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[Critique] La Promesse de l’aube

Le film « La promesse de l’aube » d’Eric Barbier tiré du roman de Romain Gary, s’avère une adaptation plutôt réussie, malgré certains éléments qui laissent un peu sur la réserve.

La promesse de l’aube, réalisée par Eric Barbier d’après le roman de Romain Gary, est une adaptation assez aboutie. Il réunit un casting très qualitatif, au premier rang duquel, Pierre Niney toujours impeccable. Mais le film peine à faire ressentir des sentiments aussi profonds que complexes.

Un style et une mise en scène conventionnels

Le réalisateur prend peu de risque dans sa manière de compter l’histoire de son héros. La promesse de l’aube retrace le parcours du romancier Romain Gary. Il part de son enfance en Pologne et relate les moments importants jusqu’à sa vie d’homme. Cette biographie présente également une mère protectrice et obsessionnelle, avec qui il entretient une relation complexe jusqu’à sa mort.


Le style de narration qu’adopte cette oeuvre demeure très classique. Le spectateur suit la trajectoire du personnage principal à travers un procédé linéaire. Et il est pour cela bien guidé par une voix off pour l’accompagner. Celle-ci fait le récit, et par conséquent les images deviennent, par moment illustratrices. La forme est connue, respectable, mais pas très transcendante. Le spectateur reste parfois sur sa faim sur un sujet aussi complexe qu’intéressant. La promesse de l’aube donne l’impression que le réalisateur est un peu sur la retenue. Par instant, ce dernier ose un peu plus, notamment durant la première partie, lors de l’enfance de Romain Gary. L’auteur retranscrit de belle manière la façon dont le garçon s’identifie à son idole de cinéma. Idem pour montrer l’héroïsme du personnage principal en temps de guerre. Mais beaucoup d’autres ressentis sont transmis par la voix off, ce qui est peut-être un peu facile et conventionnel.

Charlotte Gainsbourg en mère possessive

Le choix de Charlotte Gainsbourg pour interpréter une figure connue du cinéma, celle de la mère possessive et obsessionnelle, est la prise de risque du film. Ainsi, l’actrice qui renvoie plutôt une image de tendresse et de douceur doit se fondre dans un rôle d’une femme dure, au cuir épais et à la détermination infaillible. Charlotte Gainsbourg a souvent interprété des rôles aux antipodes de celui-là comme dans Confession d’un enfant du siècle de Sylvie Verheyde. Mais le mélange et l’ambiguïté de ce choix s’avèrent tout à fait intéressants.

Le pari de transformer Charlotte Gainsbourg en Marthe Villalonga, mère possessive mythique dans Un éléphant ça trompe énormément, est osé. Cela donne une mère moins excentrique que ce qui l’anime, mais pas pour autant moins crédible, juste différent.

Charlotte Gainsbourg offre à observer l’image d’une mère possessive et obsessionnelle avec une certaine douceur qui contre-balance avec la dureté du personnage. Il est toujours intéressant de voir à l’écran un acteur prendre des risques, de le voir là où il n’est pas forcément attendu, et de découvrir une palette plus large de son talent.

Les fans de Pierre Niney, eux, se régaleront. Ce dernier incarne parfaitement la sensibilité intériorisée du personnage. Il donne également une forme de force séductrice au rôle. Choix parfait, mais qui en aurait douté ?

Des seconds rôles soignés

Didier Bourdon, Jean-Pierre Darroussin et le très talentueux Finnegan Oldfield, autant de têtes d’affiche qui peuvent à eux seuls porter un film. Dans La promesse de l’aube, ils viennent embellir l’oeuvre à travers des seconds rôles qui apparaissent à certains moments dans le métrage. Certes, leurs apparitions sont succinctes. Mais ce que renvoient ces acteurs est en parfaite adéquation avec ce que représente leur personnage. De la cocasserie chez Didier Bourdon. De la gentillesse chez Jean-Pierre Darroussin. Et une concurrence juvénile chez Finnegan Oldfield. Cette volonté de soigner les seconds rôles ajoute de la qualité au film.

En conclusion, La promesse de l’aube se trouve être un bon film, mais malheureusement pas d’avantage. Ainsi, la dernière séquence dévoile sans doute ce dont souffre le plus cette proposition. En effet, la voix off offre au spectateur un extrait du roman. Cette citation secoue par sa justesse, sa profondeur et par la complexité qu’elle exprime. Mais elle demeure une citation du livre. Et peut-être que cette histoire s’avère plus transcendante et vivante à l’écrit qu’à l’écran.

La promesse de l’aube de Éric Barbier, actuellement au cinéma. Ci-dessus la bande-annonce.

La promesse de l’aube, réalisée par Eric Barbier d’après le roman de Romain Gary, est une adaptation assez aboutie. Il réunit un casting très qualitatif, au premier rang duquel, Pierre Niney toujours impeccable. Mais le film peine à faire ressentir des sentiments aussi profonds que complexes. Un style et une mise en scène conventionnels Le réalisateur prend peu de risque dans sa manière de compter l’histoire de son héros. La promesse de l'aube retrace le parcours du romancier Romain Gary. Il part de son enfance en Pologne et relate les moments importants jusqu’à sa vie d’homme. Cette biographie présente également…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

La promesse de l'aube est un bon film, un peu classique. Cette histoire s’avère probablement plus transcendante et vivante à l’écrit qu’à l’écran.

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