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Final Space : une deuxième saison très inégale mais extrêmement généreuse

Final Space : une deuxième saison très inégale mais extrêmement généreuse

CRITIQUE / AVIS SERIE - Depuis le 24 mars dernier, la saison 2 de "Final Space" est disponible sur Netflix. L'occasion de revenir sur ce show inégal mais extrêmement généreux, également diffusé sur Adult Swim.

Créée en 2018 par Olan Rogers et David Sacks, Final Space s'est avérée être une bonne surprise dans le paysage des séries animées pour adultes. Cette deuxième saison a été diffusée sur Adult Swim dès l'été 2019, mais vient d'être balancée sur Netflix.

Petit retour sur la saison 1

Final Space a débarqué sur le marché sans prévenir. Une nouvelle série animée pour adultes qui doit faire sa place entre BoJack Horseman, Paradise Police, Désenchantée et bien d'autres. Sans compter les vétérans habituels dominés par Les Simpson. Pas chose facile, mais Olan Rogers et David Sacks s'en sont sortis à merveille. Déjà parce qu'ils proposent un univers de science-fiction, genre assez sous-employé, à part par les génies de Rick et Morty. Un sujet frais où il y a largement la place d'exister.

Final Space : une deuxième saison très inégale mais extrêmement généreuse

Ensuite, et surtout, pour le ton employé. Parce que si les ressorts comiques sont assez éculés et attendus, l'histoire se rattrape avec une rupture de ton nihiliste. Quelques petits bonbons dépressifs totalement inédits, dans une série largement comique. Et ces petits îlots avaient une saveur extrêmement appréciable. Des passages, au début de chaque épisode, dans une temporalité différente, qui apportaient une profondeur inopinée. Une parabole narrative jumelle déprimante, qui donnait une nuance insoupçonnable au show. Quant au final, il offrait des choix scénaristiques radicaux sur le statut des protagonistes, soudainement osés dans ce type de programme.

Une saison 2 de Final Space plus inégale...

Mais cette saison 2 est beaucoup plus inégale. Elle débute avec une recontextualisation trop rapide, délaissant totalement l'aspect sombre et pessimiste de la première saison. Les deux créateurs préfèrent orienter leur récit vers l'extérieur, laissant l'introspection pour offrir un univers beaucoup plus généreux, s'inspirant de la vastitude de Star Wars. Mais ces retrouvailles sont trop abruptes et manquent d'intensité émotionnelle, surtout après le final de la saison 1. Mais après tout, ce n'est que le début...

Final Space : une deuxième saison très inégale mais extrêmement généreuse

Le show introduit de nouveaux personnages, qui aux premiers abords ne semblent pas indispensables. L'histoire développera manifestement bien ces nouvelles figures pour en faire des éléments cruciaux au récit. Mais pour le moment, ce début de saison 2 rappelle parfois Désenchantée : un potentiel monstrueux mal exploité. Le show décide également d'aller davantage dans la surenchère et l'aspect décérébré, se reposant sur des ressorts comiques incessants. Mais Final Space saison 2 accumule également les facilités scénaristiques, réglant les péripéties instaurées avec beaucoup trop de rapidité et de facilité. Cette saison tente, à l'instar de Rick et Morty, d'aborder beaucoup de concepts en peu de temps, mais via une clarté et, surtout, une fluidité moins maîtrisées. Puis petit à petit, la série parvient à trouver son nouveau rythme.

...mais aussi très généreuse

Petit à petit, Final Space retrouve ses ressorts émotionnels puissants, notamment par l'ajout de la mère de Gary. Avec elle, ce sont des ressorts sentimentaux redoutables sur le rapport maternel à l'enfant et au couple qui sont proposés. Cette nouvelle protagoniste est une excellente idée et apporte de la profondeur au héros. Puis, à partir de l'épisode 6, les personnages ont réellement un développement, et ont une évolution visible. Par exemple, les scénaristes commencent à accroître le background de Mooncake, mettant en place un univers complexe et généreux. Olan Rogers et David Sacks n'hésitent pas à s'inspirer de Marvel et de ses sagas cosmiques avec une panoplie de planètes, d'artefacts, de personnages aux réputations dantesques et de créatures en tout genre. Les références de Final Space à l'équipe dysfonctionnelle des Gardiens de la Galaxie sont d'ailleurs évidentes. En tout cas, c'est le point de départ d'une nouvelle intrigue impactante.

Final Space : une deuxième saison très inégale mais extrêmement généreuse

De même, la romance (ou plutôt l'absence de romance) entre Gary et Nightfall se précise, prend de l'épaisseur et surtout une tournure intéressante. Un amour impossible parfaitement utilisé, aux ressorts émotifs intelligents, notamment grâce à ses paradoxes temporels plutôt bien présentés. Final Space veut parfois trop en faire, ramenant trop de personnages, et ne sachant pas toujours quoi en faire, ni dans quelle direction aller, parce qu'il est définitivement trop ambitieux. Et malgré quelques rétropédalages décevants, diminuant l'impact de la première saison, les derniers épisodes valent assurément le coup d’œil. Olan Rogers et David Sacks concluent parfaitement leur saison, et ce n'était pas facile, grâce à leurs personnages extrêmement attachants et quelques idées d'écriture géniales. Final Space est un univers encore en construction, véritablement créatif, abondant en idées de narration. Et cette saison 2 n'est finalement, peut-être, qu'une agréable transition.

Final Space, créé par Olan Rogers et David Sacks, sur Netflix à partir du 24 mars. Ci-dessus la bande-annonce. Découvrez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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