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The Lighthouse : carrément fou

Après « The Witch », Robert Eggers revient avec A24 et ressert son propos. « The Lighthouse » est un huis clos marin des plus réussis, qui nous fait tanguer, peu à peu, vers la folie la plus profonde, la plus abyssale. En salles le 18 décembre.

Si vous êtes venus voir The Lighthouse pour vous dorer la pilule, profiter un peu de l’air marin, vous vous êtes sûrement trompés de séance. Ici, le mauvais temps est presque une habitude. La pluie, lourde et salissante, polit peu à peu la roche, sur laquelle est accroché ce maudit phare. Nous sommes en 1890, sur une petite île (totalement) isolée de la Nouvelle-Angleterre… et on va y rester. Avec la tempête, difficile, en effet, d’en sortir. Vivants ou non, quelle différence, puisque ce lieu a déjà tout de ce qu’on nous a toujours décrit comme étant l’Enfer ?

C’est ici qu’échouent deux marins, un débutant : Ephraim Winslow (Robert Pattinson, sensationnel) et un requin d’eau douce, un loup de mer impitoyable accro à l’alcool, Thomas Wake (qui de mieux pour l’incarner que Willem Dafoe). Pour mettre en scène cette plongée profonde dans le mental de ses personnages, le cinéaste américain Robert Eggers simplifie la méthode de l’horreur : (presque) pas de jump scares, peu d’apparitions énigmatiques propres au genre – mais un sens aigu pour la mise en tension, l’étrange, le tout dans un format carré. Tout est resserré, personne ne peut y échapper.

the lighthouse
© Universal Pictures International France

N’écoutez pas les sirènes

Rien n’empêche Robert Eggers, pendant les 1h50 qui composent The Lighthouse, de nous mener en bateau (sans mauvais jeu de mot). Tout y est pour symboliser le manque, l’addiction menant à la dépravation humaine, qui ont ravagé tant et tant de « pirates » d’eau douce. Au cœur du phare, l’alcool frelaté imprègne les murs, la nourriture se fait de plus en plus rare. Il est donc évident que les deux seuls personnages du film commencent à tourner en rond, sombrent dans une névrose visqueuse, telle de l’eau goudronnée. Le genre de situations dont on ne peut pas sortir.

Eggers et le directeur de la photographie Jarin Blaschke s’éclatent ici, à rendre le décor de The Lighthouse de plus en plus asphyxiant. En utilisant le 35mm, le noir et blanc ainsi que la magie du naturel, le réalisateur convoque les terreurs qui jaillissent au plus profond de notre imagination – jusqu’à s’inspirer, le temps d’une scène impressionnante, de l’imagerie « lovecraftienne ». Et puis, avant tout, il y a ce choc titanesque entre deux acteurs, transformés par la solitude. Vibrant.

 

The Lighthouse, de Robert Eggers. Le 18 décembre au cinéma. La bande-annonce ci-dessus. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Si vous êtes venus voir The Lighthouse pour vous dorer la pilule, profiter un peu de l'air marin, vous vous êtes sûrement trompés de séance. Ici, le mauvais temps est presque une habitude. La pluie, lourde et salissante, polit peu à peu la roche, sur laquelle est accroché ce maudit phare. Nous sommes en 1890, sur une petite île (totalement) isolée de la Nouvelle-Angleterre... et on va y rester. Avec la tempête, difficile, en effet, d'en sortir. Vivants ou non, quelle différence, puisque ce lieu a déjà tout de ce qu'on nous a toujours décrit comme étant l'Enfer ? C'est…

Conclusion

Note de la rédaction

"The Lighthouse" est un choc sonore et visuel absolument captivant, qui a le mérite de ne jamais donner le mal de mer.

Note spectateur : Sois le premier !
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