MENU
Accueil > Critiques > Critiques séries > Bad Banks : les coulisses impitoyables de la finance
ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Bad Banks : les coulisses impitoyables de la finance

Avec « Bad Banks », Arte propose une mini-série efficace et prenante sur les dessous de la finance, dans laquelle Paula Beer excelle.

L’univers de la finance en a inspiré plus d’un – Oliver Stone en 1987 (Wall Street) ou Martin Scorsese en 2013 (Le Loup de Wall Street) pour ne citer qu’eux. Avec Bad Banks, Christian Schwochow coche les cases habituelles du genre en présentant là un monde impitoyable, fait de magouilles et de mauvais coups. Mais la mini-série en six épisodes, diffusée sur Arte, parvient à tirer son épingle du jeu en provocant un sentiment ambivalent envers ses protagonistes. Et plus précisément envers Jana Liekam, son héroïne.

Jana est une jeune banquière brillante travaillant au Luxembourg au Crédit international. Elle officie comme assistante de Luc Jacoby, qui a obtenu sa place grâce à son père, le PDG de la boîte. Mais après avoir repris Luc lors d’un rendez-vous avec un client, Jana se fait licencier. Christelle Leblanc, la cheffe du département, décide malgré tout de la prendre sous son aile et de lui arranger un entretien à Francfort pour la banque d’investissement Deutsche Global Invest. La voilà désormais au sein d’une équipe menée par Gabriel Fenger avec pour objectif d’améliorer la rentabilité de la banque, mais également d’informer en secret Christelle d’éventuels fraudes de la banque…

L’excellence de Paula Beer

Difficile, en 2018, après dix ans de crise financière, d’éprouver, de prime abord, de la sympathie pour un personnage comme Jana Liekam et ses semblables qui jouent avec l’argent sans prendre en considération l’humain. Un séisme en Californie ? Tant mieux si cela permet une modification de la bourse en leur faveur. Mais avec Jana, on découvre un personnage extrêmement friable. Allant fondre en larmes et s’offrir une bonne crise de panique après son renvoi, avant de laisser place à la joie d’être embauchée ailleurs. Jana a encore une certaine naïveté, mais compense avec une mentalité de battante. Une combinaison qui permet de provoquer un sentiment d’empathie, et même un certain attachement.

Évidemment, outre l’écriture du personnage, cette affection est aidée par l’actrice qui l’interprète. Paula Beer, révélée chez nous avec Frantz, est parfaite pour ce rôle et absolument fabuleuse. Dégageant naturellement une forme de fragilité sous son visage d’employée modèle. D’autant plus avec cette capacité qu’elle a de laisser exploser ses émotions. Elle parvient ainsi à provoquer une complexité face à ses actes parfois amoraux. Néanmoins, Bad Banks n’en abuse pas, préférant garder son personnage toujours à la frontière plutôt que d’en faire quelqu’un sans pitié et ne cherchant qu’à gravir les échelons.

Un thriller captivant

Avec Bad Banks, il n’est pas tant question d’un enrichissement personnel (ou du moins dans un second temps), mais plutôt d’une réussite à plus grande échelle. C’est ce qu’incarne Gabriel Fenger, qui derrière ses airs de patron prétentieux, révèle davantage de profondeur. Notamment avec les valeurs qui le définissent : à savoir œuvrer pour l’avenir de la banque et les principes de la finance qu’il défend.

Évidemment, Bad Banks ne cherche pas à faire l’apologie de la profession. Et les gens de ce monde ont bien conscience que celle-ci n’a pas bonne réputation. On parvient néanmoins à comprendre ce qui les stimule et ainsi à s’identifier à eux.

Enfin, d’un point de vue plus global, Bad Banks capte immédiatement l’attention et fait monter crescendo la tension. L’intensité du rythme provoque une addiction immédiate. Qu’importe alors si le jargon financier n’est pas toujours clair – surtout dans les premiers instants -, il en ressort un thriller prenant où rien n’est laissé au hasard. D’autant plus captivant que la série s’ancre dans l’actualité en questionnant le rôle de ces banques. Mais aussi en mettant l’accent sur la place des femmes dans un milieu où, le respect des collègues masculins n’est pas aisé à obtenir, et où les femmes entre elles préfèrent se mettre des bâtons dans les roues plutôt que de se soutenir. D’une justesse et d’une pertinence à tous les niveaux.

 

Bad Banks créée par Christian Schwochow et Oliver Kienle, sur Arte à partir du 22 février 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

L’univers de la finance en a inspiré plus d’un – Oliver Stone en 1987 (Wall Street) ou Martin Scorsese en 2013 (Le Loup de Wall Street) pour ne citer qu’eux. Avec Bad Banks, Christian Schwochow coche les cases habituelles du genre en présentant là un monde impitoyable, fait de magouilles et de mauvais coups. Mais la mini-série en six épisodes, diffusée sur Arte, parvient à tirer son épingle du jeu en provocant un sentiment ambivalent envers ses protagonistes. Et plus précisément envers Jana Liekam, son héroïne. Jana est une jeune banquière brillante travaillant au Luxembourg au Crédit international. Elle officie comme assistante…

Conclusion

Note de la rédaction

Bilan très positif

Derrière un jargon parfois complexe "Bad Banks" offre un thriller captivant et parfaitement rythmé dans l'univers de la finance, toujours d'actualité.

Note spectateur : 3.76 ( 7 notes)
Voir aussi
Platane
Platane saison 3 : la meilleure série comique française est de retour

Six ans après la deuxième saison, Eric Judor et Hafid F-Benamar sont de retour dans la saison Tree de Platane. Des jeux de mots bien pourris, de l'absurde et du malaise à chaque phrase ou presque, des situations hilarantes... L'acteur et réalisateur vient démontrer qu'il est au sommet de son art et qu'un humour grinçant et sans contraintes est encore possible.

Exprimez vous !
Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis