The Woman King : un séduisant mélange de cinéma intimiste et de production grand public

La belle surprise

The Woman King : un séduisant mélange de cinéma intimiste et de production grand public

CRITIQUE / AVIS FILM - Après avoir joué les patronnes de la Suicide Squad, Viola Davis est de retour dans « The Woman King », un film historique musclé et passionnant sur l’extraordinaire histoire des Agojie, une unité de guerrières qui protège le royaume de Dahomey au XIXème siècle en Afrique de l’Ouest.

The Woman King : une aventure humaine dans un divertissement hollywoodien

Aussi appelées les Mino ou les Amazones du Dahomey, les Agojie sont un ancien régiment militaire entièrement composé de femmes. Ces guerrières, qui supportaient les différents rois du Dahomey (l’actuel Bénin), jusqu’à la fin du XIXème siècle, ont été une forte source d’inspiration pour les Dora Milaje de Black Panther. La réalisatrice Gina Prince-Bythewood, à qui l’on doit notamment Le Secret de Lily Owens et le décevant The Old Guard, s’est emparée de cette histoire passionnante pour livrer The Woman King.

La première chose qui frappe dans cette œuvre, c’est sa capacité à mélanger une approche intimiste, à échelle humaine, et à proposer un divertissement hollywoodien de grande ampleur. Parce que, avant toute chose, The Woman King est une histoire de femmes.

Nanisca (Viola Davis) - The Woman King
Nanisca (Viola Davis) - The Woman King ©Sony Pictures

C’est le récit de Nanisca, campée par Viola Davis, mais aussi de ses Agojie. Que ce soit Nawi (Thuseo Mbedu), Izogie (Lashana Lynch) ou Amenza (Sheila Atim), elles brillent toutes d’une verve, d’une force et d’une aura qu’on ne croise pas tous les jours. Un constat évident, tant l’écriture des personnages traduit un message puissant de force et d’émancipation, et que l’interprétation des comédiennes frise la perfection.

Mais The Woman King, c’est aussi un film grand public, un blockbuster solide et musclé. Gina Prince-Bythewood reprend les poncifs du genre : une chute, une résurrection, un entraînement, et l’atteinte d’un sommet de perfection et de courage. Un schéma presque emprunté au genre du super-héros mais qui se marie parfaitement avec cette histoire méconnue.

Un film à Oscars, au moins pour ses interprètes

The Woman King offre donc la quête d’une héroïne à la recherche d’elle-même, d’un but, voire d’un sens à sa vie. Également film de guerre par excellence, le long-métrage propose des séquences d’action saisissantes. Et c’est cette fusion entre cinéma d’auteur et grosse machine hollywoodienne qui donne toute sa saveur au film. Le message d’émancipation féminine est extrêmement moderne et touche toujours juste, sans jamais tomber dans une moralisation forcée de notre société contemporaine.

C’est fait avec une certaine forme de tact, sans que ce soit grossièrement politisé. Ses thématiques féminines font sens avec le décor et le récit des Agojie. Un message qui s’entrelace parfaitement avec des revendications raciales - très modernes elles aussi.

King Ghezo (John Boyega) - The Woman King
King Ghezo (John Boyega) - The Woman King ©Sony Pictures

Le long-métrage parle de la condition de la femme, certes, mais également de la condition des noirs au sein d’une société toujours aussi raciste. Mais la plus grande force de l'œuvre, ce sont les interprétations de Viola Davis et de Thuseo Mbedu. Cela faisait longtemps que Viola Davis n’avait pas eu un rôle à la hauteur de son talent. Cependant, celle qui crève réellement l’écran, c’est bien la superbe Thuseo Mbedu, impressionnante de force dans le rôle de Nawi.

Au vu du sujet du film, des thématiques abordées et de la prestation des comédiennes, The Woman King pourrait aisément multiplier les nominations aux prochains Oscars. Et ce serait entièrement mérité tant le film a la volonté de mettre en lumière un pan obscur et ignoré, pourtant primordial dans l’Histoire.

The Woman King de Gina Prince-Bythewood, en salles le 28 septembre 2022. Ci dessus la bande-annonce du film. Retrouvez ici toutes nos bandes annonces. 

 

 

 

 

 

 

 

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