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Atlanta saison 2 : la série de Donald Glover passe un cap

CRITIQUE SÉRIE – Créée par Donald Glover, la saison 2 d' »Atlanta » fascine dans le regard personnel et pertinent qu’elle porte sur l’Amérique actuelle.

Contrairement à la première saison d’Atlanta, qui voyait les épisodes être davantage liés par l’avancée laborieuse de Earn à faire rentrer son cousin Paper Boy dans le milieu du rap, cette seconde saison ne suit pas un récit précis tout du long et s’avère plus complexe. Dans sa construction, on pourrait l’associer à une série comme Skins, centrée sur le quotidien d’un groupe de jeunes, et dont chaque épisode se concentrait sur un en particulier, tout en faisant interagir les autres en second plan. Le schéma est similaire dans Atlanta pour porter un regard élargi sur la société – américaine, en premier lieu.

De là, la série parvient à questionner la place des noirs aux Etats-Unis, mais également celle des femmes, l’opposition des classes, l’accès à la richesse et/ou à la célébrité et ses conséquences… Des thématiques qui rendent la série à la fois universelle et très personnelle à ses auteurs, en tête, Donald Glover (acteur, créateur et co-réalisateur).

Des héros loser mais touchant

Dans Atlanta, et encore plus dans cette saison 2, on voit ainsi les quatre personnages (Earn, Paper Boy, Darius et Vanessa) graviter dans un monde fantasmé, mais en réalité inaccessible et/ou décevant. On le voit à chaque fois que les uns et autres pourront enfin entrer dans un cercle fermé de richesse (financière ou intellectuelle). Que ce soit à une soirée chez Drake pour Vanessa (épisode 7), dans la tentative de Darius de récupérer un piano gratuitement (épisode 6), ou dans l’incapacité d’Earn à dépenser son premier billet de cent dollars (épisode 3). Incapable d’obtenir ce qu’ils recherchent, ils incarnent la réalité derrière l’american dream. Où finalement les pauvres le restent en dépit des tentatives de gravir les échelons.

D’autant plus percutant avec Vanessa, prenant conscience de la futilité de participer à une soirée uniquement pour l’image qu’elle pourrait renvoyer. C’est cet épisode (le troisième), centré sur la jeune femme (toujours parfaitement interprétée par Zazie Beetz), qui se montre particulièrement critique envers la société actuelle et le culte de l’image. Mais là encore, Atlanta fait dans l’originalité en ne dénigrant jamais frontalement ce qu’elle dénonce. Préférant laisser au spectateur ce luxe.

Ainsi, le quatuor, qu’il soit réuni ou séparé, dégage constamment une forme de passivité. Quand bien même Alfred, dit Paper Boy, sera souvent sur le point d’exploser, jamais il n’entrera dans une confrontation directe, par choix, ou obligation, fuyant ses agresseurs dans les épisodes 8 et 9. Du reste, c’est au quotidien qu’ils subissent les brimades. Earn toujours regardé de haut, de même que Vanessa, seul Darius, plus philosophe, semble être épargné. C’est d’ailleurs ce dernier qui se retrouve dans l’épisode le plus percutant de cette saison 2. L’épisode 6, faisant aussi bien référence à Michael Jackson qu’à Donald Glover lui-même (qui interprète un étrange ancien musicien sous un masque) et leur rapport difficile avec le succès.

Quand la fiction témoigne de la réalité

Trouvant un sens caché à chaque épisode, cette saison 2 d’Atlanta passe un cap. Dans le discours, mais également la réalisation confiée tantôt à Amy Seimetz (déjà à la réalisation d’épisodes de The Girlfriend Experience, on sent sa personnalité se dégager des épisodes 4 et 7), tantôt à Donald Glover (à l’humour noir maîtrisé), tandis à Hiro Murai (plus dans l’observation sur la majorité des épisodes). Tous les trois offrant une variation de style. De plus, il n’est pas si étonnant de voir certains des membres d’Atlanta gagner soudain en popularité. Donald Glover, qui donna des conseils sur Black Panther, a rejoint les rangs de Star Wars en incarnant Lando dans Solo : A Star Wars Story, pendant que Zazie Beetz, qui dégage forte personnalité, est venue prêter main forte à Deadpool.

Dès lors, il devient intéressant d’observer le parcours de ces jeunes artistes au sein de l’industrie hollywoodienne sans perdre leurs valeurs (du moins en essayant pour Donald Glover, à l’image de son dernier clip en tant que Childish Gambino), et donc de mettre Atlanta en relation avec la réalité.  Ainsi, bien que la série puisse sembler simpliste au premier abord (non ce n’est pas juste une série sur le rap !), elle est en réalité d’une richesse grandissante au fil du temps, grâce même aux éléments externes à son médium. Une des raretés de la télévision actuelle, parfaitement ancrée dans son époque.

 

Atlanta créée par Donald Glover, la saison 2 diffusée à partir du 2 mars 2018 sur OCS. Ci-dessus la bande-annonce.

Contrairement à la première saison d’Atlanta, qui voyait les épisodes être davantage liés par l’avancée laborieuse de Earn à faire rentrer son cousin Paper Boy dans le milieu du rap, cette seconde saison ne suit pas un récit précis tout du long et s’avère plus complexe. Dans sa construction, on pourrait l’associer à une série comme Skins, centrée sur le quotidien d’un groupe de jeunes, et dont chaque épisode se concentrait sur un en particulier, tout en faisant interagir les autres en second plan. Le schéma est similaire dans Atlanta pour porter un regard élargi sur la société - américaine,…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Bilan très positif

"Atlanta" se perfectionne à tous les niveaux avec une saison 2 emmenée par ses personnages attachants.

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