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The Good Criminal : Liam Neeson en pilote automatique

The Good Criminal : Liam Neeson en pilote automatique

CRITIQUE / AVIS FILM - Interpréter un braqueur qui se reconvertit en figure aimante et bienveillante digne des films de Frank Capra, c’est l’étrange pari que Liam Neeson a décidé de relever dans "The Good Criminal", où il incarne un voleur qui décide de se rendre aux autorités pour la femme de sa vie, avant d’être doublé par des agents corrompus…

Liam Neeson, voleur au grand cœur

Si les films d’action de Liam Neeson misent généralement sur sa figure déterminée et revancharde pour leur promotion, il arrive que certains des personnages qu’il incarne sortent de l’archétype installé par Taken. Avec Le Territoire des loups, le comédien trouvait par exemple l’un de ses meilleurs rôles, offrant une performance bouleversante marquée par le deuil et le désespoir. Dans Balade entre les tombes, le costume de Matt Scudder lui allait aussi à merveille, et l’acteur apportait toutes les nuances nécessaires au célèbre détective privé. Enfin, l’an dernier, il incarnait avec brio un justicier débutant, hésitant et dépassé par les événements dans le surprenant Sang froid.

Avec The Good Criminal, Liam Neeson reste en revanche dans sa zone de confort. Il prête ici ses traits à Tom Carter, un perceur de coffres réputé pour ne laisser aucune trace sur les lieux de ses casses. À la suite de son douzième braquage, il décide de cacher la coquette somme de neuf millions de dollars dans un box. Dans l’entrepôt, le voleur fait la connaissance d’une employée prénommée Annie (Kate Walsh), pour laquelle il a un véritable coup de foudre. Un an plus tard, Carter contacte le FBI pour se rendre, bien décidé à raccrocher pour Annie. Les choses se gâtent quand les deux agents chargés de le rencontrer tentent de le doubler pour rafler le magot.

Critique / Avis film The Good Criminal : Liam Neeson en pilote automatique

Beaucoup de paroles pour peu d’action

De la scène d’ouverture à la rencontre avec Annie, en passant par la confrontation avec les deux pourris interprétés par Jai Courtney et Anthony Ramos, tout est prévisible dans The Good Criminal, si l’on met de côté la curieuse relation entre un agent intègre du FBI (Jeffrey Donovan) et le petit chien de son ex-femme. Le long-métrage souffre d’un classicisme daté et mise principalement sur le charisme de son acteur principal. Il se contente malheureusement de lui faire enchaîner les passages obligatoires, à commencer par ses fameuses menaces téléphoniques. Comme la plupart des héros "neesoniens", Tom Carter n’est évidemment pas celui que l’on croit et dispose de "compétences particulières acquises au cours d’une longue carrière".

Mais contrairement au Bryan Mills de Taken premier du nom, cet ancien Marine spécialisé dans la démolition ne devient jamais "un véritable cauchemar" pour ses ennemis. Le film de Mark Williams, co-créateur de la série Ozark, ne parvient pas à décoller, étant donné qu’il tient constamment son personnage en laisse. Le braqueur est un bon samaritain doté d’un grand cœur qui ne dévie jamais de sa ligne de conduite. Un protagoniste unilatéral qui ne perd à aucun moment le contrôle et reste donc fondamentalement gentil, même lorsqu’il se retrouve face à l’insupportable Jai Courtney. Sa supposée épaisseur est en réalité sa faiblesse, et les promesses un tant soit peu bourrines de la bande-annonce ne sont jamais tenues. Au lieu de se focaliser sur une traque effrénée comme le faisait Manhattan Lockdown en début d’année, The Good Criminal se perd dans des dialogues inutiles.

Critique / Avis film The Good Criminal : Liam Neeson en pilote automatique

Un constat difficile, surtout au vu des magnifiques braqueurs solitaires passés par les salles obscures dans le passé. En 1981, le méthodique James Caan tentait déjà de troquer des coffres-forts contre une vie de famille dans Le Solitaire, et la comparaison avec le classique de Michael Mann ne joue pas en la faveur de The Good Criminal, bien au contraire. Pour autant, Liam Neeson livre sa partition avec son implication habituelle, sans la moindre once de cynisme, et sa relation avec Kate Walsh fonctionne parfaitement. Loin d’être le pire long-métrage de la carrière de l’acteur, le film se révèle simplement anecdotique et ne propose absolument rien de nouveau.

 

The Good Criminal de Mark Williams, en salle le 14 octobre 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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