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Wildlife : déchirure délicate d’une famille américaine

CRITIQUE FILM – Présenté en ouverture de la Semaine de la critique à Cannes, « Wildlife » voit l’acteur Paul Dano se placer derrière la caméra pour la première fois pour un portrait de famille en crise.

En 2017, on découvrait au festival de Cannes en compétition Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev. Dans un style bien plus Sundance, Paul Dano traite également avec Wildlifesa première réalisation, en ouverture de la Semaine de la critique cette année – du déchirement d’un couple de parents et de l’impact direct sur leur enfant. Mais contrairement au Russe, qui mettait rapidement de côté le jeune enfant victime au destin tragique, Dano se concentre sur le point de vu de l’adolescent.

En 1960, Joe (Ed Oxenbould, très bon), au physique pouvant rappeler Paul Dano plus jeune, vient d’emménager avec ses parents dans le Montana. L’adaptation se fait doucement, mais tandis que ses parents s’imaginent déjà adopter le mode de vie bourgeois local, les choses ne tournent pas comme espérées. Sa mère, Jeannette, fait mine d’être heureuse en mère au foyer, et son père, Jerry, faute d’avoir percé comme golfeur officie comme assistant dans un club de golf. Lorsqu’il se fait renvoyer pour s’être montré trop proche des clients (et accessoirement d’avoir parié certaines parties avec eux), le cercle familial commence à se fissurer.

On ne choisit pas ses parents

Passée cette mise en place, Wildlife semblait relativement prévisible. Pour autant, Paul Dano prend une direction inattendue. Jerry décidant de partir combattre le feu dans les montagnes, comme pour se prouver sa valeur à lui-même, tandis que Jeannette, dans un excès d’égoïsme délaisse son fils pour revivre une certaine jeunesse avec une aventure passagère. Dans ces rôles respectifs, Jake Gyllenhaal convainc comme toujours bien que dans son même jeu habituel, tandis qu’à l’inverse, Carey Mulligan surprend par sa froideur et le caractère cassant de son personnage. C’est logiquement sur elle que les yeux restent braqués. Les nôtres, et ceux de Joe, en dépit même du peu d’affection affiché par la jeune femme.

Critique Wildlife de Paul Dano : déchirure délicate d'une famille américaine

S’il fait clairement des parents deux personnages égoïste et assez antipathiques, Paul Dano ne sombre pas dans le misérabilisme. Soumettant simplement son jeune héros à la dure réalité, celle des imperfections du monde adulte et de ses propres parents. Isolé, et soumis à une immaturité agaçante, Joe reste témoin. N’intervenant que rarement, il subit les situations les plus inappropriées. Comme ce repas dérangeant avec sa mère et un homme qui lui tourne autour. Coincé entre ses deux parents, Joe fait au final office d’intermédiaire malheureux.

Mais c’est avant tout dans sa relation peu chaleureuse avec Jeanette que le film trouve sa force. On félicitera à ce niveau l’écriture sensible de Zoe Kazan (au scénario, d’après le roman Une saison ardente de Richard Ford). De son côté, Dano s’en tient à une réalisation délicate, sans fausse note, et techniquement propre, mais tout aussi oubliable. C’est à ce niveau et dans le manque de rythme flagrant que Wildlife pêche, l’empêchant alors de dépasser le stade du film indé agréable. Reste une honnêteté prometteuse et touchante de la part du réalisateur. On pourra enfin saluer une certaine humilité de sa part. À l’image de son dernier plan qui opte pour la douceur plutôt que la crise dramatique. Un choix, comme son ensemble, à double tranchant, qui satisfera les plus optimistes.

Wildlife de Paul Dano, en salle le 19 décembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

En 2017, on découvrait au festival de Cannes en compétition Faute d'amour d'Andreï Zviaguintsev. Dans un style bien plus Sundance, Paul Dano traite également avec Wildlife – sa première réalisation, en ouverture de la Semaine de la critique cette année - du déchirement d’un couple de parents et de l’impact direct sur leur enfant. Mais contrairement au Russe, qui mettait rapidement de côté le jeune enfant victime au destin tragique, Dano se concentre sur le point de vu de l’adolescent. En 1960, Joe (Ed Oxenbould, très bon), au physique pouvant rappeler Paul Dano plus jeune, vient d’emménager avec ses parents dans…

Conclusion

Note de la rédaction

Dans un style très Sundance Paul Dano filme un adolescent délaissé par ses parents. Pas inoubliable, mais honnête et prometteur.

Note spectateur : Sois le premier !
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