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The King of Staten Island : la nouvelle pépite de Judd Apatow

The King of Staten Island : la nouvelle pépite de Judd Apatow

CRITIQUE / AVIS FILM - Coqueluche du « Saturday Night Live », Pete Davidson trouve son premier grand rôle au cinéma dans « The King of Staten Island », long-métrage en partie inspiré de sa vie. Le jeune humoriste est magistral dans cette excellente comédie dramatique de Judd Apatow, où il incarne un apprenti tatoueur névrosé et attachant, incapable de croire en lui et de regarder vers l’avenir…

Judd Apatow de retour avec The King of Staten Island

Au-delà de ses talents de metteur en scène, scénariste et producteur, Judd Apatow a toujours très bien su s’entourer. Après avoir révélé Seth Rogen, Jason Segel ou encore James Franco et avoir donné à Amy Schumer son meilleur rôle au cinéma, le réalisateur de Funny People fait cette fois-ci équipe avec Pete Davidson, l’une des nouvelles coqueluches du Saturday Night Live. Et l’humoriste crève l’écran dans The King of Staten Island, récit semi-autobiographique d’un jeune adulte en quête de repères.

Dans le sixième long-métrage de Judd Apatow, Pete Davidson prête ses traits à Scott Carlin, un glandeur patenté de 24 ans qui souffre d’un trouble de déficit de l’attention et de la maladie de Crohn, et qui rêve d’ouvrir un salon de tatouages / restaurant. Mais en bon stoner, Scott, encore sévèrement impacté par la mort de son père pompier décédé lors d’une intervention, a bien du mal à décoller de son canapé, de ses amis et de sa mère. Lorsque sa petite sœur quitte le domicile familial pour l’université, il comprend qu’il serait peut-être temps de prendre son envol…

"The King of Staten Island" : Critique de la comédie de Judd Apatow avec Pete Davidson.

The King of Comedy

Affichant tous plus de deux heures au compteur, les films de Judd Apatow peuvent être critiqués pour leur durée, ce qui fait en réalité une partie de leurs qualités. Le cinéaste a cette capacité à plonger longuement le spectateur dans des tranches de vie singulières, sans jamais que ses personnages ne paraissent autocentrés. Avec les futurs parents d’En cloque, mode d’emploi et le couple de 40 ans, mode d’emploi, le réalisateur parlait directement de lui, de son rapport à la famille et à l’amour, et réussissait à évoquer des questionnements universels grâce à son honnêteté et sa façon de s’écarter des stéréotypes redondants des comédies romantiques américaines de l’époque. Comme pour Crazy Amy, Judd Apatow s’adapte avec The King of Staten Island à la personnalité de sa tête d’affiche. Impossible de ne pas s’attacher à ce grand gamin qui stagne mais qui a de grands rêves, et qui ne peut s’empêcher de tendre la main aux autres malgré tous ses efforts pour rester dans son coin.

"The King of Staten Island" : Critique de la comédie de Judd Apatow avec Pete Davidson.

La durée du film est ici justifiée par les nombreuses erreurs que Scott fait, parfois malgré lui, parfois de manière volontaire, avant de se relever et de triompher magistralement face à ses démons. L’ultime plan est d’ailleurs bouleversant. Il fait une référence directe au vécu de Pete Davidson, dont le père Scott est décédé dans les décombres du World Trade Center où il exerçait son métier de pompier.

La présence au casting du grand Steve Buscemi, ex-pompier qui avait rejoint ses anciens collègues après les attentats du 11 septembre 2001, rend l’hommage à ces hommes et leurs proches sacrifiés encore plus touchant. Comment faire le deuil de son modèle disparu à un âge charnière ? Comment gérer un trop plein d’émotions et ses interactions avec autrui ? C’est à ces interrogations que The King of Staten Island s’attaque avec tendresse et sans complaisance. Le film s’impose comme un exutoire qui n’en fait jamais trop, et qui prouve une nouvelle fois le talent de Judd Apatow pour observer le quotidien et toutes les petites choses souvent anodines comme une accolade, une engueulade ou une discussion salvatrice, qui en font sa beauté.

Un duo irrésistible

Alliée à son sens de l’observation, la place que Judd Apatow laisse à ses comédiens lui permet de faire des merveilles. Outre le talent de Pete Davidson et son sens de la réplique aiguisé malgré les tonnes d’herbe qu’il fume, le long-métrage doit énormément au reste du casting. Actrice fétiche de son papa - qui a bien grandi depuis En cloque, mode d’emploi -, Maude Apatow est par exemple désarmante dans le rôle d’une petite sœur qui n’a jamais eu d’autre choix que de porter ses proches marqués par le décès d’un père qu’elle n’a pas eu la chance de connaître.

"The King of Staten Island" : Critique de la comédie de Judd Apatow avec Pete Davidson.

Mais les performances les plus mémorables sont celles de Marisa Tomei, qui incarne la mère de Scott, et Bill Burr. Ils sont tous deux exceptionnels en quadragénaires qui décident de donner une seconde chance à l’amour. Leurs échanges en toute franchise et sans mièvrerie donnent lieu à des passages romantiques irrésistibles, amenés avec simplicité et bénéficiant de l’authenticité apportée par leurs acteurs. Des comédiens au scénario, en passant par la mise en scène qui prend le temps de créer un vrai voyage sans décoller d’un borough aveuglé par les lueurs de Manhattan (à deux exceptions près), tout respire la sincérité et le cœur dans The King of Staten Island, nouveau grand film signé Judd Apatow.

 

The King of Staten Island de Judd Apatow, en salle le 22 juillet 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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