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The Wife : Glenn Close vole de ses propres ailes

CRITIQUE FILM – Pour son cinquième long-métrage, Björn Runge raconte l’histoire touchante et bouleversante d’un couple en déclin. Si, Gleen Close y est remarquable, le film souffre de nombreuses faiblesses qui en font un long-métrage sans saveur.

Il lui aura fallu une septième nomination pour être grande favorite aux Oscars. Après Liaison Fatale ou encore Les Liaisons dangereuses, qui aura fait d’elle la grande actrice qu’elle est, Glenn Close offre une nouvelle performance digne des statuettes dorées. Pourtant, le chemin fut long pour incarner Joan Castleman, femme d’un écrivain à succès dont la vie n’est valable qu’à travers son mari.  Le long-métrage a pris son temps pour être mis en scène, quatorze longues années pour que l’on voit sur grand écran cette histoire déchirante, d’un couple qui se brise, littéralement, devant nos yeux. Si le fait qu’il ait pris tant d’années à être produit est révélateur d’une industrie essoufflée, on ne peut, au moins, qu’être ravi, pour le film, qu’il soit en salles dans un tel contexte. Car s’il raconte, principalement, l’histoire mourante d’une passion révolue entre deux êtres, il fait de son héroïne principale, une femme qui arrive à s’émanciper d’un mari imposant et lâche.

Si le long-métrage de Björn Runge porte le nom de The Wife ce n’est pas un hasard. Car si le film est en effet axé sur l’histoire de ce couple, il aborde la vision de celle qui y révèle les fêlures et y met doucement un terme. Cette héroïne, dans l’ombre de son mari, qui porte sur les épaules de sa vie cet unique titre, celui d’être « la femme de », qui n’a pu se construire qu’à travers lui, contrainte de s’effacer pour mettre en lumière celui qui doit être récompensé d’un Prix Nobel, va s’émanciper devant nos yeux. Paradoxalement, ce couple qui va se déchirer devant nous, va ouvrir la porte à l’émancipation du personnage féminin. Une idée, en soi, très intelligente et réaliste mais qui malheureusement est parfois traitée avec maladresse, laissant le spectateur perplexe. Un peu à la manière dont on pouvait juger les divorces conjugaux, quand la « pratique » s’est répandu. Les femmes qui s’émancipaient, parfois après de longues années dans un silence assourdissant, étaient moralement jugées pour avoir détruit leur couple.

Le début de la fin, la fin du début

Le long-métrage repose énormément sur la tension et c’est cette dernière qui va être, avec Glenn Close, le point fort de l’oeuvre. Car, si dès le départ, elle est palpable et, de manière assez prévisible, sans issue, elle reste parfaitement cohérente. Comme une cocote minute sur le feu, cette tension au sein d’un couple à l’éducation distinguée est encore plus glaciale car elle reste silencieuse et bien trop courtoise. Tout est apparence et façade et c’est sans aucune doute ce qui en fait une corde importante du long-métrage qui, concernant le reste, se repose sur des ficelles scénaristiques bien trop épaisses et grossières pour être remarquable.

Si la mise en scène et la photographie sont correctes sans pour autant être véritablement admirables, la bande-originale est quant à elle, un véritable atout. Signée par Jocelyn Pook, que l’on connait notamment pour son morceau Masket Ball, utilisé dans le film de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut, elle relève l’insipidité que l’on peut trouver à l’image. Sans ce grain de sel, qui relève le tout, le long-métrage est loin de conquérir, coincé entre les pièges qu’il a lui-même construits, comme les personnages secondaires dont les arcs narratifs sont limités ou les différents flashbacks qui, en plus de casser un rythme déjà très lent, accentuent une certaine lourdeur au récit, comme si, les spectateurs n’étaient pas assez avertis pour comprendre.

Scénarisé par Jane Anderson, à qui l’on doit la mini-série Olive Kitteridge, le film manque de saveur, et l’on comprend aisément pourquoi, bien que son actrice principale obtient, pour ce rôle, tous les prix dans sa catégorie dans les plus prestigieuses cérémonies, il reste sur le bord de la route. Un bien malheureux constat contenu des sujets qu’il aborde et qui, aurait pu être, sans aucun doute, une belle réussite.

 

The Wife de Björn Runge, disponible en e-cinéma via TF1 Studio le 24 janvier 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Il lui aura fallu une septième nomination pour être grande favorite aux Oscars. Après Liaison Fatale ou encore Les Liaisons dangereuses, qui aura fait d'elle la grande actrice qu'elle est, Glenn Close offre une nouvelle performance digne des statuettes dorées. Pourtant, le chemin fut long pour incarner Joan Castleman, femme d'un écrivain à succès dont la vie n'est valable qu'à travers son mari.  Le long-métrage a pris son temps pour être mis en scène, quatorze longues années pour que l'on voit sur grand écran cette histoire déchirante, d'un couple qui se brise, littéralement, devant nos yeux. Si le fait qu'il…

Conclusion

Note de la rédaction

Même si Glenn Close est remarquable, le film souffre d'une faiblesse narrative et scénaristique, le tout couvert d'une réalisation fade.

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