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Homeland saison 7 : lorsque l’Amérique sombre dans la paranoïa

Homeland saison 7 : lorsque l’Amérique sombre dans la paranoïa

CRITIQUE SÉRIE - La nouvelle saison de « Homelande » nous plonge au cœur du pouvoir américain. La mission de Carrie Mathison ? Comprendre ce qu’il se passe dans le Bureau ovale.

Diffusée depuis le 13 février sur Canal+ Séries, Homeland nous plonge dans un nouveau complot qui met à mal la présidence américaine. 

Qui veut tuer la présidente Keane ?

Homeland revient sur le sol américain pour sa saison 7. La série culte avait l’habitude d’être délocalisée dans les pays du Moyen-Orient, puis en Allemagne. Mais, dès la saison 6, Carrie Mathison (Claire Danes) s’installait à nouveau aux États-Unis. Une fois de plus, l'héroïne a une grande mission secrète en tête : protéger la nouvelle présidente élue, Elizabeth Keane (Elizabeth Marvel). Mission accomplie à la fin de la saison 6, mais pas sans heurts. La présidente Keane échappe de justesse à une tentative de meurtre. Dans l’action, le complice de Carrie, Peter Quinn, trouve la mort. La présidente ne sait plus qui croire ni à qui faire confiance. Elle emprisonne 200 personnes des services fédéraux, dont Saul Berenson (Mandy Patinkin). Voilà dans quel contexte de tension reprend la saison 7.

Dès le premier épisode, on retrouve tous les ingrédients de cette série à suspens. Carrie doit faire face à ses fragilités intérieures. D’un côté, elle a perdu son meilleur ami, son mentor est en prison, elle n’a plus de job, plus de maison, et a du mal à gérer l’éducation de sa fille Frannie. Car Carrie Mathison, en plus d’être bipolaire, est une hyperactive. On comprend bien qu’elle ne va pas rester les bras croisés sans tenter de démêler les intrigues qui se jouent derrière le dos de la présidente Keane.

Une équipe de choc dans le coup

Carrie n’a plus aucun contact avec la présidente, ni avec la CIA. Malgré tout, elle veut élucider quel est le complot qui se trame. Entre temps, un ancien partenaire de travail a repris contact avec elle. Elle lui expose la situation. Il a des informations. Elle veut donc le confronter au sénateur Paley (Dylan Baker) qui cherche à destituer la présidence qui abuse de son pouvoir. Mais Dante Allen (Morgan Spector) refuse. Carrie doit alors trouver une autre solution pour trouver la vérité.

Les méthodes de Carrie Mathison ne sont pas toujours très légales. Elle fonde une équipe en qui elle a confiance, dont Max son fidèle ami informaticien. Max place, en cachette, des caméras de surveillance chez le chef de cabinet de la présidente, David Wellington (Linus Roache). Sur ces vidéos apparaissent très vite une tierce personne sur qui reposera le gros de l’intrigue. Simone Martin (Sandrine Holt) est une femme d’affaire française. Elle semble entretenir une aventure avec Wellington. En fouillant, Carrie trouve vite que quelque chose cloche chez cette l'étrangère. Et on n’est pas au bout de nos surprises.

Les apparences sont trompeuses

Comme souvent dans Homeland, rien n’est jamais ce qui paraît. Les bons et les méchants sont définis avec des contours flous. On ne sait plus à qui se fier. Qui est Simone ? La présidente est-elle dans l’excès de pouvoir ? Son chef de cabinet se sert-il d’elle ? Autant de questions qu’il faudra élucider au fur et à mesure des épisodes.

Toujours est-il, la présidente sous pression libère les prisonniers face à une opinion populaire très négative qui demande des explications. Parmi eux, Saul Berenson, avec qui la présidente passe un deal. Il devra l’aider à trouver et à arrêter Brett O'Keefe (Jake Weber) un journaliste anti-Keane qui sème le trouble en annonçant des informations chocs, voire des fake-news. Parmi ces informations réside le scandale qui déclenche tout le topo de la saison 7 : la présidente a-t-elle fait tuer le général McClendon ? Pour rappel, ce général est accusé d’avoir commandité le meurtre de la présidente dans la saison 6.

O'Keefe se cache dans un village qui est régi par ses propres lois. (Est-ce là une critique d’un certain fonctionnement américain ?) Saul découvre sa cachette. Avec le FBI, il lui demande de se rendre. Il refuse. Un échange violent éclate, où de nombreux civils et un agent trouvent la mort. Encore un autre scandale qui met à mal la réputation de la présidente.

L’éternel conflit USA et Russie

Agents américains contre agents russes, le fameux duel est plus que répandu dans les films et séries. À croire que cela fonctionne toujours bien ? Car c’est effectivement ce qui va se jouer au fil des épisodes. Saul Berenson commence de plus en plus à se questionner sur les méthodes de contre-information qui cherchent à discréditer la présidente. Car la raison à tout ce méli-mélo est de mettre à mal l’administration américaine. Et a qui profiterait « le crime » ? Vous l’avez dans le mille… aux russes ! En effet, Saul associe ces procédés de déstabilisation à ceux employés par les services russes. Et si finalement c’était eux les vrais ennemis ? C’est tellement cliché qu’on a du mal à y croire… et pourtant !

Carrie va solliciter l’aide de Saul qui va la solliciter en retour. Et… abracadabra… à eux deux, et quelques complices, les évidences vont se mettre en place. À partir de là tout s’enchaîne. Le rythme des épisodes devient plus tendu et donc plus intéressant.

Homeland joue avec les nerfs

De saison en saison, les scénarios changent mais les nœuds restent les mêmes. D’abord la maladie de Carrie qui, plus ou moins, est souvent mise en avant. Soit elle cache sa maladie à la CIA, soit elle ne prend pas son traitement, soit elle n’arrive pas à gérer ses émotions. Soit, et c’est le cas cette année, son traitement ne fait plus effet. Certes, cela donne un caractère spécifique à son personnage, mais peut aussi lasser le spectateur. Puis c’est l’éternel doute sur les intentions des protagonistes qui sont fréquemment remises en cause, sauf qu’à la longue le spectateur a déjà pris l’habitude de faire le tri. La surprise des révélations devient alors moins grande. Par exemple, le personnage de Simone, le stéréotype de la femme étrangère mystérieuse et secrète, met d’emblée sur la piste du doute. Mais il faut reconnaître, malgré tout, que les scénaristes arrivent encore à créer une certaine dose de tension.

Quoi qu’il en soit, Homeland a compris les ficelles de la bonne série à suspens. À la fin d’un épisode, on veut voir le suivant pour savoir ce qu’il se passe. Et n’est-ce pas là le résultat d’une série réussie ?

Homeland créée par Howard Gordon et Alex Gansa, saison 7 à partir du 13 février 2018 sur Canal+ Séries.

 

 

 

 

 

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