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Here and Now saison 1 : entre maladresse et artificialité

Alan Ball continue d’observer les rouages d’une famille dysfonctionnelle avec « Here and Now », mais peine à provoquer le même intérêt que pour ses précédentes créations.

Après Six Feet Under et True Blood, Alan Ball signe avec Here and Now sa troisième série pour HBO. Étant donné ses productions précédentes, on pouvait s’attendre à une nouvelle proposition passionnante de sa part. D’autant plus avec le pitch, annonçant une volonté de se placer en observateur d’une famille progressiste américaine en 2018.

On y trouve d’abord Greg et Audrey (Tim Robbins et Holly Hunter). À cela s’ajoutent leurs trois enfants adoptifs. Ashley, qui vient de Somalie et travaille dans la mode, Duc, adopté au Vietnam et coach en développement personnel, et Ramon, d’origine colombienne, qui étudie la conception de jeux vidéo. Enfin, il y a Kristen, seule enfant biologique du couple Bishop, et encore au lycée. Le quotidien de cette famille va être bouleversé lorsque Ramon se retrouve sujet à une forte hallucination faisant apparaître les chiffres 11/11.

Un quotidien peu intéressant

En partant de là, les possibilités étaient nombreuses. Alan Ball pouvant notamment tendre vers le fantastique, en prenant en compte cette hallucination et en lui donnant une source, a priori, spirituelle ou d’un autre monde, au bon souvenir de The Leftovers par exemple.

Critique de la série Here and Now créée par Alan Ball
© 2017 Home Box Office

Sauf que le résultat n’est finalement pas au rendez-vous. Comme le laissait présager le synopsis, les Bishop ne sont pas ce qu’il y a de plus sympathique. Mais tandis qu’avec Big Little Lies Jean-Marc Vallée s’amusait justement de la vie de bourgeoises désespérés et au bord de la crise de nerfs, Alan Ball reste trop doux à l’égard de cette famille. Une certaine bienveillance envers des personnages (en majorité) antipathiques qui empêche de s’y intéresser.

De plus, Alan Ball s’avère assez maladroit dans sa démarche visant à mettre en avant la diversité de l’Amérique et de montrer les inégalités. Ceci, dans un but de remettre en question « la réussite de son pays », avec une nostalgie naïve du passé. Dommage de le voir alors passer par de nombreux clichés. On ne s’étonne pas qu’Ashley tente de se modeler une image plus « blanche » (en cachant ses cheveux crépus notamment) et ne reçoive pas le même traitement de la part des autorités à cause de sa couleur de peau. Que Duc, en bon coach bien pédant ne s’intéresse qu’à sa réussite. Ou encore même que Greg, tout juste sexagénaire, remette en question sa vie et le monde, après avoir trompé sa femme avec une jeune prostituée. Un ensemble assez artificiel donc de la part d’Alan Ball, qui ne fait pas non plus de proposition visuelle.

Critique de la série Here and Now créée par Alan Ball
© 2017 Home Box Office

Un maigre espoir tout de même

Au final, les épisodes de Here and Now s’étirent assez inutilement. Alan Ball se concentrant sur ce fameux quotidien composé de personnages dont on ne parvient jamais vraiment à s’identifier. De même qu’il y a un certain agacement et une frustration à le voir user des moments d’étrangetés – autour de Ramon – uniquement (ou presque) en fin d’épisode comme pour nous réveiller et nous « forcer » à voir la suite. Dès lors, ce n’est pas le semblant d’empathie qu’on peut avoir pour Kristen (aidé par son interprète touchante, Sosie Bacon) et un Ramon craintif (et le moins désagréable du lot), qui suffit durant les quatre premiers épisodes mis à notre disposition par HBO. Ni la représentation d’une autre famille, celle du docteur Farid Shokrani, consistant globalement à questionner l’islam et l’image qu’on s’en fait.

Pour autant, des éléments de Here and Now restent intrigants. Et il est difficile d’accepter que son auteur n’ait pas davantage à offrir. On ne sait pas vraiment, au bout de quatre épisodes sur dix, où ira la série ni ce qu’elle veut raconter. C’est probablement la raison pour laquelle la curiosité demeure autour de la série, et l’envie de poursuivre son exploration. Tant pis alors si celle-ci n’offrira au final que du vide. C’est un risque qu’on veut bien prendre. Du moins encore un peu.

 

Here and Now créée par Alan Ball, à partir du 12 février 2018 sur OCS. Ci-dessus la bande-annonce.

Après Six Feet Under et True Blood, Alan Ball signe avec Here and Now sa troisième série pour HBO. Étant donné ses productions précédentes, on pouvait s’attendre à une nouvelle proposition passionnante de sa part. D’autant plus avec le pitch, annonçant une volonté de se placer en observateur d’une famille progressiste américaine en 2018. On y trouve d’abord Greg et Audrey (Tim Robbins et Holly Hunter). À cela s’ajoutent leurs trois enfants adoptifs. Ashley, qui vient de Somalie et travaille dans la mode, Duc, adopté au Vietnam et coach en développement personnel, et Ramon, d’origine colombienne, qui étudie la conception de jeux…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Peut mieux faire

En dépit de bonnes intentions, "Here and Now" ne parvient jamais à vraiment intéresser, la faute à des personnages antipathiques et à leur quotidien ennuyeux.

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