.

Jon S. Baird, cinéaste anglais derrière le sympathique Ordure ! est de retour avec un biopic centré sur Laurel et Hardy. Le duo comique culte revient à la vie grâce à Steve Coogan et John C. Reilly. Mais Stan & Ollie n’est pas porté par une écriture classique puisque le cinéaste, plutôt que d’offrir un rébarbatif listing de leur carrière décide de se concentrer sur la fin de celle-ci, sur une époque où ils ne sont plus que des gloires passées. Et c’est ce parti-pris qui convainc.

Un biopic relativement classique

Tandis que la mise en scène de Ordure ! avait une personnalité débordante, très anglaise, quelque part entre Guy Ritchie et Danny Boyle, Stan & Ollie est un biopic très sage. Jon S. Baird remplie le cahier des charges sans réellement insuffler une véritable vision artistique dans la mise en scène. Stan & Ollie est un long métrage académique, qui enchaîne les poncifs du biopic sans prendre le risque de les renouveler ou de se les approprier. Le film est donc une œuvre très efficace, relativement rythmée, mais qui manque cruellement de vision personnelle ou d’originalité dans la réalisation.

Heureusement Stan & Ollie met en avant une histoire attachante. Le spectateur lambda apprendra forcément certains éléments de la vie du duo, de l’époque dans laquelle ils évoluaient, et de leur relation particulière. Parce que Stan & Ollie plutôt que de se concentrer sur leur carrière préfère se focaliser sur leur identité, sur ce qu’ils étaient eux, les visages civils derrières les figures célèbres de Laurel et Hardy. Jon S. Baird veut montrer les protagonistes sans maquillage, sans artifice, il veut présenter les hommes derrières les personnages. Et cette volonté fonctionne à merveille, notamment grâce aux interprétations inspirées de Steve Coogan et John C. Reilly. Le premier revient sur le devant de la scène avec un rôle réellement consistant pendant que le second enchaîne les succès avec des rôles diamétralement différents. Bref, le titre l’évoque, il ne s’agit pas d’un film sur Laurel et Hardy mais bien sur Stan et Oliver.

Une histoire touchante grâce à une proximité avec les personnages

Jon S. Baird esquive relativement bien le biopic classique, en tout cas dans l’écriture, en décidant de centrer son histoire sur la fin de carrière de ce duo culte. Au crépuscule de leur art, les deux personnages prennent ainsi une identité particulière, ponctuée de nostalgie, de mélancolie, d’une époque révolue. Cet aspect donne à Stan & Ollie une dimension passionnante, à la manière de The Artist et de ce George Valentin sur le déclin, à cause d’un cinéma qui évolue, à cause d’un changement d’ère irrémédiable et irrévocable. Stan & Ollie a le même discours sur la condition de l’artiste, en l’occurrence sur celle de Laurel et Hardy, à une époque où ils ne sont plus bankable, à une période où la conscience populaire les oublie progressivement, relégués au second plan. Devenus obsolètes, le spectateur suit les tribulations de ce duo qui tente encore, avec une détermination attachante, d’exister, et de faire ce à quoi ils sont doués : faire rire les gens. Des personnages passionnants, des clowns tristes qui tentent encore de ne pas se faire oublier, des êtres humains fatigués, dépassés, qui pourtant n’abandonnent pas. Des figures qui vont à l’encontre de la direction prise par le système, qui pensent définitivement avec le cœur, qui demeurent éternellement des artistes.

Toute cette approche mélancolique fonctionne à merveille et permet de donner une dimension attachante au long-métrage. Le public ressent beaucoup d’empathie pour les deux protagonistes. Les ressorts dramatiques fonctionnent à la perfection. C’est le point fort de Stan & Ollie ce regard sur une époque révolue, sur un cinéma qui jadis fonctionnait autrement. L’époque dans laquelle se situe le long métrage permet de mettre en avant l’évolution d’un cinéma comique, mais également de la manière de faire des films, laissant de côté une certaine humanité pour se tourner vers une industrialisation du système cinématographique. C’est ce regard qui donne tout son intérêt au film de Jon S. Baird. Ce regard triste, ponctué d’un certain regret, et qui, pourtant, se termine sur une note extrêmement positive.

 

Stan & Ollie de Jon S. Baird avec Steve Coogan et John C. Reilly en salle le 6 mars 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Jon S. Baird, cinéaste anglais derrière le sympathique Ordure ! est de retour avec un biopic centré sur Laurel et Hardy. Le duo comique culte revient à la vie grâce à Steve Coogan et John C. Reilly. Mais Stan & Ollie n’est pas porté par une écriture classique puisque le cinéaste, plutôt que d’offrir un rébarbatif listing de leur carrière décide de se concentrer sur la fin de celle-ci, sur une époque où ils ne sont plus que des gloires passées. Et c’est ce parti-pris qui convainc. Un biopic relativement classique Tandis que la mise en scène de Ordure ! avait une…

Conclusion

Note de la rédaction

Un biopic relativement classique mais terriblement attachant. Des personnages mis à nus, qui permettent de se concentrer sur une époque révolue.

Note spectateur : Sois le premier !

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