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The Bookshop : parcours d’une femme inspirante

CRITIQUE FILM – Pour son seizième long-métrage, la réalisatrice catalane Isabel Coixet, adapte le roman éponyme de Penelope Fitzgerald et offre un film à la fois délicat, humble et féroce. Brillamment mené par Emily Mortimer, le film est pertinent et, à défaut de briller, reste convaincant.

Dans l’euphorie des films de fin d’année, de ceux des blockbusters et autres films à gros budgets, The Bookshop se fait discret. Comme un petit cadeau au pied d’un sapin déjà bien rempli, le nouveau long-métrage de la réalisatrice Isabel Coixet est une jolie bouffée d’air frais. Si le film sort tardivement en France, il fut déjà récompensé par de nombreux prix, notamment en Espagne, le pays d’origine de la réalisatrice, où il sort lauréat de trois grands prix (meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleure adaptation) lors de la dernière cérémonie des Goya (équivalent des César en Espagne). C’est donc dans un emploi du temps assez chargé que sort ce long-métrage humble, à la réalisation discrète mais sincère et au casting convaincant.

Il aura fallu dix ans pour que la réalisatrice puisse offrir une adaptation du roman éponyme de Penelope Fitzgerald sur grand écran. Il faut dire que, d’apparence, le film ne fait pas forcément rêver ou en tous cas n’est ni grandiloquent ni tout à fait excitant. Pourtant, derrière sa discrétion et sa pudeur, le long-métrage cache une rare solidité, un récit auquel on croit, des personnages émouvants et une histoire pertinente. Cette dernière se déroule dans une petite ville de bord de mer d’Angleterre. Dans de véritables décors de carte postale, une tranquillité apparente, évolue Florence Green (brillamment incarnée par Emily Mortimer). Discrète et élégante, cette passionnée de littérature désire ouvrir une petite librairie dans une grande maison de la petite ville dont elle a hérité après la mort de son mari, tombé au combat. C’est là que les choses vont se compliquer. Car si ouvrir une toute petite librairie, dans un village aussi apaisant et sympathique, semble d’une facilité déconcertante, c’est sans compter sur la petite bourgeoisie locale, menée par Violet Gamart (interprétée par Patricia Clarkson) qui, en plus de détester le changement, refuse de céder un bien pouvant lui appartenir.

Voilà comment le joli vernis pastel s’écaille et les masques tombent. Ce doux petit village s’assombri pour laisser place à la misère des cœurs vides, de ceux qui ne peuvent s’empêcher de jouir du malheur des autres. La carte postale se transforme en une critique de la cruauté de la société, de ceux qui ont du pouvoir contre ceux qui, à défaut d’en avoir, bataille pour réaliser leurs rêves. Cette petite librairie, où on passerait bien des heures à feuilleter les pages d’un vieux bouquin en sirotant une tasse de thé, devient un enjeu capital, une distraction pour le village, une réussite pour Florence qui doit, sans cesse, se battre pour prouver que cette bulle de culture est essentielle.

Le parcours d’une femme

Ce qui marque surtout dans cette histoire c’est le parcours de Florence une femme réservée, sensible et déterminée. Car, derrière tout ce petit projet, elle porte le poids d’une société patriarcale aussi paternaliste qu’infantilisante. On retient essentiellement ses échanges avec son banquier (interprété par Hunter Tremayne) qui à défaut de trouver de véritables solutions, cherche par tous les moyens à la dissuader et à la détourner de son projet. De longs échanges durant lesquels, la courageuse anglaise, garde la tête haute jusqu’au moment où elle osera, par manque de patience et par épuisement, taper du poing sur la table. Ainsi, chaque personnages, ou presque, cherchera à la manipuler pour qu’elle laisse tomber mais, en véritable héroïne du quotidien, et malgré un dénouement en demi-teinte, elle résistera. Reste la petite Christine (incarnée par la jeune actrice Honor Kneafsey), une petite fille d’une dizaine d’années issue de la classe pauvre, qui vient, pour quelques pièces, l’aider à tenir la librairie.

Enfin presque, car Christine n’est pas la seule à montrer ses encouragements à Florence. À quelques kilomètres de la petite librairie et assez loin du centre de la petite ville, Edmund Brundish (joué par Bill Nighy) mène une vie loin de la société, tout près de ses livres qu’il dévore avec passion. Entre lui et Florence naîtra alors une amitié qui se transformera presque en histoire d’amour. Une relation délicate, pudique et respectueuse où les deux êtres partageront leur passion commune pour les bons livres mais aussi, plus tardivement, des liens étroits dû à leur abandon de la société.

 

Ci-dessus la bande-annonce de The Bookshop, réalisé par Isabel Coixet, en salles le 19 décembre 2018.

Dans l'euphorie des films de fin d'année, de ceux des blockbusters et autres films à gros budgets, The Bookshop se fait discret. Comme un petit cadeau au pied d'un sapin déjà bien rempli, le nouveau long-métrage de la réalisatrice Isabel Coixet est une jolie bouffée d'air frais. Si le film sort tardivement en France, il fut déjà récompensé par de nombreux prix, notamment en Espagne, le pays d'origine de la réalisatrice, où il sort lauréat de trois grands prix (meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleure adaptation) lors de la dernière cérémonie des Goya (équivalent des César en Espagne). C'est donc…

Conclusion

Note de la rédaction

Humble, pudique mais pertinent, The Bookshop est un long-métrage qui raconte le parcours d'une femme inspirante et qui offre une vive critique de la société.

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