Venom Let There Be Carnage : une suite qui n'a rien appris

Venom Let There Be Carnage : une suite qui n'a rien appris

CRITIQUE / AVIS FILM - « Venom : Let There Be Carnage » fait suite au premier opus porté, déjà à l'époque, par Tom Hardy, mais avec cette fois Andy Serkis à la réalisation pour un résultat loin d'être convaincant.

Venom 2 : même recette, ou presque, que le précédent

En 2018, Sony Pictures décide de produire un spin-off de la saga Spider-Man centré sur Venom. Le studio confie la réalisation du film à Ruben Fleischer, surtout connu pour ses deux agréables Bienvenue à Zombieland. Tom Hardy, qui voulait porter ce personnage à l'écran depuis un certain temps, endosse le rôle d'Eddie Brock, alias Venom. Le reste de la distribution se compose de Michelle Williams et de Riz Ahmed en grand méchant. Si Venom reçoit des critiques terriblement mauvaises de la part de la presse professionnelle, il séduit une partie du public pour son côté comique et série B « je-m'en-foutiste ». Au box-office, le film rapporte tout de même plus de 856 millions de dollars de recettes (pour un budget de 100 millions). Un score qui pousse Sony à produire une suite.

Eddie Brock (Tom Hardy) - Venom : Let There Be Carnage
Eddie Brock (Tom Hardy) - Venom : Let There Be Carnage ©Sony Pictures

Mais face aux mauvaises critiques, le studio décide de se séparer de Ruben Fleischer et le remplace par Andy Serkis, qui a récemment mis en scène l'étonnant Mowgli. Malheureusement, ce changement de réalisateur n'apporte rien de nouveau, ni de bénéfique à la franchise. Venom : Let There Be Carnage est bien trop similaire à son grand frère. Sony prend la décision de servir la même recette périmée d'un film de super-héros qui a 15 ans de retard sur son temps. C'est simple, Sony n'a simplement pas compris comment adapter Venom sur grand écran. Cet antagoniste culte des comics Spider-Man est un super-vilain noir, sombre, silencieux et extrêmement violent. Et même quand il évolue en anti-héros plus mesuré, il garde sensiblement ce même caractère froid et brutale.

Un traitement illogique du personnage

Comme dans le premier film, Sony décide d'opter pour une approche comique malvenue. Venom : Let There Be Carnage est un teen movie gras, où Venom est écrit comme un sous-Deadpool bavard et inintéressant. Voix off insupportable, caricaturale et omniprésente, Venom passe son temps à faire des blagues douteuses et à se conduire comme un adolescent prépubère agaçant. Le traitement ridicule du personnage est encore pire que lors du premier opus. Andy Serkis pousse tous les curseurs de ce qui n'allait pas dans le précédent volet à son maximum. En ressort alors un blockbuster boursouflé, en roue libre totale, où rien ne va, que ce soit les CGI ignobles, l'interprétation poussive de Woody Harrelson en Carnage, ou l'absence totale de mise en scène d'Andy Serkis.

Eddie Brock (Tom Hardy) - Venom : Let There Be Carnage
Eddie Brock (Tom Hardy) - Venom : Let There Be Carnage ©Sony Pictures

Sony a une fois de plus fait l’impasse sur un classement R, laissant Venom : Let There Be Carnage avec une gentille interdiction en PG-13. La violence inhérente au personnage est donc malheureusement édulcorée. Ce qui est un point assez embêtant quand on veut adapter Venom sur grand écran. De même, voulait-on vraiment voir Venom quémander du chocolat, chasser des poules pour se nourrir, jouer les psychiatres d'un héros brisé, ou encore aller à une fête d'Halloween pour faire un discours bien pensant sur les discriminations raciales ? Quintessence du non-sens et d'une bienveillance vomitive pour un film qui n'a rien compris de sa substance d'origine.

Le pire film de super-héros depuis Les 4 Fantastiques

Mais l'échec de Venom : Let There Be Carnage ne se résume pas à un simple mauvais traitement du protagoniste. La mise en scène de ce deuxième opus n'apporte rien de supplémentaire par rapport au premier film. Ce qui prouve le talent que possède Hollywood pour pomper toute personnalité de leurs réalisateurs. L'action est totalement illisible et rappelle les films de super-héros du milieu des années 2000 : Elektra, Daredevil ou encore Les 4 Fantastiques de Tim Story.

Woody Harrelson offre de son côté l'une des pires prestations de sa carrière dans la peau de Carnage. Fort en cabotinage, l'écriture de son personnage ne l'aide pas vraiment. Carnage n'a pas de profondeur, aucune épaisseur. Un antagoniste vide, simplement là pour servir un scénario d'une simplicité déconcertante, et un climax final attendu pour opposer le héros et sa Némésis. Shriek apporte encore moins au récit, et Naomie Harris aurait dû rester du côté de James Bond qui lui offrait une meilleure visibilité.

Carnage - Venom : Let There Be Carnage
Carnage - Venom : Let There Be Carnage ©Sony Pictures

Venom 2 accumule ainsi les mauvaises pirouettes. Le film propose des dialogues insipides qui tournent autour de problèmes amoureux (même chez les méchants), et autour de la popularité d'Eddie Brock. Même Tom Hardy semble détaché du projet et de son interprétation, et ne cherche pas spécialement à faire bonne figure. Le seul qui tire réellement son épingle du jeu est Stephen Graham, très professionnel dans la peau du détective Mulligan. Ce deuxième épisode ne raconte finalement pas grand chose, et encore moins que le premier. Même en prenant Venom : Let There Be Carnage au second degré, il est difficile de l'apprécier.

Venom : Let There Be Carnage d'Andy Serkis, au cinéma le 20 octobre 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Découvrez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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