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Le Bureau des légendes saison 4 : place au grand jeu

CRITIQUE SERIE – Le 22 Octobre au soir débute sur Canal + la diffusion de la nouvelle saison de la série « Le Bureau des légendes ». Nous avons pu voir les épisodes, à l’exception de l’épisode final, une matière suffisante pour se faire une opinion sur le nouvel opus de la grande série française. En plus des agents présents depuis la première saison, de nouveaux venus rebattent les cartes pour le pire et le meilleur.

Après trois saisons qui nous ont fait découvrir les métiers de l’ombre de ces agents, cette nouvelle saison de la série Le Bureau des légendes repart presque de zéro. On avait laissé Phénomène (Sara Giraudeau) sauvée in extremis du Mossad. Malotru, échappé de l’enfer de Daesh et traqué par ses propres services, s’était évaporé dans la brume. Libérés à divers degrés de leur tumultueux passé, c’est à Moscou qu’ils continuent leurs aventures, dans une intrigue paranoïaque nourrie de cyber espionnage, de trahisons et de sacrifices.

Le Bureau des légendes : la récréation est terminée

La disparition soudaine d’Henri Duflot a provoqué du changement. Marie-Jeanne (Florence Loiret-Caille) a pris la direction du service, et va devenir la première alliée de Malotru au sein du Bureau. La relation entre Malotru et ses collègues est centrale dans cette saison, puisqu’elle va être remise en cause par l’arrivée de JJA, directeur de la sécurité interne. Celui-ci, brillamment interprété par Mathieu Amalric a pour but de faire toute la lumière sur les agissements de Malotru. Impitoyable, il veut découvrir qui l’a aidé, consciemment ou non, à trahir et mettre le service sens dessus dessous. Il est épaulé dans cette très délicate mission par Lise (Anne Azoulay).

Comme JJA l’annonce très tôt, « L’affaire Malotru est la pire catastrophe interne que la DGSE ait jamais connue. » Et comment ne pas lui donner, au moins en partie, raison ?

Quand Raymond Sisteron (Jonathan Zaccaï) et Marie-Jeanne ont bien du mal à se débarrasser de leurs sentiments, JJA est lui parfaitement insensible. Il ne s’attire donc aucune sympathie, et n’en a pour personne. Il est l’ennemi intérieur, mais sa détermination se fonde sur sa conviction que le véritable ennemi intérieur est Malotru. Le rôle de JJA est ainsi de faire le bilan des trois précédentes saisons, et de mettre hors d’état de nuire le « poison », le « virus » que représente pour le service Malotru.

Bons baisers de Russie

L’action de cette saison se concentre à Moscou. Marina Loiseau, devenue Rocambole, y est envoyée pour infiltrer le Centre 21, institut de recherche universitaire sur l’IA  suspecté d’être la section cyber du FSB. C’est, avec la gestion du cas Malotru, l’autre grand thème de cette saison du Bureau des légendes. Très documentée et très actuelle, l’écriture d’Eric Rochant fait la part belle à ces nouvelles méthodes : implantation de virus, effraction dans des bases de données et des réseaux, piratages permanents des appareils connectés…

L’équipe accueille ainsi le jeune César (Stefan Crepon), hacker de génie de la Direction Technique. Il forme avec Sylvain Ellenstein (Jules Sagot) un duo d’informaticiens aux ressources considérables. Avec eux, le suspense va prendre une forme plus virtuelle, où la dématérialisation des actions n’enlève rien à leur réalité et leurs conséquences. C’est une des nombreuses qualités de cette nouvelle saison. Elle parvient à montrer cette réalité, très technique et a priori peu télégénique, mais qui ici fonctionne très bien.

Une intrigue secondaire assure la continuité avec la saison 3, que Jonas (Artus) prend en charge. Analyste jusque là confiné aux intérieurs du Bureau, il part en Syrie à la poursuite des combattants français de Daesh qui reviennent au pays pour y commettre des attentats. A ses côtés dans ce périple, Grégory Fitoussi, officier des forces spéciales détaché auprès de la DGSE. Ensemble, ils vont notamment effectuer une incursion mémorable dans Mossoul, à peine reprise à l’Etat islamique. Artus, excellent comédien, apporte avec son personnage de l’humour et de l’humanité, infusant dans les pires moments une forme de légèreté.

« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… »

Concernant Malotru, traqué par la CIA et la DGSE, il se rapproche du FSB, les services secrets russes, pour rester « de valeur » dans le grand échiquier du renseignement. Une initiative qui semble signer son arrêt de mort pour la DGSE, mais que Marie-Jeanne va tenter d’utiliser à l’avantage du Bureau. Pour sauver Malotru, ses collègues, et se sauver elle-même.

Mathieu Kassovitz continue d’incarner ce personnage avec une belle intensité, se ramenant avec vice et une attitude déconcertante au centre de toutes les attentions. On ne peut s’empêcher de noter, finalement, les fortes similitudes entre le cinéaste à la fois chéri et détesté du cinéma français, et son personnage dans Le Bureau des légendes. Génial grain de sable dans les rouages du renseignement mondial : Malotru/Mathieu Kassovitz est brillant et agaçant, résolu à entraîner tout le monde dans sa magnifique et tragique chute.

 

Le Bureau des légendes, une fiction au sommet

Le génie d’Eric Rochant est ici de casser encore plus la règle de l’ironie tragique. Celle-ci veut que le spectateur sache plus que les acteurs du drame, en connaissant leur vérité, et donc en sachant quelle est leur place et leur destinée. Dans Le Bureau des Légendes, l’attachement au personnage de Malotru est tout le problème. Là, les spectateurs se retrouvent comme les autres agents. On l’aime, le comprend, l’admire, et finalement on lui pardonne toutes ses transgressions. Dans la théorie antique du spectacle, le rôle du dévoilement de la vérité est dévolu au chœur, un personnage qui ne s’avance pas masqué, et qui ne ment pas. C’est donc JJA qui incarne ce rôle, déstabilisant et mettant sous tension les agents comme les spectateurs. Alors, Malotru est-il devenu un agent triple ? Rocambole est maintenant un agent confirmé, mais ses méthodes ne sont-elles pas tout aussi dangereuses que celles de Malotru, son formateur ? Que JJA a auparavant lui-même formé…

Une page se tourne avec cette quatrième saison. Elle ouvre donc un nouveau cycle, avec cet argument: une nouvelle Guerre froide se dessine, avec une Russie qui a décidé de reprendre le jeu à son compte. Une idée que l’actualité ne cesse de nourrir, et qui inscrit donc la série dans le thème historique du genre : la guerre du renseignement avec la Russie.

Très réaliste, intelligente et ambitieuse, le nouveau Bureau des légendes saison 4 est au niveau, voire au-dessus, de ses précédentes saisons. Plus que jamais meilleure série nationale, cette fiction d’espionnage diffuse un esprit critique et romantique, ainsi que cette attraction-répulsion au drapeau qui participe à « l’exception française ». Du beau travail, et une promesse d’autres belles saisons à venir.

 

Le Bureau des légendes créée par Eric Rochant, diffusée sur Canal+ le 22 octobre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Après trois saisons qui nous ont fait découvrir les métiers de l’ombre de ces agents, cette nouvelle saison de la série Le Bureau des légendes repart presque de zéro. On avait laissé Phénomène (Sara Giraudeau) sauvée in extremis du Mossad. Malotru, échappé de l’enfer de Daesh et traqué par ses propres services, s'était évaporé dans la brume. Libérés à divers degrés de leur tumultueux passé, c’est à Moscou qu’ils continuent leurs aventures, dans une intrigue paranoïaque nourrie de cyber espionnage, de trahisons et de sacrifices. Le Bureau des légendes : la récréation est terminée La disparition soudaine d’Henri Duflot a provoqué…

Conclusion

Note de la rédaction

Brillante, avec des comédiens en pleine maîtrise de leur personnage, cette saison 4 du Bureau des légendes propose une plongée réaliste et immersive sous haute tension dans l'espionnage moderne. A voir sans hésiter.

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