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Dunkerque – Notre avis sur le nouveau film de Christopher Nolan

“Dunkerque”, le nouveau film de Christopher Nolan est en salles depuis le 19 juillet. Faut-il aller voir ce que beaucoup considèrent comme l’un des événements cinématographiques de l’année ?

En mai 1940, les troupes françaises et alliées sont encerclées à Dunkerque. A travers trois temporalités différentes, Christopher Nolan filme l’évacuation des 338 000 soldats repliés sur eux-mêmes et plongés dans une attente insoutenable.

L’utilisation du silence dans Dunkerque pour retranscrire l’effroi des soldats

Dans l’ouverture de Dunkerque, Christopher Nolan va d’emblée à l’essentiel. La ville est vide. Des soldats anglais tentent d’échapper aux balles ennemies et tombent un à un. Avant de présenter les différents points de vue de l’évacuation, le réalisateur retranscrit en une scène l’attente effroyable.

Il est difficile d’entrevoir l’espoir dans le long métrage. L’attente de l’évacuation prend largement le pas sur la réussite de l’opération Dynamo. L’eau, élément récurrent chez Nolan, semble être au même titre que la ville déserte, une véritable prison pour les soldats incapables de rejoindre leur patrie.

Le cinéaste réduit les dialogues au strict minimum. Dans les séquences portées par Fionn Whitehead et Harry Styles, les regards sont suffisants pour retranscrire la peur. En effet, le cinéaste filme au plus près les visages sur lesquels l’alerte est lisible en permanence, que ce soit sur une plage, dans une rue ou sur un destroyer apparemment hors de danger. S’il paraît beaucoup plus serein dans les airs, le spectateur parvient également à comprendre l’urgence dans laquelle le personnage de Tom Hardy se trouve. Le pilote qu’il interprète fait face au manque de carburant et voit le danger qui plane sur les soldats.

Christopher Nolan Dunkerque Fionn Whitehead Harry Styles

Peu importe le point de vue qu’il adopte, Christopher Nolan n’a aucun mal à retranscrire l’acharnement des personnages pour rester en vie. Certaines scènes peinent à rester en mémoire malgré la photographie de Hoyte Van Hoytema. Au-delà de certaines séquences précises, c’est surtout l’ambiance anxiogène de Dunkerque qui marque le spectateur. L’attachement aux personnages ne se crée que dans la mesure où l’on souhaite savoir s’ils pourront s’en sortir. Le fait de les découvrir uniquement en fonction de leurs peurs, permet au film d’être emprunt d’une tension permanente.

Le choix d’une narration déstructurée pour accentuer le sentiment d’urgence

Le récit des soldats en attente d’évacuation dure une semaine. Celui du pilote interprété par Tom Hardy se concentre sur une heure. Enfin, la traversée de la Manche à bord d’un little ship venu prêter main forte pour l’évacuation se déroule sur une journée. A bord du bateau occupé notamment par les excellents Mark Rylance et Cillian Murphy, la distance entre les côtes anglaises et Dunkerque paraît immense.

Christopher Nolan mélange chacun de ses récits à travers un montage qui s’apparente à un redoutable minuteur. La lourde partition de Hans Zimmer et le travail sur le son contribuent également à cette impression. Le rythme paraît parfois décousu mais le film résonne par la suite comme un ensemble cohérent et extrêmement solide. Si l’émotion peinait à s’installer, Christopher Nolan l’amène dans un final amer où l’espoir peut enfin faire son apparition.

Dunkerque Christopher Nolan

La distance entre les personnages et le spectateur paraissait aussi grande que l’urgence dans laquelle les soldats sont plongés tout au long du film. Dans la conclusion, le réalisateur la brise avec la lecture d’un article où l’on prend davantage conscience de l’enfer dans lequel les soldats étaient plongés. La froideur volontaire de Dunkerque peut alors s’effacer. L’œuvre sonne comme une nouvelle plongée dans les limbes à l’intérieur desquelles l’homme lutte pour s’extirper. Après la mémoire, l’illusion ou les ravages du temps, c’est à la peur que Christopher Nolan s’intéresse avec brio dans ce film de guerre mémorable.

 

Dunkerque de Christopher Nolan, en salle le 19 juillet 2017. Ci-dessus la bande-annonce.

En mai 1940, les troupes françaises et alliées sont encerclées à Dunkerque. A travers trois temporalités différentes, Christopher Nolan filme l’évacuation des 338 000 soldats repliés sur eux-mêmes et plongés dans une attente insoutenable. L’utilisation du silence dans Dunkerque pour retranscrire l’effroi des soldats Dans l’ouverture de Dunkerque, Christopher Nolan va d’emblée à l’essentiel. La ville est vide. Des soldats anglais tentent d’échapper aux balles ennemies et tombent un à un. Avant de présenter les différents points de vue de l’évacuation, le réalisateur retranscrit en une scène l’attente effroyable. Il est difficile d’entrevoir l’espoir dans le long métrage. L’attente de l’évacuation…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Bilan très positif

Dunkerque est un compte à rebours éprouvant qui démontre une nouvelle fois la maîtrise de Nolan.

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