Un homme en colère : retrouvailles vengeresses pour Jason Statham et Guy Ritchie

Un homme en colère : retrouvailles vengeresses pour Jason Statham et Guy Ritchie

CRITIQUE / AVIS FILM - Avec "Un homme en colère" Jason Statham et Guy Ritchie délaissent Londres pour Los Angeles. Des retrouvailles pour une vengeance qui porte bien son titre…

Un homme en colère : Jason Statham a "un compte à régler"

Après leurs débuts ensemble sur Arnaques, crimes et botanique, puis Snatch et Revolver, Guy Ritchie et Jason Statham refont enfin équipe sur Un homme en colère. Entre-temps, le réalisateur s’est aventuré sur le terrain des blockbusters avec Sherlock Holmes, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur et Aladdin. Il n’a cependant pas renoncé au polar cockney, son genre de prédilection, qu’il a continué d’explorer avec RockNRolla et le récent The Gentlemen.

Le second a quant à lui consolidé son statut dans le cinéma d’action, s’imposant notamment comme un héritier de Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger et consorts en tournant à leurs côtés dans la trilogie Expendables. D’Hyper Tension à Mechanic : Résurrection, en passant par Blitz et Homefront, le comédien a par ailleurs joué les justiciers dans de nombreuses séries B "stathamiennes". Il peut aussi se targuer d’avoir rejoint la grande "famille" de la franchise Fast & Furious.

Un homme en colère
Un homme en colère © Metropolitan Filmexport

Guy Ritchie a semble-t-il suivi de près l’évolution de la carrière de son acolyte. Avec Un homme en colère, qui adopte un ton bien différent de son modèle Le Convoyeur, le cinéaste britannique offre à son vieux partenaire un rôle taillé pour lui, à l’instar des costumes sur mesure qu’il arbore. Jason Statham incarne H, un individu énigmatique et monolithique qui intègre une compagnie de transports de fonds. Son collègue "Bullet" (Holt McCallany) le prévient d’emblée : l’entreprise a été victime de braquages meurtriers au cours des derniers mois. Mais pas de quoi effrayer H.

Son efficacité et sa précision sèment rapidement la confusion au sein de son équipe. Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Et pourquoi des voleurs expérimentés détalent en le reconnaissant ? La seule chose certaine, c’est que H a "un compte à régler".

Les professionnels

L’impression qui revient tout au long d’Un homme en colère est que Guy Ritchie et Jason Statham avancent en terrain conquis. Pourtant, la première scène qui ne quitte pas l’intérieur d’un fourgon laisse un sentiment de frustration. Ce dernier s'effacera par la suite lorsqu'elle sera montrée à travers un autre point de vue. Le réalisateur s’amuse d'abord à respecter un cahier des charges consensuel, en faisant croire qu’il est en pilote automatique. Répliques machistes, rencontres testostéronées… Tout y passe et les froncements de sourcils de Jason Statham se fondent à merveille dans ces passages obligés.

Conscient de l’image qu’il dégage, l'acteur fait ce qu’il sait faire de mieux et avec brio : rouler des mécaniques avec un air à peine concerné, ce qui fait évidemment sourire le spectateur. Pendant toute l’exposition scindée en plusieurs chapitres, les artères de Los Angeles renforcent la monotonie volontaire et les répétitions du récit. H les brise soudainement avec des exécutions orchestrées sans transpirer, sous le regard médusé de Josh Hartnett, impeccable en vantard extrêmement trouillard.

Un homme en colère
Un homme en colère © Metropolitan Filmexport

Et au moment où ce petit jeu s’apprête à tourner à vide, Guy Ritchie l’interrompt. Il s’écarte alors du Convoyeur en révélant les intentions de son héros et rappelle que ses personnages préférés restent les crapules bourrées d’attitude, qui prennent soin de se salir les mains sans se tâcher. Moins bavards et guignolesques que les figures londoniennes du cinéaste, les gangsters d’Un homme en colère sont ici au service d’une intrigue prévisible, mais déroulée de manière imparable.

Un film dénué de surprise ?

Série B profondément agréable et consciente de ses propres limites, Un homme en colère évoque les récents Triple 9 et Criminal Squad. Comme ses prédécesseurs, le long-métrage accorde autant d’importance à son héros qu’aux antagonistes. Avant d’offrir au spectateur un ultime baroud réussi, Guy Ritchie met H en retrait pour se focaliser sur des personnages secondaires qui auraient pu être réduits qu’à des méchants basiques, dont la simple fonctionnalité est de vider des chargeurs.

Mais le film prend le temps d’humaniser ces hommes interprétés notamment par Jeffrey Donovan, Laz Alonso et Scott Eastwood. Avec ces soldats laissés-pour-compte, le réalisateur développe un concours de circonstances qui vire au règlement de comptes sanglant. Dommage que ce spectacle bourrin se termine sur un final un poil convenu. Une conclusion qui altère à peine le plaisir éprouvé devant cette vengeance méthodique, moins cérébrale et austère que Le Convoyeur mais plus saignante.

 

Un homme en colère de Guy Ritchie, en salle le 16 juin 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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