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The Operative : Diane Kruger part en mission à Téhéran

CRITIQUE / AVIS FILM – Avec « The Operative », Diane Kruger revient sur le grand écran pour Yuval Adler, dans un film d’espionnage sobre, qui révèle le véritable quotidien d’une espionne infiltrée. Après « In The Fade », Kruger vire à nouveau vers un rôle puissant, et ça lui réussit.

Voilà deux ans qu’on attendait Diane Kruger de pied ferme dans un nouveau rôle fort, digne de succéder à sa prestation dans In the Fade. Remise de ce tournage intense et éprouvant, l’actrice allemande nous revient, dans un nouveau registre. Cette fois-ci, pour Yuval Adler, elle se fond dans la ville de Téhéran, en Iran, sous les traits de Rachel, une espionne du Mossad.

The Operative est l’un de ces films troublants qui commencent par le dernier chapitre. On est d’ailleurs à deux doigts de perdre le fil durant les vingt premières minutes. Difficile de saisir toutes les informations. Comme si le réalisateur nous emmenait à notre tour en mission. Thomas Hirsch (Martin Freeman), du Mossad, reçoit un appel de Rachel, une ancienne agente de l’organisation. Cela fait des mois qu’elle ne donne plus de nouvelles après être partie en Israël. On saisit avant même de découvrir Diane Kruger que son personnage est extrêmement complexe. Une femme aux mille et une facettes. Très vite, le film emmène dans les mois qui précèdent le coup de fil de Rachel. Cette femme, au visage quasi-inexpressif, se décrit comme ayant été adoptée, sans aucune racine à laquelle se rattacher. Jamais elle ne se sent véritablement chez elle. Voilà ce qui a plu au Mossad pour l’engager. D’abord pour de courtes missions et puis finalement sur une très longue, et de haute importance, à Téhéran en Iran.

La nouvelle mission de Rachel est la suivante : elle doit infiltrer une entreprise spécialisée dans l’électronique et soupçonnée de fabriquer des composants pour le nucléaire. Aux yeux de tous, elle est une professeure d’anglais venue enseigner sa langue aux élèves iraniens. C’est sa couverture. Au cours de sa mission, dans laquelle elle se montre particulièrement douée, Rachel finit par entrer en contact avec celui qui est à la tête de la firme en question et se rapproche chaque jour un peu plus de lui, jusqu’à devenir intime. Le film vire alors au drame psychologique. Rachel, femme troublante qui semblait gérer sa double identité à la perfection, montre ce à quoi se résume le quotidien d’un espion. Mentir, garder des secrets et la tête froide, ne jamais perdre de vue l’objectif d’une mission et surtout, ne jamais se laisser submerger par ses émotions.

Pas le glamour d’une James Bond Girl

Diane Kruger se montre aussi bluffante que dans Sky de Fabienne Berthaud, où son personnage cherchait déjà la liberté. Dans The Operative, elle est incontrôlable et imprévisible. Au fil des mois, on ressent la pression et un suspens quasi-désagréable. On ne peut s’empêcher de se mettre à la place de cette espionne qui reste une femme face à des comportements misogynes. De plus, ce qui est intéressant, c’est d’avoir voulu choisir Kruger, au visage pur et innocent, dans un rôle froid, sans émotions, comme celui d’agent. C’est presque mettre de la porcelaine dans une arène. À un moment, elle se brise, et c’est là qu’il y a quelque chose à creuser. Tout comme la mission de Rachel, qui lui fait explorer ses limites et ses fissures. Plus cette mission avance, plus Rachel devient vulnérable, et cherche à faire à nouveau partie du commun des mortels. Kruger se fond totalement dans son personnage et on y croit.

Sans le glamour d’une James Bond Girl et une vie de luxe remplie de privilèges, le quotidien de cette espionne est presque sinistre, bien qu’elle fasse son possible pour y apporter un peu de piment et du bonheur. Le réalisateur propose une mise en scène simple, sobre, sans le moindre cliché. Et Dieu sait qu’il en a évité toute une liste. Mais toute cette simplicité peut parfois amener à de longs plans inutiles, qui font plus s’ennuyer que respirer. Ce qui est bien dommage, puisqu’en contre partie, les scènes fortes du film sont elles très réussies.

 

The Operative de Yuval Adler, en salles le 24 juillet 2019Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Voilà deux ans qu'on attendait Diane Kruger de pied ferme dans un nouveau rôle fort, digne de succéder à sa prestation dans In the Fade. Remise de ce tournage intense et éprouvant, l'actrice allemande nous revient, dans un nouveau registre. Cette fois-ci, pour Yuval Adler, elle se fond dans la ville de Téhéran, en Iran, sous les traits de Rachel, une espionne du Mossad. The Operative est l'un de ces films troublants qui commencent par le dernier chapitre. On est d'ailleurs à deux doigts de perdre le fil durant les vingt premières minutes. Difficile de saisir toutes les informations. Comme si le…

Conclusion

Note de la rédaction

Après "In the Fade", Diane Kruger convainc dans le rôle de Rachel, espionne infiltrée pour le Mossad et met de côté l'image lisse de ses débuts. On regrette peut-être la mise en scène qui amène parfois à de longs passages presque ennuyeux, qui auraient pu être plus pimentés.

Note spectateur : Sois le premier !
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