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Trois jours et une vie : un polar noir et poignant signé Nicolas Boukhrief

AVIS / CRITIQUE FILM – Adaptation du roman de Pierre Lemaitre, qui officie ici en tant que scénariste, « Trois jours et une vie » est un polar dans la lignée de ceux de Georges Simenon. En prenant le point de vue d’un enfant puis d’un homme ayant commis l’irréparable, ce film porté par des comédiens remarquables évoque aussi bien la perte d’innocence brutale qu’une vie rongée par la culpabilité.

Pour l’adaptation de son roman Trois jours et une vie, l’écrivain Pierre Lemaitre a lui-même sollicité le cinéaste Nicolas Boukhrief. Un choix plus que judicieux, tant le réalisateur du Convoyeur et de Made in France est capable de développer des personnages sur la corde raide et hantés par leur passé, comme c’est le cas dans ce thriller.

Tout commence durant les fêtes de Noël en 1999 à Olloy, dans les Ardennes belges. Sur la place du village, gendarmes et habitants sont réunis et s’apprêtent à entamer une battue pour tenter de retrouver un petit garçon disparu. Antoine, ami et voisin de ce dernier, sait ce qu’il s’est passé mais cache la vérité. Les recherches sont rapidement interrompues par les violentes tempêtes qui touchent l’Europe cette année-là. Quinze ans plus tard, le corps de l’enfant est retrouvé…

L’intensité dramatique au profit du suspense

Alors que la scène d’introduction laisse présager un long-métrage centré sur l’enquête et les recherches, les causes du drame sont dévoilées quelques minutes plus tard. Au lieu de traiter leur sujet à la manière d’un thriller linéaire rythmé par les indices semés autour de la vérité, Nicolas Boukhrief et les scénaristes Pierre Lemaitre et Perrine Margaine se focalisent sur le point de vue d’Antoine.

Le jeune garçon garde d’emblée le secret autour de l’accident dramatique duquel il est à l’origine. Tandis que la communauté villageoise, et notamment la mère d’Antoine interprétée par Sandrine Bonnaire, est ébranlée par la disparition, l’enfant est quant à lui confronté, simultanément et de manière extrêmement violente, à la culpabilité et l’instinct de conservation. C’est autour de ces émotions que s’articule la tension de Trois jours et une vie, ce qui fait sa singularité et le rend surtout passionnant.

Trois jours et une vie : critique du film de Nicolas Boukhrief

Alors que les pulsions morbides d’Antoine grandissent, le secret qu’il cherche à enfouir est brutalement préservé par « la tempête du siècle » qui s’abat sur Olloy. La séquence de l’orage, superbement mise en scène, évoque un cauchemar fait par l’enfant. Au réveil, ce mauvais rêve bien réel s’avère finalement libérateur pour le jeune garçon.

Un questionnement moral brillamment amené

Les attentes du spectateur sont alors bousculées. En laissant leur récit en suspens et en ayant recours à l’ellipse, le réalisateur et les scénaristes soulèvent des interrogations sur l’innocence, la nécessité de la vérité et les retombées d’une enquête irrésolue.

Des doutes renforcés par la prestation de Pablo Pauly, la révélation de Patients qui interprète ici Antoine adulte. Son détachement apparent souligne à merveille l’ambiguïté du personnage, distant vis-à-vis de son passé et capable de faire parfaitement illusion au sein de son ancienne communauté. La grande qualité de Trois jours et une vie est de ne jamais fournir de réponse au questionnement moral provoqué par les péripéties, tout en donnant assez d’éléments au spectateur pour qu’il puisse en tirer les conclusions qu’il veut.

Trois jours et une vie : critique du film de Nicolas Boukhrief

Cela passe notamment par le fait de ne laisser aucune apparition des personnages secondaires au hasard. Tous sont suffisamment développés, et le film laisse entrevoir avec subtilité leur point de vue sur le drame, à commencer par ceux du père de la victime joué par Charles Berling, du médecin du village interprété par Philippe Torreton et de la mère d’Antoine. Dans les dernières minutes du long-métrage, un regard ou un court dialogue suffisent pour capter leurs émotions.

Cette finesse d’écriture et cette attention accordée aux détails, associée à la mise en scène évocatrice de Nicolas Boukhrief, font de Trois jours et une vie un drame complexe et captivant, ponctué par une scène finale particulièrement émouvante.

 

Trois jours et une vie de Nicolas Boukhrief, en salle le 18 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Pour l’adaptation de son roman Trois jours et une vie, l’écrivain Pierre Lemaitre a lui-même sollicité le cinéaste Nicolas Boukhrief. Un choix plus que judicieux, tant le réalisateur du Convoyeur et de Made in France est capable de développer des personnages sur la corde raide et hantés par leur passé, comme c’est le cas dans ce thriller. Tout commence durant les fêtes de Noël en 1999 à Olloy, dans les Ardennes belges. Sur la place du village, gendarmes et habitants sont réunis et s’apprêtent à entamer une battue pour tenter de retrouver un petit garçon disparu. Antoine, ami et voisin de…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

« Trois jours et une vie » est un polar captivant, qui s’écarte intelligemment du traditionnel suspense pour mieux se focaliser sur ses personnages remarquablement interprétés.

Note spectateur : 2.04 ( 4 notes)
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