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Mary – Notre avis sur le nouveau Marc Webb

Marc Webb revient au cinéma indé avec Mary, mais ne parvient toujours pas à confirmer les espoirs mis en lui depuis 500 jours ensemble.

On se souvient tous de (500) jours ensemble, aussi drôle qu’émouvant et bourré de vérité pour traiter des relations de couple. Un film qui aura assez vite touché l’inconscient collectif et qui offrait de bonnes promesses concernant son réalisateur, Marc Webb. Celles-ci furent malheureusement mises à mal par une expérience hollywoodienne peu fructueuse sur les Amazing Spider-man, bien qu’il ait su y incorporer de sa sensibilité dans la relation des personnages.

Huit ans après (500) jours ensemble, Marc Webb a donc enfin décidé de revenir à un cinéma plus intimiste avec Mary. Seulement, au-delà d’une histoire touchante, le cinéaste se montre un peu trop frileux dans son traitement. Incapable de réelles propositions et de surprises pour raconter le récit de Mary, une jeune enfant surdouée que tente d’élever son oncle Frank, il s’engouffre même dans une forme de stéréotype du « film indé ».

Un traitement sans saveur

Si l’interprétation conjuguée de Chris Evans (Frank) et de Mckenna Grace (Mary) porte le film vers une émotion certaine, elle n’empêche un sentiment de platitude. Le film n’est déjà pas exempt de clichés. Celui de la jolie et gentille institutrice d’un côté (Jenny Slate), celui de la méchante et riche grand-mère, désireuse de développer le dont de sa petite fille, de l’autre (Lindsay Duncan), et avec au milieu le bienveillant Frank, ancien professeur de philosophie à la fac devenu réparateur de bateaux. On sait assez vite à quoi s’attendre avec Mary. Mais le plus désolant est que Marc Webb reste en surface de son sujet. Le film opposant la créativité de l’enfant à sa productivité, sans vraiment faire de choix, ni vraiment s’intéresser aux conséquences sur Mary. L’évocation du passé de la mère disparue de la jeune fille offre tout de même une certaine prise de position, louable, mais simpliste dans la conclusion qui en découle.

Enfin, tandis qu’il osait quelques propositions de mise en scène avec (500) jours ensemble, Webb se contente d’un traitement le plus classique possible. À se demander même si cette commande – il s’agit d’un scénario qui lui a été proposé – l’intéresse réellement. Peut-être se montrera-t-il plus passionné avec son « autre nouveau film », The Only Living Boy in New York, qu’il a déjà réalisé.

 

Présenté cette année en compétition au 43e Festival du cinéma américain de Deauville, Mary sortira en salle en France le 13 septembre 2017. Également diffusé durant le festival, The Only Living Boy in New York n’a pas encore de sortie prévue en France et a reçu un accueil plus que mitigé aux Etats-Unis.

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