Un tour chez ma fille : Josiane Balasko, reine des squatteuses

Un tour chez ma fille : Josiane Balasko, reine des squatteuses

CRITIQUE / AVIS FILM - Après "Retour chez ma mère", Josiane Balasko, Mathilde Seigner et Jérôme Commandeur se retrouvent dans "Un tour chez ma fille". Une suite plus réussie que le premier volet ?

Un tour chez ma fille : les rôles s’inversent

Quatre ans après le succès de Retour chez ma mère, qui avait réuni près de 2,2 millions de spectateurs au cinéma, Josiane Balasko reprend le rôle de Jacqueline Mazerin. Et cette fois-ci, c’est elle qui s’invite de manière imprévue dans Un tour chez ma fille.

Tandis que sa fille Stéphanie (Alexandra Lamy) s’est installée au Brésil pour son travail, Jacqueline voit sa romance avec Jean (Didier Flamand) battre de l’aile. De plus, la rénovation de son appartement traîne en longueur. Une situation fâcheuse qui la pousse à demander à ses deux autres enfants, Carole (Mathilde Seigner) et Nicolas (Philippe Lefebvre), de l’héberger.

Un tour chez ma fille
Un tour chez ma fille ©Pathé

Son frère étant en plein divorce, Carole accepte, alors qu’elle essaie de reconstruire son couple avec Alain (Jérôme Commandeur). Censée ne rester que deux ou trois jours, Jacqueline prend très vite ses marques et n’hésite pas à s’éterniser…

Une suite supérieure au premier volet

Prévisible de bout en bout, enchaînant les répétitions un brin fatigantes (le gag de l’ouvrier fainéant qui passe son temps à roupiller chez Jacqueline est légèrement poussif), reprenant des situations comiques éculées (les gémissements derrière une porte qui laissent penser à des ébats enflammés alors qu’il n’en est rien), Un tour chez ma fille est une énième comédie consensuelle.

L’utilité d’offrir une suite à Retour chez ma mère laisse sceptique tant le long-métrage s’avère anecdotique dans la carrière de ses interprètes, malgré son joli succès. Néanmoins, le film s’avère supérieur à son prédécesseur par bien des points. Le premier est le fait de ne pas coincer le spectateur dans l’appartement de Jacqueline. Dans le précédent opus, celui-ci finissait par devenir suffoquant à cause des rappels permanents sur une manie de remonter le chauffage.

Un tour chez ma fille
Un tour chez ma fille ©Pathé

La deuxième est de ressentir enfin la complicité entre les membres d’une famille qui passe son temps à s’envoyer des remarques vachardes. Dans le premier volet, Carole et Nicolas n’apparaissent que le temps d’un repas et dans la conclusion expédiée. Ils ne sont réduits qu’à un trait de caractère : l’irascibilité pour la première et le matérialisme pour le second. En éclipsant le personnage d’Alexandra Lamy, le réalisateur Eric Lavaine (Incognito, Barbecue) et son coscénariste Héctor Cabello Reyes leur donnent ici plus de nuances et les rend ainsi nettement plus sympathiques.

Josiane Balasko en grande forme

Mais la réelle surprise d'Un tour chez ma fille vient de Josiane Balasko et Jérôme Commandeur. Eric Lavaine parvient à tirer davantage profit de leur potentiel comique. Il aime par exemple s’attarder sur le visage de l’humoriste, beaucoup moins en retrait que dans le précédent film. L’acteur enchaîne les mimiques exagérément concernées, dans la lignée de celles de Franck Dubosc dans Incognito.

Quant à Josiane Balasko, elle semble prendre encore plus de plaisir à forcer le trait. Son rôle de mère envahissante ne lui va jamais aussi bien que lorsqu’elle le surjoue. Maîtrisant à merveille l’art du quiproquo, associé à sa spontanéité à toute épreuve, la comédienne rend son personnage attachant. Elle demeure évidemment la principale raison du déplacement.

 

Retour chez ma mère d’Eric Lavaine, en salle le 16 juin 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

Voir aussi

Astérix et Obélix : L'Empire de la Honte

Astérix et Obélix : L'Empire de la Honte

CRITIQUE / AVIS FILM - Malheureusement, l'accident industriel craint avec "Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu" est bien arrivé. Cet accident prend la forme d'un cauchemar où rien n'est réussi, et où ses auteurs ont choisi pour tenter de rassembler le public un humour grossier ainsi qu'un défilé paresseux et insensé de "stars". On relève néanmoins un tour de magie intéressant : faire disparaître 65 millions d'euros en un claquement de doigts.