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The Laundromat : les Panama Papers expliqués par Steven Soderbergh

CRITIQUE / AVIS FILM – Après son récent « High Flying Bird », qui parlait des play-off dans l’univers de la NBA, sorti également sur Netflix, Steven Soderbergh revient dans l’univers de l’économie avec « The Laundromat ». Réunissant un casting imposant, le cinéaste entretien sa relation privilégiée avec la plateforme de streaming.

Steven Soderbergh décide de retracer l’événement des Panama Papers. En 2016, ce sont plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca qui fuitent sur internet. 214 000 sociétés offshores sont détaillées ainsi que les noms des actionnaires. Parmi eux se retrouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs, et une grande partie de l’élite de la nation. C’est un lanceur d’alerte anonyme qui a mis en lumière cette fraude fiscale à grande échelle. Steven Soderbergh décide de retracer l’histoire de ces événements sans précédent.

Une mise en scène ludique

Steven Soderbergh s’inspire parfois de son collègue Adam McKay et son génial The Big Short pour mettre en scène son propre film politique. Le cinéaste s’attarde sur des éléments économiques complexes difficiles à expliquer au commun des mortels. Comme son prédécesseur, Soderbergh choisit d’offrir de nombreux apartés pour mettre en scène son scénario. En fait, c’est toute sa mise en scène théâtralisée qui repose sur cette idée de simplification des éléments économiques présentés. Ainsi, il offre à son public une scène d’ouverture décalée et intelligente pour mettre en contexte clairement son histoire. Le film repose sur une mise en scène qui contextualise en permanence les théorisations économiques et juridiques abstraites. C’est dès cette introduction qu’apparaissent Gary Oldman et Antonio Banderas, qui campent Jürgen Mossack et Ramon Fonseca, les deux avocats au centre de ce scandale. Par le biais de cette mise en scène imagée, Soderbergh crée un long métrage parfaitement divertissant, permettant également d’expliquer cette escroquerie mondiale avec le plus de facilité possible. Grâce à ce schéma, The Laundromat est un film véritablement malin, qui met en lumière une injustice connue de tous, mais difficilement quantifiable et certainement intouchable.

The Laundromat : les Panama Papers expliqués par Steven Soderbergh

En parallèle il crée une seconde intrigue, celle des personnes humbles, représentées par Meryl Streep. Il se sert de l’actrice pour mettre en situation le citoyen désabusé, victime collatérale de ce système tronqué. Comme à son habitude, elle joue à la perfection. Son personnage permet de mettre en lumière la manière dont notre société abuse de nous. Elle crée l’empathie nécessaire pour garder l’attention du spectateur, et donner une crédibilité totale au long métrage. Bref, grâce à sa réalisation très pédagogique et son casting hallucinant qui se compose également de Jeffrey Wright, Sharon Stone, Robert Patrick, David Schwimmer, Matthias Schoenaerts et James Cromwell, Steven Soderbergh signe un film extrêmement fluide pour un sujet extrêmement flou.

Une injustice qu’il met clairement en avant

En offrant une opposition des points de vue entre les deux riches avocats et la victime collatérale du système, le cinéaste cherche à démontrer l’injustice qui domine notre société. Sans jamais tomber dans la moralisation gratuite, il met en exergue un système corrompu. Alors certes, il n’est pas le premier à faire cette démarche, le cinéma étant un vecteur politique, mais avec The Laundromat, il cherche à dévoiler l’ampleur de cette arnaque.

The Laundromat : les Panama Papers expliqués par Steven Soderbergh

Le cinéaste indique que ces agissements ne sont pas punis par la loi, qu’ils sont même légaux. Il met en avant la faiblesse de la législation américaine, composée d’énormes approximations et d’incertitudes. Enfin, il dénonce la différence de pouvoir et de richesse qui anime notre monde moderne. Bref, il fait l’étalage des dysfonctionnements de notre société avide et cupide. Il conclue son film en rappelant que Jürgen Mossack et Ramon Fonseca ne sont restés que trois mois en prison, et que le système est inchangé. Soderbergh, sans être fataliste, affirme que ce scandale n’a rien amélioré, et que le monde fonctionne toujours pareil. Reste un dernier plan, puissant, étendard d’un peuple qui suffoque, mais n’abdiquera jamais.

 

The Laundromat : L’Affaire des Panama Papers de Steven Soderbergh, sortie le 18 octobre sur Netflix. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Steven Soderbergh décide de retracer l'événement des Panama Papers. En 2016, ce sont plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca qui fuitent sur internet. 214 000 sociétés offshores sont détaillées ainsi que les noms des actionnaires. Parmi eux se retrouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs, et une grande partie de l'élite de la nation. C'est un lanceur d'alerte anonyme qui a mis en lumière cette fraude fiscale à grande échelle. Steven Soderbergh décide de retracer l'histoire de ces événements sans précédent. Une mise en scène ludique Steven Soderbergh s'inspire parfois de…

Conclusion

Note de la rédaction

Steven Soderbergh retrace le complexe scandale des Panama Papers avec énormément de fluidité. Un casting imposant, pour une mise en scène ludique et pédagogique.

Note spectateur : Sois le premier !
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