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Star Wars 9 : J. J. Abrams conclut proprement la nouvelle trilogie

Star Wars 9 : J. J. Abrams conclut proprement la nouvelle trilogie

CRITIQUE / AVIS FILM - Avec "Star Wars 9 : L'Ascension de Skywalker" J. J. Abrams conclut la nouvelle trilogie Star Wars de Disney, quatre ans après l'avoir ouverte. Un dernier opus qui doit répondre à de nombreuses questions et permettre de refermer l'ère des Skywalker.

Suite au rachat de LucasFilm, Disney a relancé en 2015 la saga Star Wars avec Le Réveil de la Force (épisode 7). Réalisé par J. J. Abrams, le film a ses qualités et ses défauts, ses fans et ses détracteurs. Mais il faut bien admettre que le cinéaste est parvenu à reproduire l’atmosphère si particulière de Star Wars. Et même si l’intrigue s’avère très proche de l’épisode 4, cela peut se justifier par la manière dont les trilogies précédentes sont construites ; sur un même modèle, tel un miroir avec des étapes qui se reproduisent.

Sauf qu’avec Les Dernier Jedi (épisode 8), c’est Rian Johnson qui a pris en main la suite de cette nouvelle trilogie. Si on peut mettre en avant une volonté de s’éloigner de ce qui avait été fait jusque-là (avec tout de même des compositions de plans déjà vues), il y aurait de nombreuses choses à redire sur l’écriture et les incohérences provoquées. Face à la colère de certains fans (sans doute), Disney a alors fait revenir J. J. Abrams pour conclure l’ère des Skywalker.

Un classicisme retrouvé pour Star Wars 9

Autant dire que la tâche n’était pas aisée pour J. J. Abrams avec Star Wars 9. Le réalisateur sait qu’il doit conclure la trilogie, répondre à de nombreuses questions, tout en gérant les écarts provoqués par le film précédent. À ce niveau-là, L’Ascension de Skywalker est une vraie réussite. Efficace, propre dans sa réalisation (bien que classique), avec un humour mieux senti et moins marvelisé que le précédent.

Critique Star Wars 9 : J. J. Abrams referme proprement la nouvelle trilogie

Un film qui rentre dans le moule donc, et trouve ses connexions (visuelles comme scénaristiques) davantage avec l’épisode 7. Dès lors, on peut se questionner sur l’utilité du film de Rian Johnson. D’autant que de manière plus ou moins subtile, J. J. Abrams repousse d’un revers de main cet épisode malheureux. Et devant la vitesse à laquelle les informations et les événements fusent dans la première demi-heure, et en prenant en compte les quasiment deux heures restantes, on se dit que, peut-être, cet épisode 9 aurait dû être scindé en deux.

Malgré cela, L’Ascension de Skywalker est donc fidèle à l’univers Star Wars en proposant dès les premiers instants une aventure dynamique. Des décors qui s’enchaînent et quelques nouveaux personnages parviennent à sortir du lot. On pense notamment à une ancienne connaissance de Poe Dameron interprétée par Keri Russell qui, derrière un casque stylisé, parvient à dégager un vrai charisme. Un personnage qu’on verra peu, mais qui fait son petit effet.

Critique Star Wars 9 : J. J. Abrams referme proprement la nouvelle trilogie

Mais à l’évidence, ce ne sont pas les maigres nouveautés qui retiennent l’attention. Une fois de plus, c’est en faisant appel aux anciennes figures mythiques que le film tire de l’émotion. La force de J. J. Abrams est alors de parvenir à ne pas trop appuyer ses hommages. En particulier pour Carrie Fisher (décédée le 27 décembre 2016), assez présente et pas uniquement là pour nous tirer des larmes. Et que dire du choix malin de faire intervenir d’anciens Jedi par de simples voix plutôt que par des caméos qui feraient basculer le tout dans du fan service.

La platitude d’une trilogie qui n’a jamais pris son envol

Cependant, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine platitude devant ce Star Wars 9. Peut-être parce que les épisodes précédents avaient trop joué sur la redite. Et que depuis le rachat de la licence par Disney, une lassitude commence à se faire sentir. Mais il est indéniable que ce dernier opus manque cruellement de moments marquants. Les combats au sabre laser ou dans l’espace sont bien là, mais la magie opère moins et il devient difficile de trouver dans le tas un passage mémorable - si ce n’est un éclair ravageur dans une séquence finale qui suit (encore) un modèle scénaristique déjà vu.

Critique Star Wars 9 : J. J. Abrams referme proprement la nouvelle trilogie

De plus, l’utilisation de la Force et les capacités décuplées de ceux qui la maîtrise (bien que justifiables pour les fins connaisseurs de l’univers Star Wars) ressemblent à des facilités scénaristiques à la limite du grotesque, empêchant par la même occasion l’empathie. Ainsi, même le combat entre Rey et Kylo Ren sur une plateforme au milieu des vagues (rappelant évidemment le duel Anakin/Obi-Wan de l’épisode 3), s’avère peu captivant.

Et il en va de même avec le retour du méchant emblématique Palpatine. Sans dénoter pour autant, sa présence offre une nouvelle fois la sensation que cette trilogie s’est construite à tâtons, sans vision d’ensemble prédéfinie. La prélogie de George Lucas a bien ses défauts, mais au moins le créateur de Star Wars savait exactement où aller et comment, rendant l’ensemble évident et donc dans un sens émouvant. Le véritable manque de L’Ascension de Skywalker, et de la trilogie de Disney dont l’utilité restera, in fine, assez relative.

 

L’Ascension de Skywalker de J.J. Abrams, en salle le 18 décembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.