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Doctor Who – Notre avis sur la saison 10

Comme annoncée, la saison 10 de Doctor Who (diffusée à partir d’avril 2017 sur BBC One) aura marqué la fin d’une ère. Celle de Peter Capaldi (le Docteur depuis trois saisons) et du showrunner Steven Moffat, qui quittent la série. Une saison d’adieu qui prend malheureusement davantage la forme d’une saison de transition assez médiocre. Explications.

Une nouvelle compagne sans ambition

Avec les départs programmés du showrunner Steven Moffat – qui sera remplacé par Chris Chibnall (Broadchurch) -, et du très bon Peter Capaldi, difficile d’aborder Doctor Who avec la même envie. Ceci se ressentant dès l’introduction de Bill Potes (Pearl Mackie), nouvelle compagne du docteur le temps d’une saison. Bien que celle-ci peine à se montrer à la hauteur de sa prédécesseure Clara (excellente Jenna Coleman), il faut bien lui avouer des qualités. Ne serait-ce que le choix d’en faire un personnage lesbien (et noir, autre minorité rarement représentée à l’écran) rappelle l’ouverture d’esprit qu’a toujours prônée Doctor Who. Seulement sa présence ici ne sert, dans la majorité de la saison, qu’à rappeler les habituels enjeux autour de la série, l’empêchant ainsi d’exister pleinement.

Des rappels inutiles

Après dix saisons, il apparaît, en effet, peu utile d’entendre à nouveau l’origine du Docteur (un Seigneur du Temps), ce qu’est le TARDIS (un vaisseau qui prend la forme d’une cabine de police bleue, plus grand à l’intérieur), et en quoi consistent ses aventures (voyager dans le temps et l’espace). Ce qui devrait être évacué en quelques minutes, ou éventuellement en un épisode, s’éternisera sur plusieurs épisodes. La faute à une absence de fil conducteur entre chaque, problème majeur de cette saison 10.

Rappelons que Doctor Who est ce qu’on appelle une série non-feuilletonnante. C’est-à-dire qu’elle ne développe pas son intrigue sur la saison. Ici, chaque épisode raconte une nouvelle aventure pour le Docteur et celui qui l’accompagne. Néanmoins, une sous-intrigue et le développement des personnages permettent d’habitude de garder les épisodes dans une continuité et une certaine logique. C’est ce qui a notamment permis à la série de proposer des variantes de ton et de personnalité dans la réalisation d’un épisode à un autre.

Des épisodes expédiés

Symbole du manque d’ambition de Steven Moffat (sur le départ donc), cette saison 10 voit se succéder des épisodes trop limités dans leur récit. Si dans la neuvième saison le showrunner avait su se relancer en proposant des intrigues complexes sur deux épisodes, et en donnant une place majeure à Clara, il revient là à ses mauvaises habitudes. À savoir proposer des histoires au fort potentiel, mais qu’il ne prend pas le temps de développer correctement, expédiant les résolutions dans les dernières minutes par des facilités scénaristiques. Comme l’épisode 4, Knock Knock, capable de maintenir sous tension durant ses deux tiers, avant de se conclure en une simple scène.

Un final réussi mais qui arrive trop tard

Résultat, c’est même dans les ambiances et les univers proposés que cette saison 10 de Doctor Who se montre assez pauvre. Seul l’un des rares épisodes doubles, World Enough and Time (11), couplé à The Doctor Falls (12), parvient à trouver sa personnalité propre. Réalisé par Rachel Talalay – habituée des épisodes de fin de saison depuis la huitième, et la réalisatrice du délirant Tank Girl -, cet épisode se montre à la fois effrayant, fascinant et émouvant.

Dans l’hôpital cauchemardesque où il se déroule, il apparaît une proposition évidente de mise en scène. Chose trop rarement ressentie durant cette saison. L’histoire, quant à elle, permet enfin de mettre au premier plan la relation entre Missy et le Docteur et d’en évoquer toute la complexité – notamment avec le retour d’un ancien personnage. Une approche qui arrive malheureusement trop tard pour sauver une saison oubliable, utile uniquement pour patienter jusqu’au renouveau (espéré) de la série.

Une nouvelle compagne sans ambition Avec les départs programmés du showrunner Steven Moffat - qui sera remplacé par Chris Chibnall (Broadchurch) -, et du très bon Peter Capaldi, difficile d’aborder Doctor Who avec la même envie. Ceci se ressentant dès l’introduction de Bill Potes (Pearl Mackie), nouvelle compagne du docteur le temps d’une saison. Bien que celle-ci peine à se montrer à la hauteur de sa prédécesseure Clara (excellente Jenna Coleman), il faut bien lui avouer des qualités. Ne serait-ce que le choix d’en faire un personnage lesbien (et noir, autre minorité rarement représentée à l’écran) rappelle l’ouverture d’esprit qu’a…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Peut mieux faire

Après une saison 9 maîtrisée, Doctor Who retombe dans ses travers. Une saison décevante qui apparaît comme une transition avant une refonte de la série.

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