Halo : une adaptation digne du jeu vidéo ?

La série arrive sur Canal+

Halo : une adaptation digne du jeu vidéo ?

CRITIQUE / AVIS SÉRIE - Créée par Kyle Killen et Steven Kane pour la Paramount, la série « Halo » débarque le 28 avril 2022 sur Canal+. Une série qui n'atteint pas la qualité exceptionnelle du jeu vidéo.

Halo : du jeu vidéo à la série

Pour les non-initiés, Halo est une emblématique série de jeux vidéo, qui ne cesse de se développer depuis 2001. Le jeu marque très rapidement les esprits avec trois premiers opus extrêmement réussis. Franchise phare de la XBox, Halo 2, Halo 3 et Halo : Reach explosent successivement les records de ventes. Permettant ainsi de faire d'Halo une des franchises vidéoludiques les plus célèbres de tous les temps.

Spartan Master Cheff (Pablo Schreiber) - Halo
Spartan Master Cheff (Pablo Schreiber) - Halo ©Paramount +

Malgré des adaptations en romans, en comics, et en téléfilms, la saga n'a jamais eu d'adaptation en live action digne de ce nom. La série Halo proposée par Paramount+ est donc un petit événement sur le papier. Créée par Kyle Killen et Steven Kane, cette série portée par Pablo Schreiber raconte les aventures de l'emblématique Master Chief. Ce dernier est à la recherche de son passé et doit protéger l'humanité contre l'invasion des Covenants.

Une entrée en matière qui n'est pas honteuse

Forcément, une série centrée sur l'univers d'Halo est très attendue par les gamers et plus largement par les amateurs de cet univers culte. Et le show est logiquement attendu au tournant... Pour autant, la série de Kyle Killen et Steven Kane débute plutôt bien. Les deux showrunners décident de placer le spectateur directement au cœur de l'action, et mettent en scène le Spartan contre quelques Covenants belliqueux. Rapidement, les amateurs du jeu vidéo retrouvent leurs marques. La série n'hésite pas à rendre quelques hommages appréciables au jeu vidéo. On retrouve ainsi l’esthétique de la franchise à travers des costumes, des armes et des décors qui s'inspirent énormément du matériau de base.

Halo
Halo ©Paramount +

La mise en scène va même plus loin, et réutilise les sons du jeu vidéo. C'est un véritable plaisir de retrouver le bruit du bouclier qui se recharge ou les détonations des armes les plus célèbres du jeu. Même les décors épurés et désertiques ressemblent volontairement à l’esthétique des premiers jeux. Et la mise en scène propose quelques séquences à la première personne qui rappellent inévitablement la franchise vidéoludique.

Ainsi, au début, on a envie d'y croire. Surtout avec ce Major ultra imposant. La série rejoue la carte de The Mandalorian en proposant un héros taciturne et taiseux, dissimulé derrière un casque qu'il n'est jamais censé enlever.

Mais qui le devient très rapidement

Et c'est là la première erreur de la série. Tandis que le show aurait pu jouer sur le mystère entourant le personnage et offrir une approche à la manière de la série Star Wars précédemment évoquée, Kyle Killen et Steven Kane préfèrent dévoiler le visage de John dès la fin du premier épisode. Une erreur monumentale qui démystifie le protagoniste et qui crée un décalage négatif - le personnage est beaucoup moins impressionnant à visage découvert. Le Spartan perd alors en force, en puissance et en crédibilité trop rapidement.

Mais le gros problème d'Halo vient surtout de son intrigue passablement ennuyeuse. Le récit tente d'aborder les grands poncifs de la science-fiction : l'intelligence artificielle, le clonage et toutes les thématiques entourant le soldat. On assiste à la traditionnelle rébellion du soldat contre l'ordre établi, à travers une dimension mémorielle effacée qu'il va aspirer à retrouver pour découvrir sa véritable identité. Un traitement éculé du soldat qui cherche sa place, qui se questionne sur son propre but, sur sa propre création, et sur une éventuelle vie alternative différente de ce pour quoi il a été créé.

Halo
Halo ©Paramount+

De même, le traitement de l'intelligence artificielle est trop simpliste pour réellement convaincre. L'introduction de celle-ci, nommée Cortana, est un supplice interminable le temps d'une longue scène de dissection sans saveur, qui rappelle les plus mauvais moments de X-Men Origins : Wolverine. La dimension mémorielle du protagoniste est elle aussi trop classique, et ne permet pas d'emmener la série vers des sphères nouvelles.

Au final, passé les premiers instants, Pablo Schreiber s'avère décevant dans la peau du Spartan. Au lieu de rester sur un personnage froid et taciturne, il donne rapidement l'impression d'être totalement absent et évasif. Il ne parvient pas à insuffler le souffle épique nécessaire au personnage. Et avec son look parfois un peu cheap, Halo se rapproche davantage à une fan fiction qu'à une véritable production hollywoodienne.

Halo de Kyle Killen et Steven Kane, sur Canal+ le 28 avril 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces. 

 

 

 

 

 

 

 

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