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Forever : l’amour dure éternellement sur Amazon Video

CRITIQUE SÉRIE – En cette rentrée, Amazon Prime Video propose avec « Forever » une rom-com sur des quarantenaires perdus dans la banalité de leur existence.

En 2013, dans 40 ans : Mode d’emploi, Judd Apatow se demandait ce que devenait un couple après des années de mariage. En 2018, Alan Yang et Matt Hubbard se posent la même question dans Forever.

Après plus de 10 ans de mariage, June et Oscar se sont enlisés dans une routine presque mortelle. Toujours le même travail, les mêmes habitudes, les mêmes séjours près du lac dans le chalet. June, en particulier, ne se plaît plus autant. Perdue dans un quotidien qui manque de relief. Pour essayer de mettre un peu de piquant, elle propose à son mari de se laisser tenter par une escapade à la montagne, sur les pistes de ski. Elle ne se doutait pas qu’avec une telle proposition, sa vie allait subir un tournant irréversible. Il faut bien entendu s’en tenir à ceci pour parler de l’histoire afin de ne pas gâcher les deux twists qui interviennent dès l’épisode 2 et qui font s’aventurer la série dans des contrées plus particulières.

Forever : l'amour dure éternellement sur Amazon Video (critique)

Le high-concept sur lequel repose l’entièreté de la série n’a pas vocation à surprendre sur la durée mais à pérenniser le propos par l’emprunt d’un chemin un peu différent que celui des rom-coms habituelles. À la fois réaliste et sujette à laisser entrer dans son déroulement une douce touche de fantastique/fantaisie, Forever est une réflexion sur le temps qui passe lorsqu’on est deux. Un coup d’œil jeté par-dessus l’épaule pour prendre la mesure du chemin parcouru tout en constatant à côté de quoi on a pu passer (l’épisode 6 est un bijou sur le sujet). De la même manière que les personnages de Judd Apatow dans 40 ans : Mode d’emploi, June et Oscar forment un couple qui arrive au milieu de son existence, aux alentours de la quarantaine. Le moment propice pour faire un premier bilan et aussi la dernière chance de changer ce qui peut l’être pour que le reste soit meilleur.

Forever aborde cette problématique avec délicatesse, n’osant rarement faire s’élever un mot plus que l’autre. Tous les épisodes se déroulent dans un certain calme, qui symbolise autant l’apaisement que la résignation face à un combat qui aurait dû se dérouler il y a des années. Le temps a enraciné ce couple dans une routine que la série ne cherche jamais à glorifier. Comme dans ce long travelling de plusieurs minutes qui ouvre le premier épisode, débutant sur un enchevêtrement de balbutiements émotifs et s’achevant sur une situation banale répétée jusqu’à en perdre sa magie initiale. C’est l’usure qui est captée avec brio dans ces premières minutes, faisant oublier la charpente grâce à laquelle s’est solidifié l’amour.

Forever : l'amour dure éternellement sur Amazon Video (critique)

Au travers de ce portrait peu vivifiant d’un quotidien plat, la série est bien trop subtile pour se moquer ouvertement de ses personnages. Du moins, elle ne le fait pas contre, mais avec eux. À la différence de jeunes adultes, June et Oscar sont expérimentés, avec un recul possible sur ce qu’ils sont, sur le monde. Pas la peine de les tourner en dérision, ils savent se débrouiller comme des grands. C’est pour cela que la série avance avec quiétude, peu importe les obstacles qui se dressent. Leur capacité à traverser les zones de turbulences tout en ayant encore cette nécessité de se tenir aux côtés de l’autre est magnifique. Par deux fois, la série les fait s’éloigner (pour des raisons que nous ne dévoilerons pas) et c’est à ces moments, alors que la vie ne peut plus être banale, qu’ils se rendent compte que c’est encore pire. Il paraît qu’on ne se rend compte de l’importance d’une chose que lorsqu’on la perd, n’est-ce pas ?

On doit être franc, on n’a pas vu venir Forever sur nos radars. Sortie de nulle part, sans un vrai effort effectué sur la promotion, cette série est une bulle de mélancolie qui touche juste au travers de son extravagance. L’emballage légèrement onirique ne prend pas le dessus sur la teneur des émotions qui jaillissent en fond. Maya Rudolph et Fred Armisen sont des incarnations parfaites de ce sentiment constamment mitigé entre bonheur et tristesse. En leur compagnie, on explore la complexité d’une relation amoureuse sous un nouveau jour, avec à la clé une belle note qui rassure sur la solidité des liens invisibles tissés entre deux êtres aimés. Il n’y avait même pas lieu de s’inquiéter à ce sujet après tout, le titre Forever nous avait déjà rassurés avant l’heure.

 

Forever, créée par Matt Hubbard et Alan Yang, disponible depuis le 15 septembre 2018 sur Amazon Prime Video. Ci-dessus la bande-annonce.

En 2013, dans 40 ans : Mode d'emploi, Judd Apatow se demandait ce que devenait un couple après des années de mariage. En 2018, Alan Yang et Matt Hubbard se posent la même question dans Forever. Après plus de 10 ans de mariage, June et Oscar se sont enlisés dans une routine presque mortelle. Toujours le même travail, les mêmes habitudes, les mêmes séjours près du lac dans le chalet. June, en particulier, ne se plaît plus autant. Perdue dans un quotidien qui manque de relief. Pour essayer de mettre un peu de piquant, elle propose à son mari de se laisser tenter…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Une très belle surprise que ce "Forever", délicate et onirique, tout en abordant des problématiques profondes sur le fonctionnement d'un couple face au temps qui passe.

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