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Un homme pressé : une belle leçon de vie

CRITIQUE FILM – « Un homme pressé » donne à voir la transformation un peu trop radicale d’un homme de pouvoir amoindri par un AVC, qui parvient à se reconstruire et à se donner une nouvelle chance.

Le réalisateur Hervé Mimran, qu’on connaît pour ses comédies dont les héroïnes sont des jeunes femmes (Tout ce qui brille), s’attaque ici à une histoire vraie. Il s’est inspiré du livre J’étais un homme pressé, écrit par le grand patron automobile Christian Streiff. Un homme pressé c’est donc l’histoire d’une renaissance. Alain, directeur général dans une grosse boite automobile, est freiné dans sa trépidante ascension par un accident vasculaire cérébral. Le fameux AVC, qui frappe parfois celles et ceux qui ont de l’hypertension ou qui n’ont pas une bonne hygiène de vie. Ce manque d’oxygène vers le cerveau a des séquelles motrices le plus souvent irréversibles. Dans son malheur, Alain n’a heureusement que les zones du langage et de la mémoire touchées.


Tel est le premier paradoxe dans lequel nous plonge le réalisateur. Il montre cet homme de pouvoir toujours en mouvement, peu attentif aux autres, ne disant jamais merci et qui a l’habitude de se voir obéir dès qu’il ouvre la bouche. Veuf et flanqué d’une fille étudiante à Sciences Po qui prend le peu de place que lui laisse son père, il passe sa vie à travailler. Mais suite à son AVC, Alain se retrouve dépendant des autres et privé de ce qui faisait sa singularité : sa parole et sa capacité à briller par ses discours et ses idées.

Car désormais il bafouille, se lance dans des phrases dont le sens échappe à son entourage. Il inverse les lettres, mélange allègrement les syllabes et le sens des mots, donnant lieu à des scènes très drôles, malgré la redondance du procédé. Le réalisateur et sa co-scénariste Hélène Fillières (Volontaire) s’en sont visiblement donnés à cœur joie pour faire rire le public, y compris dans le générique de fin.

Le difficile retour à la vie après un AVC

Certains se moquent d’Alain, comme sa domestique, quand d’autres n’y prêtent pas attention, comme ses employés, qui viennent installer son bureau à son domicile. Alain, c’est Fabrice Luchini, dont on a quand même un peu de mal à croire au portrait autoritaire et peu aimable, même s’il offre à son personnage de la sobriété sous sa verve naturelle. C’est surtout dans son rôle de convalescent qu’il excelle, avec son œil pétillant de curiosité.

Un homme pressé, c’est aussi la rencontre d’Alain avec deux membres du personnel médical, qui vont l’aider à accepter sa nouvelle vie. D’abord avec Jeanne (Leïla Bekhti), son orthophoniste qu’il appelle sa psychopathe, professionnelle sérieuse, et ensuite avec Vincent (Igor Gotesman), l’infirmier blagueur qui dédramatise toute situation.

Jeanne va devenir la béquille d’Alain, celle qui lui réapprend les mots, et lui donne les trucs pour se retrouver dans le dédale des associations d’idées. Celle qui lui redonne confiance. Ensemble ils réussissent d’ailleurs un beau défi de présentation devant un public, qui n’aura pourtant pas les effets escomptés. Car Alain va être, tout comme celui qui a inspiré le scénario, viré de sa boite manu militari alors qu’il est en pleine reconstruction. Et cette troisième partie, qui tourne un peu en rond, offre un second paradoxe au spectateur. Celui de montrer Alain, cet homme qui s’épanouissait dans son travail, découvre la chute professionnelle le chômage, l’oisiveté, mais surtout le temps de se soigner, de vivre et de promener son chien fidèle. Il apprend à se reconnecter avec lui-même, avec sa fille et avec autrui.

On se demande pourtant si Hervé Mimran n’a pas un peu trop chargé la barque de scènes dramatiques en brossant le portrait d’un homme devenu aussi généreux et altruiste grâce à son AVC. Ainsi était-ce besoin d’aller vers la facilité du feel good movie et d’en rajouter avec le problème personnel de Jeanne, qui n’apporte pas grand-chose au propos du film ? Que l’on soit un homme de pouvoir ou pas, et même si on est peu de choses face à un tel accident de la vie, on ne ressort pas transformé à ce point et on ne change pas du tout au tout. Un homme pressé fait cependant passer un agréable moment et reste une belle leçon de vie pour le spectateur, qui verra peut-être une chance de s’interroger sur son propre rythme de vie et de changer son regard sur le monde… sans attendre de faire un AVC !

 

Un homme pressé de Hervé Mimran, en salles le 7 novembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Le réalisateur Hervé Mimran, qu’on connaît pour ses comédies dont les héroïnes sont des jeunes femmes (Tout ce qui brille), s’attaque ici à une histoire vraie. Il s’est inspiré du livre J’étais un homme pressé, écrit par le grand patron automobile Christian Streiff. Un homme pressé c’est donc l’histoire d’une renaissance. Alain, directeur général dans une grosse boite automobile, est freiné dans sa trépidante ascension par un accident vasculaire cérébral. Le fameux AVC, qui frappe parfois celles et ceux qui ont de l’hypertension ou qui n’ont pas une bonne hygiène de vie. Ce manque d’oxygène vers le cerveau a des…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Quand on a deuxième chance dans sa vie après un AVC, il ne faut surtout pas la gâcher !

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