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Carnival Row : de la fantasy charmante mais timide

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Amazon s’affirme dans le monde du streaming avec « Carnival Row », une production à l’univers ambitieux entre fantastique et ambiance victorienne. La série souffre de quelques défauts mais fait le job avec sérieux, en y mettant les moyens pour enchanter le téléspectateur.

Sortie de l’imagination de René Echevarria et Travis Beacham, Carnival Row présente une époque victorienne repensée dans laquelle des créatures fantastiques se sont introduites dans la civilisation humaine. Plusieurs races cohabitent, selon des conventions sociales différentes de celle que l’on peut imaginer. On y suit le détective Rycroft Philostrate lorsque débute une enquête sur un meurtre aussi sanglant que mystérieux. Ses investigations vont le faire se rapprocher de Vignette Stonemoss, une fée avec qui il a un passé en commun. Lui c’est Orlando Bloom. Elle c’est Cara Delevingne. Les deux acteurs sont le très gros argument de vente de cette série qui a plus d’un atout dans son sac mais qui tempère les prises de risque.

Que son univers soit séduisant, c’est une certitude. Carnival Row nous donne à voir un monde que l’on connaît, dans une ère en pleine révolution industrielle, dominée par des tons gris et parsemée de fumées proéminentes. Toute l’originalité de ces décors réside dans la présence d’êtres que nous n’avons pas l’habitude de voir. Des centaures par exemple, ou des personnes dotées d’ailes. Ce monde hybride, croisement entre fantaisie et réalité, aussi charmant soit-il d’un point de vue purement visuel, trouve ses limites dans son développement. On pouvait s’attendre à ce que ses versants atypiques soient plus approfondis, surtout dans le cas d’une série, et encore plus lorsqu’on parle d’épisodes qui veulent tutoyer chacun une heure de durée. Il y a de quoi rester sur notre faim par instants, car ce qui se passe sous nos yeux n’est pas toujours passionnant. Ce temps alloué aurait pu être mieux réparti afin de traiter ce monde comme il se doit.

Trop lisse pour séduire un public mature ?

Il ne manque pourtant pas grand chose pour que l’ambiance gagne en personnalité. Le potentiel est perceptible, en arrière-plan, mais Carnival Row abat des cartes relativement connues. Lorsqu’elle fait entrer en scène des lycanthropes (autre nom du loup-garou), la série se repose sur un imaginaire classique plutôt que de chercher à trouver des détails qui vont faire la différence. Plusieurs exemples de la sorte sont visibles tout au long des épisodes, de quoi nous faire regretter que Carnival Row minimise les folies pour s’inscrire dans des codes classiques.

En revanche, quand elle ose, elle trouve de jolies idées. Un épisode entier, consacré à la rencontre dans le passé entre les deux personnage principaux, nous immerge dans un royaume dominé par les fées. On sent durant cette heure-là que la série a de l’inspiration à revendre quand elle se l’autorise, à l’image de cette magnifique scène de sexe aussi charnelle que poétique.

Le public adulte qui est dans son droit d’attendre un show mature n’aura qu’à moitié ce qu’il vient chercher. Le sexe et le sang sont présents mais de manière contenue, pour ne pas trop bousculer. Le show a toujours l’air d’avancer avec le frein à main, sans bousculer son audience. L’impression générale tend plus vers une impression de lissage que vers un dérivé de GoT.

Une parabole sur le racisme

Mais la violence n’étant pas fondamentalement un gage de qualité, la série a-t-elle quand même de la matière pour intéresser un public exigeant ? Oui. Ce précédent inventaire des défauts ne doit pas cacher les qualités de Carnival Row. À commencer par une intelligence de propos dans la cohabitation entre hommes et créatures. La série évoque en sous-texte la question de l’acception de l’autre et le racisme. Un sujet toujours intéressant, qui sied parfaitement au fantastique. C’est moins dans la forme que davantage dans le fond que Carnival Row devient intéressante. Ce qui est dit rejoint à bien des égards l’actualité, sur la questions des migrants, des réfugiés et des étrangers dans une société déjà établie.

Plus prévisible, le charisme des deux acteurs principaux reste une donnée de taille pour que le public adhère au show. Orlando Bloom et Cara Delevingne n’ont jamais été prodigieux dans leur carrière respective mais ils affichent ici une belle complicité doublée d’une vraie connexion physique. La relation fonctionne à l’écran, une pointe de sensualité pimentant leurs interactions. Avec ses bases existantes mais ses carences à corriger, la série a encore du travail à fournir sur la seconde saison pour devenir une production incontournable du petit écran.

Carnival Row créée par René Echevarria et Travis Beacham, disponible le 30 août 2019 sur Amazon Prime Video. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Sortie de l'imagination de René Echevarria et Travis Beacham, Carnival Row présente une époque victorienne repensée dans laquelle des créatures fantastiques se sont introduites dans la civilisation humaine. Plusieurs races cohabitent, selon des conventions sociales différentes de celle que l'on peut imaginer. On y suit le détective Rycroft Philostrate lorsque débute une enquête sur un meurtre aussi sanglant que mystérieux. Ses investigations vont le faire se rapprocher de Vignette Stonemoss, une fée avec qui il a un passé en commun. Lui c'est Orlando Bloom. Elle c'est Cara Delevingne. Les deux acteurs sont le très gros argument de vente de cette série qui a plus d'un atout dans…

Conclusion

Note de la rédaction

Ambitieuse mais trop imparfaite, cette série fantastique devra s'améliorer dans le futur pour ne pas gâcher ses beaux atouts.

Note spectateur : 3.9 ( 6 notes)
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